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PEUPLES DE L'EUROPE

en masse, toutes les races de l'Europe sud-occidentale, Celtes, Ibères et Ligures, ont été conquises aux idiomes romans. Quelles que fussent leurs différences premières, nul doute que la parenté des langues n'ait remplacé peu à peu chez eux ou resserré plus fortement la parenté d’origine.

Le groupe des peuples de langues germaniques occupe une zone inférieure en étendue et en population. Il possède presque tout le centre de l'Europe, au nord des Alpes et des chaînes qui s’y rattachent, et s'étend par les Pays-Bas et les Flandres jusqu’à l'entrée de la Manche. Le Danemark et, de l’autre côté de la Baltique, la grande péninsule scandinave appartiennent également à ce groupe, où ils occupent une place à part avec la lointaine Islande. Quant aux îles Britanniques, considérées généralement comme un fragment du domaine ethnique des Germains, il faut bien plutôt y voir un terrain de croisement entre les races et les langues de l’est et du midi. De même que lancienne population celtique de la Grande-Bretagne, pure encore dans quelques provinces reculées, s'est néanmoins presque partout mélangée avec les envahisseurs Angles, Saxons, Danois, de même la langue de ces conquérants s'est intimement croisée avec le français du moyen âge, el l’idiome hybride qui en est résulté n’est pas moins latin que tudesque. Favorisés par leur isolement au milieu des mers, les Anglais ont acquis peu à peu dans leurs traits, dans leur langue, dans leurs mœurs, une remarquable individualité nationale, qui les sépare nettement de leurs voisins du continent, Allemands, Scandinaves ou Celto-Latins,

Les Slaves forment le troisième groupe des peuples européens : un peu moins nombreux que les Gréco-Latins, ils occupent un territoire beaucoup plus étendu : presque toute la Russie, la Pologne, une grande partie de là péninsule des Balkhans, une moitié de l’Austro-Hongrie. A l'orient des Carpathes, toutes les grandes plaines sont habitées de Slaves purs ou croisés avec les Tartares et les Mongols ; mais à l'ouest et au sud des mon-

tagnes la race se trouve partagée en de nombreuses populations distinctes,

! Population de l'Europe en 1875 : 504,000,000,

Gréco-Latins. Slaves, Germains.

Grecs et Albanais, . . 5,000,000 Slaves du Nord. 60,000,000 Allemands et Suisses. 52,000,000 Italiens... . , 927,000,000 Slaves du Sud, 25,000,000 Hollandais et Fin Français, , , , , . 36,000,000 mands . +. + . 6,500,010 Espagnols et Portugais. 20,000,000 Scandinaves. , . , 7,500,000 Roumains. . . , . . S,000,000 Suisses, Belges, ete. . 5,000,000 99,000,000 85,000,000 66,000,000

Anglo-Celtes. , , ,, tosuse ss 4 51,000.000 Magyars, Turcs, Finnois, Celtes, Basques, ete, , , ,, 23,000, (C0

au milieu d’un chaos d’autres nations. Dans ce dédale des pays danubiens, les Slaves se rencontrent avec les Roumains de langue latine, ainsi qu'avec deux races d’origine asiatique, et d’une importance secondaire par le nombre, les Tures et les Magyars. De ce côté, les mondes slave et gréco-latin sont donc, en grande partie, séparés par une zone intermédiaire de peuples de souches différentes. Vers le nord, les Finlandais, les Livoniens, les Lettes, s’interposent entre les Slaves et les Germains.

D'ailleurs il n’y a point de coïncidence entre les limites présumées des races européennes et les frontières de leurs langues. Dans le monde gréco-

latin, aussi bien qu'en pays allemand et parmi les Slaves, se trouvent

maintes populations d’origine distincte parlant un mème dialecte, et maints

parents de race qui ne se comprennent pas mutuellement, Quant aux divi- | sions politiques, elles sont tout à fait en désaccord avec les limites naturelles | qui auraient pu s'établir par le choix spontané des peuples. À lexeeption | des frontières formées par de hautes montagnes ou les eaux d’un détroit, | bien peu de ‘imites d’empires et de royaumes sont en même temps des | lignes de sépu: tot ontre des races et des langues. Les mille vicissitudes | des invasions et ue: ésistances, les marchandages de la diplomatie ont

| souvent dépecé au hasard les territoires européens. Quelques peuples,

défendus par les accidents du sol aussi bien que par leur courage, ont {| réussi à maintenir leur existence indépendante depuis l'époque des grandes migrations, mais combien plus ont été submergés par des invasions suecessives ! Combien plus, tour à tour vaincus et conquérants, ont vu, pendant le cours des siècles, leur patrie diminuer, S'agrandir, se rétrécir encore et changer de limites plusieurs fois par génération!

Fondé, comme il lest, sur le droit de là guerre et sur la rivalité des ambitions, € l'équilibre européen » est nécessairement instable. Tandis | que, dun côté, il sépare violemment des peuples faits pour vivre de la mème vie politique, ailleurs ilen associe de force qui ne se sentent pas unis | par des affinités naturelles; 1lessave de fondre en une seule nation des | oppresseurs et des opprimés, que séparent des souvenirs de luttes sanglantes | et de massacres, [ne tient aueun compte de la volonté des populations elles-mêmes; mais cette volonté est une force qui ne se perd point; elle | agit à la longue et tôt où tard elle détruit Fœuvre artificielle des guerriers et des diplomates, La carte politique de l'Europe, si souvent remaniée depuis les âges de l'antique barbarie, sera done fatalement remaniée de nouveau, L'équilibre vrai s'établira seulement quand tous les peuples du continent pourront décider eux-mêmes de leurs destinées, se dégager de

tout prétendu droit de conquête etse confédérer librement avec leurs voisins

danubiens, les si qu'avec deux ar le nombre, réco-latin sont de peuples de ns, les Lettes,

résumées des monde grécos, Se trouvent ‘cle, et maints ant aux divites naturelles A l'exception d'un détroit, e temps des e vicissitudes plomatie ont ues peuples, courage, ont des grandes vasions sucvu, pendant

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rivalité des ble. Tandis vivre de Ja HE pas unis nation des sanglantes opulations oint: elle LUCPTIOTS

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l'S VOISINS

ÉQUILIBRE DE L'EUROPE ET DIVISIONS POLITIQUES. o1

pour la gérance des intérêts communs. Certainement les divisions politiques arbitraires ont une valeur transitoire qu'il n’est pas permis d'ignorer; mais, dans les descriptions qui vont suivre, nous tâcherons de nous tenir principalement aux divisions naturelles, telles que nous les indiquent à la fois le relief du sol, la forme des bassins fluviaux et le groupement des populations unies par l'origine et la langue. D'ailleurs ces divisions elles-mêmes perdent de leur importance dans les pays comme la Suisse, où des habitants de races diverses et parlant des idiomes différents sont retenus en un faisceau par le plus puissant de tous les liens, la jouissance commune de la liberté,

En nous plaçant au point de vue de l'histoire et des progrès de l'homme dans la connaissance de la Terre, e’est par les contrées riveraines de la Méditerranée qu'il nous faut commencer la description de l'Europe, et c’est la Grèce, avec la péninsule de Thrace, qui doit venir en tête de tous les autres pays du bassin de la mer Intérieure, A l'origine de notre civilisation européenne, PHellade était le centre du monde connu, et là vivaient les poëles qui chantaient les expéditions des navigateurs errants, les historiens et les savants qui racontaient les découvertes et classaient tous les faits relatifs aux pays éloignés. Plus tard, Ftalie, située précisément au milieu de la Méditerranée, devint à son tour le centre du grand « Cercle des Terres » connues, et c'est d'elle que partit Pinitiative des explorations géographiques. Pendant quinze siècles, l'impulsion lui appartint : Gênes, Venise, Florence, avaient succédé à Rome comme les cités rectrices du monde eivilisé et les points de départ du mouvement de voyages et de découvertes dans les contrées lointaines. Les peuples gravitèrent autour de la Méditerranée et de Pltalie, jusqu'à ce que les Italiens eussent eux-mêmes rompu le cerele en découvrant un nouveau monde par de là l'Océan. Le eyele de l'histoire essentiellement méditerranéenne était désormais fermé. La péninsule ibérique prenant, pour un temps bien court, le rôle prépondérant, acheva l’évolution commencée à l'autre extrémité du bassin de la Méditerranée par la péninsule grecque. Gelle-ei avait servi d'intermédiaire entre les nations déjà policées de PAsie et de Afrique et les peuplades de l'Europe encore barbare; l'Espagne et le Portugal furent par leurs navigateurs les représentants du monde européen en Amérique et dans l'extrême Orient : l'histoire avait suivi dans sa marche l'axe de la Méditerranée,

I est donc naturel de décrire dans un mème volume les trois péninsules méridionales de l'Europe, d'autant plus qu'elles appartiennent presque en entier aux peuples gréco-latins. La France, également latinisée, oceupe

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