MŒURS DES NAPOLITAINS
Tel est encore le fanatisme dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle !!
Une des principales superstitions des Napolitains est relative au « mauvais œil ». Le malheureux affligé d’un nez en bec de corbin et de grands yeux ronds est tenu pour un jeteur de sorts, un jeltatore, et, tout honnête homme qu'il soit d’ailleurs, chacun l'évite comme un être fatal, Si, par mauvaise chance, on se trouve exposé à la funeste influence de son regard, il faut s'empresser de lui faire les cornes ou de lui opposer la puissance de quelque amulette, ayant la même forme que le fascinum des anciens; les gris-gris en corail surtout ont un grand pouvoir, et nombre de ceux qui prétendent ne pas croire > leur vertu sont les premiers à s’en servir. Quant aux paysans des Calabres, la plupart d'entre eux portent au-dessous de la chemise des tableaux de saints couvrant toute la poitrine en guise de boucliers. Les bêtes domestiques et les demeures doivent être aussi défendues par des objets sacrés et des dieux lares. À Reggio, presque toutes les maisons, toutes peut-être, sont protégées contre les influences funestes par une espèce de cactus placé près de la porte ou sur le balcon : on ne le connait pas dans le pays sous un autre nom que celui d'albero del mal'occhio, arbre du mauvais œil, »
Après la superstition, l'un des grands fléaux de l'Italie méridionale est le brigandage. Le nom des Calabres éveille aussitôt dans les esprits l'idée de meurtres et de combats à main armée; en entendant parler de ce pays, on pense immédiatement à des bandits parcourant la montagne en costume pittoresque et l’escopette au poing. Malheureusement le «brigand calabrais » n’est point un simple mythe à l'usage des drames et des opéras : il existe bien réellement, et ni les changements de régime politique, ni la sévérité des lois, ni les chasses à l’homme organisées tant de fois n’ont pu le faire disparaître, Souvent, après des battues prolongées et de nombreuses fusillades, on à eru à lextermination complète des brigands, et les autorités se sont mutuellement envoyé des félicitations officielles; mais le répit a toujours été de peu de durée et les meurtres ont recommencé de plus belle.
Ce n'est point la vengeance, comme en Sardaigne et en Corse, qui met les armes aux mains du paysan calabrais, e’est presque toujours la misère. Dans ce pays, où la féodalité, abolie en droit, n’en existe pas moins de fuit, le sol est en entier accaparé par quelques grands propriétaires, et par
4 Proportion des fiancés qui n'ont pas su signer leur nom (1868) :
Hommes. Femmes, Campanie, province la plus instruite du Napolitain. 69 p. 100. 88 p. 100. Basilicate, province la moins instuite.. . . 4 Nb » 96 » üt
suite le paysan ou cafone est condamné pour vivre à un travail accablant et mal rémunéré, Dans les années de grande abondance, alors que le seigle, les châtaignes, le vin suffisent à son entretien et à celui de sa famille, il travaille sans se plaindre; mais que la disette se fasse sentir, aussitôt les brigands foisonnent, Unis contre l'ennemi commun, le propriéture féodal, le gualano, ils mettent le feu à sa maison, capturent ses bestiaux, le saisissent lui-même, s'ils le peuvent, et ne le rendent que moyennant une forte rançon. Quelques-uns de ces bandits finissent par devenir de véritables bêtes fauves altérées de sang; mais, tant qu'ils se bornent à leur premier rôle de « redresseurs de torts », ils peuvent compter sur la complicité de tous les autres paysans : les pâtres des montagnes leur apportent du lait, des vivres, les avertissent du danger, donnent le change aux carabiniers qui les poursuivent. Tous les pauvres sont Tigués en leur faveur, tous se refusent à les dénoncer où à témoigner contre eux. D'ailleurs a plupart des bandits napolitains, très-consciencieux à leur manière, sont d'une extrême dévotion ; ils font des vœux à la Vierge où à leur patron spécial; 1 lui promettent une part du butin et Papportent religieusement sur Fautel quand ils ont fut leur coup. On dit que plusieurs d’entre eux, non contents de porter des amulettes sur tout le corps pour détourner les balles, se font une incision à la main pour y introduire une hostie consacrée et donner ainsi une vertu mortelle à chacune de leurs balles.
L'extrème misère des paysans du midi de Ftalie à donné lieu à une pratique encore plus abominable que le brigandage, la traite des enfants. Les familles sont nombreuses dns les montagnes du Napolitain : mais la mortalité est très-forte parmi les nouveau-nés et des milliers d’entre eux sont livrés par leurs parents à la charité où à Pineurie publiques. En outre, des industriels étrangers, chrétiens et juifs, parcourent les campagnes, principalement celles de Hi Basilieate, et, moyennant quelque misérable pitance, achètent aux parents affamés leurs garçons et leurs filles; plus l'enfant est gracieux et intelligent, plus il a de tristes chances d'entrer dans la chiourme du marchand de chair humaine, Celui-ci, que menacent des lois promulguées récemment, mais qui se sent protégé par la coutume et par d'ignobles complicités, transporte sa denrée vivante en France, en Angleterre, en Allemagne, et jusqu'aux États-Unis, pour en faire des acrobales, des joueurs d'orgue et de vielle, des chanteurs de rues où de simples mendiants. Tout est calculé dans ce honteux commeree ; les entrepreneurs savent d'avance ce que coûteront le transport et li mortalité, ce que rapporteront le travail et les vices de leurs petits esclaves. Une des bourgades de Ta
Basilicate, Viggiano, est spécialement exploitée par eux, à cause du génie
| 1 ; tf LR TER { ‘Hi INDUSTRIE DES NAPOLITAINS. 507 (L ni \blant des habitants pour la musique. Tous jouent de quelque instrument avec il ui eigle, À un remarquable goût naturel. si qi Ile, il | L'émigration libre commence aussi à devenir trèsactive, et, St le gouver- | g Qye li les nement italien ne prenait des mesures pour empêcher les jeunes gens : A HIT éodal, d'échapper à la conseription, quelques districts se dépeupleraient rapidement Lh ANSE SiUISIS- au profit de l'Amérique du Sud; les paysans les plus misérables resteraient HA * forte seuls. Mais, Lout gèné qu'il soit, le mouvement d'émigration est déjà un déri- PA bêtes val très-important aux anciennes mœurs de brigandage, et, par les rapports À ble de nouveaux qu'il établit de l'un à l'autre hémisphère, il contribuera, plus que 4 à Nil . les Loutes les mesures officielles, au renouvellement intellectuel et moral de ces jh i 268 populations païennes. D'ailleurs les routes qui s'ouvrent de toutes parts | nr | pour dans les régions montagneuses du Napolitain, les chemins de fer du littoral : TU à les el l'accroissement de Findustrie dans le voisinage des grandes villes ne l andits peuvent manquer d'assimiler de plus en plus Ptalie méridionale aux autres 4 À (1 on ; provinces de la Péninsule et au reste de l'Europe. Ce ne sera point une 14 ettent raison pour que la misère disparaisse, mais, en se déplaçant, elle prendra Hi ti su un autre caractère, Le brigandage et la traite des enfants cesseront d'exister, Li ï : des pour être remplacés, hélas! par le prolétariat des manufactures. il | 'ISION Actuellement, les provinces du Napolitain sont encore presque exelusive- L| FE veriu ment une contrée de pâture et de labourage. Les tavoliere de Ia Pouille i À ft: | el les monts qui les dominent sont encore, nous l'avons vu, dans une grande { ‘1 du : une partie de leur étendue, des terrains de dépaissanee où € transhument » Na 1. ii) nnts. les troupeaux suivant les saisons; récemment même, les bergers des il sn is la Abruzzes élaient obligés, chaque hiver, de descendre dans la Pouille et ! fl ji " CUX de louer un terrain de pâture désigné par les vieux us féodaux. Cependant ù utre, la plus grande partie des terres utilisées du Napolitain consiste en terres de Ft F Lt labour, Comme aux temps de Rome, elles produisent surtout des céréales, fi à rable même en surabondance, des huiles, des vins, et l'on y cultive en outre le 11 p plus tabac, le cotonnier, lt garance et quelques autres plantes industrielles, H Hi dans Avee un peu de soin, tous ces produits peuvent atteindre à un rare degré fi l hi L des d'excellence; les huiles de la Pouille sont de plus en plus recherchées et CN ne et commencent à faire une concurrence sérieuse aux huiles de Nice; quant 1: FR A AU aux vins, ceux que l'on récolte sur les scories du Vésuve ont toujours joui | | LAVE us de la plus grande célébrité, et de nouveaux crus viennent s'ajouter de temps 3 HET iples en temps à ceux qui sont déjà fameux : ainsi le Falerne d'Horace, recueilli Fin À | QUE dans les champs Phlégréens, sur les pentes du Monte Barbare, et qui depuis CL CRE orte- des siècles était à peine buvable, dispute maintenant li prééminence au RU © le la | leryma-christi du Vésuve elau vin blane de Capri ji nt Lénie
La zone du Hiltoral étant à peu près la seule qui prenne part à cette Î
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production des denrées agricoles, le commerce du Napolitain, d'ailleurs relativement très-faible, se fait presque uniquement par kt voie maritime. Les routes et les chemins de fer ne desservent qu'un mouvement d'échanges insignifiant, Les régions de Pintérieur, encore exploitées par des procédés barbares, et d'ailleurs incultes dans une grande partie de leur étendue, ne livrent au mouvement commercial qu'une faible quantité de produits, et l'absence presque complète de gisements miniers n'attire pas les popula- Lions du dehors vers cette partie des Apennins, Par son commerce, comme par son relief géographique et son développement dans l'histoire, Fltalie méridionale est complétement dépourvue de centre naturel; elle ne vit que par son pourtour, Un avenir prochain ne peut manquer d'atténuer cet étrange contraste entre la zone du littoral et celle de Fintérieur, en propageant le mouvement des échanges et des idées.
La vie de Ftalie du Sud étant essentiellement excentrique et maritime, cest au bord de la mer que se sont naturellement fondées ses villes les plus riches et les plus populeuses, I y a deux mille cinq cents ans, lorsque la civilisation venait de la Grèce et que l'Europe occidentale était encore peuplée de barbares, les cités importantes devaient, nous l'avons déjà dit, se trouver sur les rivages de la mer lonienne ; mais, quand Rome fut devenue li dominatrice de Pltalie et du monde connu, la Grande Grèce dut faire volle-face, pour ainsi dire, et Naples hérita de Sybaris et de Tarente; depuis cette époque elle à toujours gardé sa prépondérance, parce qu'elle est lournée non-seulement vers Rome, mais aussi vers PEspagne, France el l'Angleterre : elle regarde l'Europe occidentale, Telle est, indépendamment de la férocité des conquérants et de Pindolence des indigènes, la raison qui avait fait délaisser par les navires l'admirable port de Tarente, et qui à permis aux herbes et aux lichens des marais d'étendre leur tapis sur les ruines de Sybaris, autrefois li plus grande cité de Fltdie. Les deux villes étaient pourtant admirablement situées à chacun des angles intérieurs du vaste golfe, mais le flot irrésistible de Fhistoire à passé sur
elles el Les à laissées au loin derrière lui comme un débris de naufrage!
Naples, lc ville neuve » des Guméens, est depuis plusieurs siècles Ja cité la plus populeuse de Fllie, et le nombre de ses habitants est encore double de celui de Rome, Déjà du temps de Ntrabon Naples étuit une arande etté. Tous les Grecs qui avaient gagné quelque argent, soit dans l'enseignement des lettres, soit dans toute autre profession, et qui voulaient
line leurs jours en repos, choisissaient pour lieu de retraite cette belle
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NAPLES, bi
ville aux mœurs helléniques, au climat semblable à eelui de leur patrie, Beaucoup de Romains les suivaient, et Naples devint ainsi, avec toutes les colonies annexes fondées sur le pourtour du golfe, le séjour par excellence de la paix et du plaisir, Actuellement, ee n'est plus de Rome seulement, c’est de toutes les contrées de l'Europe et du Nouveau Monde que les hommes de loisir accourent à Naples pour y jouir du charme de la vie sous un ciel clément, dans une nature d'une beauté presque sans égale, dans la société de gens à la gaieté bruyante, € maîtres dans l'art de crier, » comme l'a dit Alfieri, Des hauteurs de Capodimonte et de toutes les autres collines couvertes de villas et de bosquets qui entourent l'immense Naples, le spectacle est admirable : ces îles éparses au profil si varié, ces promontoires qui s'avancent au loin dans l'eau bleue, ces villes blanches qui S'allongent à la base des collines verdoyantes, ces navires qui voguent sur la mer comme de grands oiseaux planant dans l'azur, tout l'ensemble de cette merveilleuse baie que les Grecs avaient désignée sous le nom de cratère où de « coupe », forme un panorama vraiment enchanteur, [n'est pas jusqu'au Vésuve, à la cime grise le jour, rouge la nuit, à la fumée reployée sous le vent, qui, par sa menace éternelle, n'ajoute quelque chose de piquant à la volupté de vivre,
Les Napolitains sont un peuple heureux, S'il est permis d'employer ce terme pour l'appliquer à une fraction quelconque de humanité, En tout as, ils savent jouir de toutes les faveurs que li nature veut bien leur départir, et quand il lui arrive de les traiter en marûtre, ils se contentent du peu qui leur reste. Grâce à leur intelligence naturelle, ils peuvent tout comprendre et tout entreprendre ; mais, haïssant l'effort, ils abandonnent facilement ce qu'ils ont commencé et s'amusent de leur propre insuccès, Les voyageurs aimaient à décrire longuement le type du lazzarone, ce jouisseur paresseux qui, drapé dans quelque lambeau de toile, dormait sur la plage de la mer ou sur les marches des églises, et se refusait avec un dédain tranquille à tout travail quand il avait déjà la pitance de la Journée. Quelques représentants de ce type existent toujours, et non pas seulement à Naples; mais les exigences de plus en plus pressantes de Ta vie matérielle, l'immense engrenage de la société moderne, avee ses mille rouages, s'emparent de la grande majorité de ces oisifs déguenillés et les façonnent au labeur quotidien en leur apprenant aussi le poids de Ta misère; d’ailleurs la mort fauche rapidement parmi eux, car hygiène ne leur est point connue, et les demeures de Ta plupart sont des caves ou bassi, à l'air humide et souillé, qui s'ouvrent au-dessous des palais et des maisons de a ville. Naples prend une large part de besogne dans le mouvement industriel de la Péninsule ; elle fabrique des pâtes alimentaires,
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des draps, des soieries dites «gros de Naples », des verres, des porcelaines, des instruments de musique, des fleurs artificielles, des objets d'ornement et tout ce qui se rapporte à l'usage d'une grande cité. Aucune ville de la Méditerranée n'a d'ouvriers plus habiles comme polisseurs de corail; c’est ausst des environs de Naples, de la gracieuse Sorrente, que proviennent ces boîtes à ouvrage, ces coffrets à bijoux et autres objets en bois de palmier gracieument travaillés. Castellamare di Stabia possède les chantiers de construction les plus actifs de Fltalie après ceux du littoral génois et de la Spezta. Les marins du golfe sont parmi les meilleurs de la Péninsule; comme familiers de la mer, ils peuvent se comparer aux Liguriens, et, comme pêcheurs, ils disent les dépasser, Les habitants de Torre del Greco, qui vont à la recherche du corail, connaissent admirablement la topographie sous-marine des côtes de la Sardaigne, de la Sicile, des Pays barbaresques, et le moindre indice de Pair et de l’eau leur révèle des phénomènes cachés à tous les autres veux. Leur fothille se compose de près de quatre cents navires !, que l'on voit appareiller et prendre leur vol à la même heure. Ce départ des coralleurs, el plus encore leur retour, quand il opère avee ensemble et après une campagne heureuse, sont des spectacles à la fois émouvants et pittoresques, tels que Fltalie elleamêème n'en offre pas beaucoup de semblables.
Au bord d'un golfe comme le sien, et dans le voisinage d'une plaine aussi féconde que Fest li Campanie, ic Campagne » par excellence, où la «Terre de Labour», Naples doit être naturellement une ville de grand commerce; toutefois elle m'est pas à cet égard la première de Fltalie, ainst qu'on pourrait le croire à la vue de son immense rade, de ses jetées et de ses quais populeux”. Elle ne vient qu'après Gênes; naguère mème elle était dépassée par Livourne et Messine, C'est qu'elle m'est pas, comme cette dernière, un lieu d'étage forcé pour les navires, et qu'elle n'a pas, comme Gênes et Livourne, des contrées d'une grande étendue à desservir, Xune faible dislance au nord, à l'est, au sud, commencent les massifs irréguliers des Apenmins, qu'une seule voie ferrée traverse dans toute leur largeur pour relier la mer Prrrhénienne à li mer Adriatique. Naples n'est pas même rattachés dis
rectement par une ligne de ruils au golfe de Tarente : la route maitresse dla
! INT5. Bateaux coralleurs de Torre del Greco... 909 Produit de li péché... be. À DR 40,100 kilogr, de corail, Valeur. one ee en à à à à à 4,900,000 fr.
# Mouvement du golfe de Xaples :
Naples CÉNG 4, ns es à 10,69€ navires, jugeant 1,496,500 tonnes. NT het 4 ve 9,159 n ù 1,976,400 Castellunare di Stabia CINTO). : 4.70 ' 0 927,900» Ensemble du golte, d'Isehia à Capri 21,066 , » 2,644,490 »
| 1 | ‘4 | 4 NAPLES, POMPÉI. 513 ni.
nes, Grande Grèce est, comme il y a deux mille ans, un chemin de montagnes où le L C4 À RES voyageur n'est pas toujours à l'abri du brigandage. Aussi la navigation de ca- f tédi- botage avait-elle récemment une grande importance relative dans le mouve- k LUS ment du port de Naples; elle diminue peu à peu à cause des nouveaux chemins tte qui s'ouvrent vers l’intérieur, C'est avec l'Angleterre en première ligne, LA À ieu- puis avec la France, que le port fait son plus grand commerce extérieur. | 1 tion Une des gloires de Naples est son université. C’est l’une des plus anciennes .:RAMIR ha | de l'Italie, puisqu'elle a été fondée dans la première moitié du treizième ni Éd siècle, mais elle a passé par des périodes d’une décadence absolument hon- | 1 ils leuse, Tout récemment, alors que les recherches d'archéologie et de numis- Î id malique étaient les seules qui ne fussent pas soupçonnées de tendances qui ûles révolutionnaires, Puniversité n'était plus guère, pour la plupart de ses : 108 TR élèves, qu'un lieu de dépravation intellectuelle; mais la renaissance des | 100 UK. études s'est opérée avec un merveilleux élan. Ge fut comme une sorte d’ex- ll ap- plosion. Les jeunes Napolitains, d’une intelligence avide, se précipitèrent sur : A DÉS, la science comme des faméliques, et bientôt l’éloquence naturelle aux mé- : ER en ridionaux aurait pu faire croire que Naples était le plus grand foyer d'é- : 710 jé, tudes du monde entier. Quoi qu'il en soit, les deux mille étudiants qui }: k! fréquentent chaque année l’université napolitaine ne peuvent manquer de EL (At FE donner une impulsion considérable au mouvement des idées. ll Ur Naples possède aussi, pour l'instruction de l'Italie et du monde, un ad- 1 ee mirable musée d’antiquités, marbres, bronzes, inscriptions, médailles, ca- a 4 Ensi mées, papyrus; mais elle à le musée, bien plus précieux encore, que lui | di donnent les ruines de Pouzzolles, de Baïes, de Gumes, et ses catacombes à 15 A tit deux ou trois étages, creusées dans le tuf des coliines qui dominent la cité k 1 EI is du côté du nord, et non moins curieuses que celles de Rome par leurs figures Fi We. En et leurs inscriptions ; elle a surtout la ville romaine de Pompéi, déblayée de Ne lis loutes les cendres du Vésuve, qui la moulaient depuis dix-sept siècles, Sans F nu AA 4 FE les fouilles de Pompéi et d'Herculanum, toute une branche de l'art antique, LI à 4! “fi la peinture, nous serait à peine connue, Et ce n’est pas seulement la ville sil | Aif dis morte, avec ses rues de maisons et de tombeaux, ses temples, ses amphithéà- d | dE | î à tres, ses palais aux admirables mosaïques, ses forums, ses boutiques, ses : pe lieux de réunion, que l'on à fait ressusciter après une si longue disparition, F| | H # | c'est la vie elle-même de la société provinciale romaine que l'on a retrouvée | \ 1 IN en la prenant pour ainsi dire sur le fait, Les inscriptions charbonnées sur les NE murs et sur les tablettes de cire, les diverses besognes interrompues par les É 4 ME : malheureux que surprit la catastrophe, les cadavres momiliés dans Patti- ji ‘il tude de la faite, du travail ou du vol, nous font assister au moment précis a 4 du drame, Aucune ville au monde, parmi loutes celles que les sables des Li 4 6% {{: 48 Ë jf
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