‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 302 sur 545 · SICILE, ILES ÉOLIENNES · texte numérisé non relu

SICILE, ILES ÉOLIENNES

temps, ont été la raison qui a fait mettre l'archipel sous l'invocation d'Éole; c’est là que le dieu se révélait aux matelots.

L'ile de Lipari est à lai lois la plus étendue du groupe et celle qui se trouve au centre de divergence des erevasses sous-marines. Elle est aussi de beaucoup la plus populeuge et renferme à elle seule les trois quarts des habitants de l'archipel. Sur la rive orientale, une ville considérable s'élève en un double amphithéâtre, aux deux pentes d’un promontoire que couronne un vieux château. Une plaine bien cultivée en oliviers, en orangers, en vignes, qui donnent d'excellents produits, s'étend autour de la ville; les déclivités des montagnes environnantes sont elles-mêmes couvertes de champs

jusqu’au voisinage du sommet. Comme en Sicile même, la population s'est

recrutée des éléments les plus divers depuis l’époque où des colons grecs de Rhodes, de Cnide et de Sélinonte sont venus conclure alliance avee les autochthones, et maintenant plus que jamais le sang des Lipariotes se renouvelle constamment par suite du va-et-vient que produit le commerce et de l’arrivée de nombreux bannis de la Calabre, anciens brigands devenus de Wanquilles bourgeois de l'île. Toute cette population peut mulüplier en paix dans la petite île, car les volcans de Lipari sont en repos depuis plusieurs siècles : ’est là probablement ce que sigaifie la légende des Lipariotes, d'après laquelle San Calogero aurait chassé les diables de leur île pour les enfermer dans les fournaises de Vuleano ; on peut en inférer que la fin des éruptions date de l'établissement du christianisme à Lipari, vers le sixième siècle. L'activité souterraine dont les deux centres principaux étaient le Sant’ Angelo et le Monte della Guardia, ne se manifeste plus que par des sources Thermales ct par des exhalaisons de vapeurs chaudes, que lon utilise depuis l'antiquité pour la guérison des maladies. Cependant le sol de Pile est encore fréquemment secoué, Le tremblement de terre de 1780 fut si violent, que les habitants effrayés se vouèrent spontanément à la Vierge ; un an après, Dolomieu les trouva portant tous au bras une petite chaîne pour montrer qu'ils Sélaient faits les esclaves de Ta madone « Hibératrice ».

Lipari est une terre promise pour le géologue, à cause de Pextrème variété de ses laves. Une de ses hauteurs, le Monte della Castagna, est en entier composé d’obsidienne ; une autre colline élevée, le Monte où Campo Bianco, consiste en pierres ponces qui de loin ressemblent à des champs de neige. De longues coulées pareilles à des avalanches rem, 'issent toutes les ravines, du sommet de la montagne au rivage de la Méditerranée ; dans le

voisinage de l’île, les eaux sont parfois couvertes de ces pierres flottantes, qui ressemblent à des flocons d'éerme : on en trouve jusque sur les côtes

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de la Corse. C'est l'ile de Lipari qui approvisionne de ponce tous les industriels de l'Europe".

Vuleano, au sud de Lipari, contraste étrangement avec l'ile riante dont la sépare un détroit d'un kilomètre à peine dans sa partie la moins large. A l'exception du versant méridional, où les pentes rougeâtres sont zébrées de quelques nuances de vert dues aux plants de vignes et d’oliviers, Vuleano ne présente aux regards que ‘es scories nues ; c’est bien ainsi que doit être l'ile anciennement consacrée à Vulcain, La plupart des roches sont noires ou d'un beau rouge comme le fer, mais il en est aussi d’écarlates, de

jaunes, de blanchâtres ; presque toutes les couleurs sont représentées dans

ce cirque de l'enfer, moins celle que donne la verdure, L'île est double ; au

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nord s'élève le Vulcanello, petite montagne d’éruption qui surgit de la mer à une époque inconnue et qu'un isthme de cendres rougeâtres réunit au volcan principal vers le milieu du seizième sièele. La montagne centrale est

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percée d'un cratère de 2 kilomètres de circonférence, d'où les vapeurs s'échappent en tourbillons. L'air est saturé de gaz où domine une odeur sulfureuse difficile à respirer. Un bruit incessant de soupirs et de sifflements emplit l'enceinte, et de tous les côtés on voit entre les pierres de petits orifices d’où s’élancent les vapeurs. Quelques-unes des fumerolles ont une température supérieure à 960 degrés. D’autres jets moins chauds se font jour en diverses parties de l’île et même jusque dans la baie. Des

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bords du grand cratère, on aperçoit des nuages de vapeu: qui montent du fond de la mer et se développent en larges volates blanches semblables d'aspect à des boues argileuses. Les éruptions violentes sont rares, puisque

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