‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 307 sur 545 · AE — " AR PS · texte numérisé non relu

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des îles « Pélagiques ». Quoique Lampedusa et son rocher satellite, le Lampione, dépendent tous les deux du royaume d'Italie, même de la commune de Licata, néanmoins des sondages qui n'ont pas cent mètres de profondeur ratlachent ces terres et les banes avoisinants au littoral des Syrtes!, Lampedusa et Lampione, € le Lampadaire et le Lempion, » doivent leurs noms à

‘Iles siciliennes de la mer d'Afrique :

Sonnmet le plus élevé, Superficie. Population en 1871, Pantellaria, , , . . , . . 103 kil. car. 6,000 Linosa. . . . . , . . .. 100 12 » 900 Lampedusa. 4, . . 100 8 » (HU

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PANTELLARIA, LINOSAS LAMPEDESA. 073 k 4 ali $ es de- des feux que, suivant une légende du moyen âge, ÿ allumaient chique nuil ll 1 l'âge des ermiles où des anges, pour guider les navigateurs; de nos jours, la lampe É ji LR légendaire est remplacée par un petit phare qui marque Pentrée du port } À \1l 1: ‘ ar un de Lampedusa, où les navires de trois à quatre cents tonneaux peuvent trou- 1 4 “AU [AU ppro- ver un excellent abri contre les vents du nord. Vers la fin du dix-hui- mont \ mile ; ième sièele, les Russes tentèrent de fonder à Lampedusa un établissement } ny |f | 1 Pan- maritime, qu'ils auraient fait rivaliser d'importance stratégique avec Pile kIÈ 1h Ur mon- de Malte et d'où ils auraient pu commander à la fois sur les deux grands mt He \ tout | bassins de la Méditerranée; mais ce projet fut abandonné, et les aliens + fut j n’y ont point donné suite pour leur propre compte. À (l j Des soldats, des condamnés politiques où civils, des colons faméliques qui #E

5 parlant lilalien et le maltais, forment le gros de la population des îles. TE

NE | MALTE ET GOZ20. k 1 FIN l je È Quoique appartenant politiquement à là Grande-Bretagne, l'archipel de ‘ji } Malte fait incontestablement partie du monde italien, puisqu'il se trouve HE fi sur le même piédestal de bas-fonds que li Sicile, une centaine de kilo- ë ni 1 : mètres vers l'est se ereusent les abimes les plus profonds de la Méditerranée, ni A 1. di où lu sonde peut descendre jusqu'à trois et quatie aille mètres, mais au nord, Re jL du côté de la Sicile, les couches d'eau n'ont qu'une faible épaisseur; en cel Ra endroit, x mer à déblayé un ancien isdnme de jonction. D'ailleurs il est qi évident pour les géologues que la terre dont Malte et Gozzo sont les débris 11 Ft S'étendait autrefois sur un espace considérable, Parmi les fossiles les” plus ji récents de ses roches calcaires, on à trouvé des éléphants de diverses espèces 1°) dE \ et d'autres animaux des régions continentales, De nos jours encore, Malte di- de { 1 | ï minue peu à peu; les hautes falaises de ses côtes méridionales, toutes percées | | de grottes, dites ghar dans la langue du pays, s'écroulent ça et sous le choc bit 1k | des vagues el se changent en sable que le flot promène sur les grèves. 1] { tel cu Placé, comme il Fest, au centre de la Méditerranée, et dans l'espace jee i 1} fe étroit qui sépare la Sicile de la Tunisie, FEurope de Afrique, et pourvu quel 1 Pie d'un meilleur port que Pantellaria, Parehipel mallais ne pouvait manquer Fo ÿ 1 fe de devenir une station commerciale importante pour toutes les nations qui null 1 ce se sont succédé dans l'empire de Ta grande mer intérieure. Phéniciens, “16 f | ê Carthaginois, Romains et Grecs ont été les maîtres de Malte, mais, avant ‘HU | N7L. : eux déjà, d’autres peuples, autochthones ou conquérants, avaient habité le | #4 ; pays; des grolles nombreuses, ereusées dans les rochers, des € tours de | ( A géants », et quelques rèstes de monuments bizarres, pageils aux nuraghi je Le LAE

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de la Sardaigne, et même aux dagobas bouddhistes, témoignent encore du long séjour de ces hommes inconnus. Peut-être la population maltaise, où se sont mélangés tant d'éléments divers, a-telle pour souche principale ces anciennes peuplades aborigènes ; quoi qu'il en soit, elle s’est fortement arabisée pendant la domination des Sarrasins. Sa langue même est un italien fort corrompu dont le vocabulaire à très-largement emprunté à tous les idiomes et à tous les patois des bords de la Méditerranée, mais principalement à l'arabe.

Le grand rôle militaire de Malte commença lorsque les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, après leur expulsion de Rhodes en 1522, vinrent S'installer dans l'ile italienne et en firent le boulevard du monde chrétien contre les Tures et les Barbaresques. Depuis le commencement du siècle, Malte, passée aux mains des Anglais, leur sert d’arsenal de guerre et de ravitaillement et leur assure Ta prépondérance navale dans la Méditerranée, [ls en ont fait aussi un vaste entrepôt commercial, le point d'attache de toutes leurs lignes de bateaux à vapeur, la station centrale du réseau télégraphique sous-marin. Malte est comme une tour de guet, du haut de laquelle les Anglais surveillent la mer, de Gibraltar à Smyrne et à Saïd, L'excellent port de la Valette facilite singulièrement le rôle à la fois commereial et militaire que remplit l'ile de Malte dans le monde méditerranéen, Ce port est double, et chacune de ses branches se ramifie en d’autres ports secondaires; des escadres, des flottes entières peuvent Sy mettre à l'abri, et des fortifications sans nombre, murailles et tours, bastions et ciladelles, se dressent de toutes parts pour en défendre les approches. Depuis trois siècles on ne cesse de travailler à rendre Malte imprenable. En outre, le commerce y trouve toutes les facilités désirables pour l'entrepôt des marchandises et la réparation des navires, Le plus grand bassin de carénage du monde entier se trouve dans le port de Malte!, Le commerce de File à quintuplé pendant les dix dernières années ; sa grande importance provient surtout des céréales de la Russie et de la Roumanie qu'y apportent les navires de la mer Noire et que viennent y prendre des bateaux d'Angleterre.

Valetta ou la cité Valette, qui contient, avec ses faubourgs, environ la moitié de la population de File, à gardé son originalité pittoresque, en dépit des murs qui lenserrent et du tracé régulier de ses rues. Les hautes maisons blanches, ornées de balcons en saillie et de cages vitrées pleines de fleurs, s'élèvent en amphithéâtre sur la pente de la colline ; des escaliers aux larges dalles en gravissent le versant, de palier en palier ; de toutes les rues

! Mouvement commercial en 1873 : 8,408 navires, jaugeant 4,342,000 tonneaux. Commerce général des articles soumis à la douane... . 429,963,500 fr,

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ore du on voit la mer bleue, les grands navires immobiles et le fourmillement des 4 Ml 0 Ù , , | 4 ise, où barques. Les gondoles, qui regardent fixement le voyageur de leurs deux ant: ale ces , 14 SUR lement N°? 109, — PONT DE MALTE, A | 1È NT ml) italien 403115" deGr LEUR us les 7 — RÉ NT ES sf 4 . : . El cipale- ‘1 7 SA .. nn):

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p7ü NOUVELLE GÉOGRAPIE UNIVERSELLE,

de matelots de tous les pays s'agite dans les rues. Gà et à, quelque femme glisse rapidement le long des murailles; comme les femmes de l'Orient chrétien, elle est revêtue de la faldetta, sorte de domino noir qui cache ses autres vèlements, souvent SOMpLUeUXx , el qui lui sert à masquer où î révéler coquettement son visage, mais qui la rend chauve avant le temps, à cause du froissement incessant de la soie sur les cheveux.

En dehors de la ville, Malte, «Pile de Miel, » n'offre qu'un triste séjour. Les campagnes, qui s'élèvent en pente douce dans la direction du sud, vers Città-Vecchia et les collines de Ben Gemma, sont parsemées de rochers gris; les plantes des champs sont recouvertes de poussière fine; les villages, aux murs éclatants de blancheur sous le soleil et contrastant avec les ombres noires, ressemblent à des carrières, On ne voit point d'arbres, si ce n'est les orangers des jardins, célèbres par leurs fruits délicieux, surtout par leurs mandarines. Mais ces vergers sont de rares oasis. Nulle part il ne coule d'eau permanente, Le sol semble brûlé, et lon s'étonne qu'il produise de si belles moissons de céréales et de fourrages et ces prairies de trèfle sulla qui croit presque à hauteur d'homme ; pendant la saison des fleurs on en contemple avec admiration les nappes de verdure et d'incarnat ondulant en vagues sous la pression de la brise. Mais aussi les paysans maltais, petits hommes, âpres, secs et musculeux, font preuve dans leur culture d'une merveilleuse industrie : ils bêchent jusqu'aux pentes les plus rocailleuses et à où manque la terre végétale, ils en préparent artificiellement en triturant la pierre; ils vont même en demander aux Siciliens : jadis tous les navires étaient tenus d'apporter en lest une cerlaine quantité de terre. On ménage avec le plus grand soin cette précieuse substance, et sur le flanc des rochers on Pencadre de murs pour empêcher les vents et les pluies de Pentraîner. En dépit de ces prodiges de travail, les cullivateurs de Malte, de Gozzo et de Comino, ainsi nommée du cumin, qui est, avec le coton, le principal produit de l'archipel, récoltent à peine assez pour subvenir à l'entretien de la population pendant cinq mois de l’année ; chaque matin des bateaux caboteurs de Sicile apportent à la Valette une partie des aliments de la jonrnée. Les Maltais, fort nombreux en proportion de la faible étendue du territoire, sont obligés de demander au cabotage et à la pêche le supplément de grin nécessaire à leur sobre existence. Ils apportent d’ailleurs dans ée tra ail le même acharnement et la même patience que dans la culture de leurs jardins. On montre à Gozzo des falaises à pie où les pêcheurs se suspendent au moyen de cordes et d’où ils lancent leurs lilets dans les flots grondant au-dessous d’eux. Mais quelque sobres et travailleurs qu'ils soient, les Maltais devraient mourir de faim sur leur rocher,

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