MONTAGNES DE MURCIE ET DE VALENCE
terrompue par la vallée où coulent parfois les eaux soudaines de l'Almanzora, reparaît en une faible chaîne côtière et, sous le nom de sierra de Almenara, se prolonge entre Lorca et Carthagène ; la péninsule en forme de faucille qui s’avance au loin dans la mer au cap de Palos peut être considérée comme une ramification lointaine de cette chaîne, qui continue elle-même la sierra Nevada. L'arète de las Estancias, déprimée au col de Velez Rubio, puis coupée par le défilé de la Sangonera, en amont de Lorca, va se rattacher, plus au nord, à des massifs voisins de la sierra de Espuña. Celle-ci, qui domine de plus de 1,500 mètres les plaines de Murcie, est elle-même une continuation de la sierra de Maria, par l'intermédiaire du massif appelé «le Géant », el Gigante. Enfin, les sierras de Sagra et del Mundo projettent aussi vers le nord-est leurs chaînons avancés qui forcent à de longues sinuosité; les hauts affluents du Segura. Seule la sierra de Alcaraz, après s'être redressée aux € Roches », où Peñas de San Pedro, reste séparée des montagnes de Chinchilla par des plaines très-faiblement accidentées.
Sur la rive gauche du Segura, les diverses sierras, de Ghinchilla, de Cabras, del Carche, de Pila, de Crevillente, suivent la même direction moyenne ; puis, réunies en un même massif fort tourmenté, dont la plus haute cime, le Moncabrer, se dresse au-dessus d'Alcoy en une véritable montagne, elles se rélrécissent en pointe pour former cet ensemble de caps qui s’allonge audevant des îles Baléares et qui rhythme d’une façon si gracieuse le littoral de la Péninsule, La montagne qui termine la chaîne, au cap San Antonio, est célèbre dans l'histoire de la géodésie : c’est le Mongo, l'observatoire naturel
où s’installèrent Méchain, Biot, Ara
go, pour faire leurs opérations relatives à la mesure du méridien. Des ruines de la cabane en pierres sèches qui couronnent le sommet de la montagne on jouit d’une vue admirable sur la mer : le groupe des Baléares et Loute la eôte de l'Espagne, du delta de l'Ébre au cap de Palos. Un des promontoires voisins du Mongo, le Peñon de Hifac, à peine rattaché à la rive par un isthme étroit, est d’origine volcanique. Dans le voisinage, divers autres indices témoignent de Pactivité des anciennes crevasses du sol.
Les montagnes qui dominent les vallées du Jücar et de ses affluents ne semblent être que les débris da grand plateau qui s'élève à l'ouest et qui forme La principale gibbosité de l'Espagne centrale. Les sommets aux pentes ravinées, les massifs fragmentaires, les chaînons inégaux et tortueux du versant méditerranéen sont presque tous inférieurs en élévation à l'énorme eroupe occidentale, dont ils ont été détachés par le travail érosif des eaux ; quelques cimes seulement, le Pico Ranera, la sierra Martes ont l'aspect de véritables montagnes. Daus le bassin du Guadalaviar, les sierras
indépendantes sont plus hautes et d’une plus fière apparence. Autour de la Muela de San Juan, la borne centrale des bassins fluviaux, divers contreforts, la sierra de Albarracin, la sierra de Valdemeca, les « Monts Universels », sont encore à demi engagés dans l'épaisseur du plateau; mais, plus à l’est, un massif de formes arrondies, où pyramide le pic de Javalambre et qui dépasse 2 kilomètres d'altitude, a tout à fait le caractère montagneux. Au nord de ce massif et du petit fleuve de Mijares, souvent à sec, se dresse un autre groupe dominateur, la Peñagolosa, qui se relie à l’est, par un plateau montueux, à la sierra de Gudar, dont les pentes septentrionales appartiennent déjà au bassin de l'Ébre.
De la Peñagolosa au grand coude du fleuve, Lous les massifs aux noms eatalans, la Muela de Ares, le Tosal des Encanades, le Bosch de la Espina, et d'autres moins importants, sont disposés en forme de chaîne côtière, parallèlement au rivage de la Méditerranée, A leur base et dans le voisinage immédiat de la mer, à x petiteschaines jumelics, coupées de distance en distance par les vallées d'où de pierres que parcourent les torrents, se développent suivant une ne ligne parallèle, en laissant entre elles une dépression, utilisée par routes et chemins de fer. La sierra de Montsia termine
pittoresquement cette arêle géminée, au bord même de PÉbre. Avant que ce
fleuve n'eût percé le rempart de montagnes qui le retenait en lac dans les plaines de PAragon, la petite chaîne riveraine, de même que la sierra plus haute de l'intérieur, se prolongeait régulièrement vers les Pyrénées".
Dans leur ensemble, les montagnes du versant méditerranéen de l'Espagne centrale sont d'une grande nudité; les broussailles apparaissent de loin comme des taches noirètres sur li roche éblouissante, De même qu’en Grèce et en Provence, on peut suivre du regard les arêtes précises des sommets, et la pureté de ce profil éclairé par un ciel presque loujours limpide et bleu ajoute à la beauté sévère des paysages. L’extrème transparence de l'air à valu à la contrée de Murcie le nom de Remo Serenisimo, « Royaume Très-Sercin. » C’est pour la même raison que l’on désigne Îles montagnes de la contrée sous la poétique appellation de montes de Sol y Aire, «montagnes du Soleil et de l'Air libre, » Dans le bassin du Segura, plus encore que dans l'Andalousie, le climat est décidément africain. Le printemps et l'été cessent d'exister comme saisons ; 11 n’y a plus, comme sous
1 Altitudes, d'après Coello, des montagnes du versant méditerranéen :
Gigante . . . . . . . , , , 1,499 mètres, | Peñagolosa. , + + . . AS mètres. Morron de Espuña. . . . , . HoN2 » | Muela de Ares... 4... . , 1,318 » Moncabrer . . , . , . . , , 1,38ù » Tosal des Encanades. , , 1,592 Pico de Javalambre.. . 2,002 » Sierra de Montsia, , , . . + 162 »
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