‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 397 sur 545 · STEPPE ET HUERTAS DE MURCIE · texte numérisé non relu

STEPPE ET HUERTAS DE MURCIE

bue en entier. Si la culture est possible et même d’un admirable produit dans certaines campagnes du littoral, c’est qu’elles se trouvent situées sur le parcours des fleuves, où coule le reste des eaux de pluie, Mais que de terrains naturellement fertiles par la composition du sol et cependant condamnés à la stérilité à cause du manque de l'humidité nécessaire ! Entre Carthagène et Murcie, les paysans labourent des champs qui ne produisent en moyenne que chaque troisième année, à cause de la rareté des pluies. Des deux côtés de la zone riveraine du Segura s'étendent de véritables steppes, des régions restées salines à cause du manque d’eau qui les nettoie et les féconde : ainsi que le dit un voyageur, les campagnes de Carthagène ont « la végétation d’un four à chaux ». Sur un espace que l'on peut éva- Tuer à 500 kilomètres, en suivant toutes les sinuosités du littoral d’Almeria à Villajoyosa, les campos de la côte sont tous infertiles et nus, si ce n’est dans de rares oasis et aux bords des cours d’eau permanents où temporaires : à Ja base des roches triasiques, où se trouvent des bancs considéables de sel gemme, les sources salines où magnésiennes s'amassent en lacs qui se dessèchent en été, laissant sur le sol une étendue blanche de cristaux : Lel est le lac de Petrola ou de « Sel Amer », qui ne laisse en été qu'une couche de sulfate de magnésie. De même les étangs marins des environs d'Orihuela, qui fournissent le meilleur sel des provinces du littoral méditerranéen, se recouvrent au mois d'août d’une croûte si épaisse de sel rose, qu'on la découpe à la hache,

Ces rivières bienfaisantes, dont les eaux se changent en séve pour les plantes des huertas, où jardins, de leurs rivages, sont le Segura, le Vinalapo, le Jûcar, le Guadalaviar, appelé aussi Türia dans son cours inférieur, le Mijares et d’autres rios secondaires. Ces petits fleuves se ressemblent tous d'une manière remarquable par l'âpreté de leurs hautes vallées, par l'aspect sauvage, effrayant de leurs défilés. Le Segura traverse plusieurs chaînes de montagnes avant d'entrer dans la plaine de Murcie et descend ainsi de gradin en gradin par autant de portes de rochers, d'une hauteur moyenne de trois à quatre cents mètres; son affluent majeur, le Rio Mundo, nait dans un amphithéâtre pareil à celui de Gavarnie par sa cascade plongeant en trois bonds successifs, puis il a dû, comme le Kegura, tailler son lit à travers les, monts, et, précisément au-dessus de sa jonetion avec le fleuve principal, il passe dans un étroit cañon de roches rouges et verticales, d'un caractère grandiose. Le Jücar, le Guadalaviar (Oued-el-Abiad), ou « Fleuve Blane », ont moins d'obstacles à franchir, à cause de la plus grande simplicité du relief orographique; mais plusieurs de leurs défilés sont d’une beauté saisissante, même dans celte Espagne si riche

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