‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 506 sur 545 · LISBONNE · texte numérisé non relu

LISBONNE

d’un développement beaucoup plus considérable oue la circonférence même de la terre. En Afrique, en Amérique, en Asie, dans les iles de l'extrême Orient, les territoires censés appartenir à l'imperceptible Portugal occupaient une prodigieuse étendue, dont nul géographe n’eût pu tenter de se rendre compte. De pareilles conquêtes étaient du domaine de l'épopée; il fallait un Camôes pour les charter.

Cette époque de gloire ne dura pas longtemps. La fière Lisbonne, que les peuples orientaux désignaient sous le nom de « Résidence des Francs », comme si elle eût été la capitale de l'Europe, perdit sa prééminence vers la fin du seizième siècle. Comparable à une petite barque de trop forte voilure, la puissance du Portugal chavira soudain. Écrasée par le terrible régime de Philippe I, corrompue, en outre, par des mœurs trop luxueuses, énervée par le mépris du travail qu'engendre l'emploi du labeur des esclaves, Lisbonne eut à céder une grande partie de son commerce à ses rivales d'Espagne, tandis que les marins hollandais lui enlevaient, en Amérique et aux Indes, ses plus riches colonies : le monopole qu'elle avait exercé pendant plus d'un demi-siècle lui était à jamais ravi. Mais, en dépit de tous ses désastres, en dépit du tremblement de terre qui jeta bas ses édifices, Lisbonne a toujours tenu un rang élevé parmi les villes commerçantes. Certes, ses quais sont loin d’avoir l'animation de ceux de Marseille, de Liverpool ou de la Havane; les eaux de sa rade ne sont pas incessamment sillonnées par les vapeurs, et la forêt de mâts est encore loin d’y avoir l'étendue qu’elle eut aux grandes époques de la prospérité nationale ; mais il faut reconnaitre que Lisbonne n’est pas encore à même de tirer parti de tous ses avantages". Sans doute la grande cité du Portugal est devenue le point d'attache de plusieurs lignes de grands paquebots transocéaniques ; en outre, elle est la tête de ligne du réseau des chemins de fer européens; mais quels détours bizarres fait encore la voie ferrée pour aller rejoindre Madrid par les solitudes de l'Estremadure espagnole et les plateaux de la Manche! Une voie de communication directe vers la France et le reste de l’Europe manque toujours à Lisbonne, non-seulement à cause de la jalousie des Espagnols, mais aussi à cause du manque d'initiative des Portugais eux-mêmes ; d’ailleurs, cette route eût-elle existé, les fréquentes révolutions de l'Espagne en auraient détourné les voyageurs et les marchandises. C'est done à l'avenir qu'il appartient encore de faire du port de Lisbonne un grand lieu d'échange entre les nations. L'importance croissante du Brésil, avec lequel le Portugal a gardé tant de rapports intimes, ne peut manquer de réagir favorablement

! Commerce de Lisbonne, en 1868. . , , . , . 105,388,000 fr. Mouvement des navires » 4... + + 3,286 navires jaugeant 1,213,000 tonnes.

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