PROGRÈS DU PORTUGAL
Pendant la durée d’une génération, l'instruction s'est bien répandue ; une grande partie de l’espace qui séparait les Portugais des autres nations d'Europe au point de vue de la civilisation matérielle a été comblé, et chaque jour on voit se rétrécir l'intervalle. Ainsi, pour ne citer qu’un exemple, indice de tous les autres progrès d'ordre économique, le pays s’est déjà pourvu d'un réseau de chemins de fer, dont toutes les grandes lignes seront comr'ètes dans un petit nombre d'années‘. Non-seulement Lisbonne sera prochainement reliée à toutes les villes secondaires du Portugal, mème à celles de l’Algarve, mais par divers points de la frontière, sur le Minho, le Douro, le Guadiana, elle commence à faire pénétrer ses avenues commerciales dans l’intérieur des Castilles, On s’en est aperçu à l’importance croissante qu'a prise le mouvement des échanges pendant les guerres civiles qui ont souvent bloqué les ports de l'Espagne situés sur la Méditerranée : Lisbonne et Porto même ont pu remplacer partiellement ces villes de commerce pour fournir des marchandises étrangères à l’intérieur de la Péninsule. D'ailleurs une partie seulement du trafic réel figure sur les registres de la douane; la contrebande est difficile à surveiller sur le vaste développement des 800 kilomètres de frontières montagneuses, et Portugais aussi bien qu'Espagnols se font gloire de tromper la vigilance des carabiniers. La douane de terre coûte au gouvernement beaucoup plus qu'elle ne lui rapporte.
Le commerce extérieur du Portugal a presque triplé depuis le milieu du siècle, grâce aux lignes de bateaux à vapeur qui fournissent à la narigalion environ les deux tiers de son tonnage. Plus de la moitié de ces échanges se fait avec la Grande-Bretagne, pays qui naguère avait même un monopole presque complet du trafic extérieur de la Lusitanie. Il est facile de comprendre, mème au point de vue géographique, celte grande influence de l'Angleterre sur le Portugal. Le littoral de ce dernier pays se trouve précisément sur le chemin qu'ont à suivre les navires anglais pour se rendre dans la Méditerranée, au Brésil, au cap de Bonne-Espérance, aux Indes ; nul chemin de la iner n'est plus fréquemment pratiqué par leurs flottes. Porto, Lisbonne, sont pour eux des ports de relâche et de ravitaillement. Il était done naturel que le commerce anglais, avec ses énormes débouchés, s’inféodt les producteurs du littoral portugais et tâchàt de fortifier peu à peu son influence par des combinaisons politiques. L'aide que
! Voies de communication du Portugal, en 1875 :
Grandes rontes, , , , , . , . . ,. , , . . 3,600 kil. Chemins de fer, 4... , . , , , You »