MONTAGNES, FLEUVES DES ÉTATS PARANIENS
vierges ou de eapoeiras, c'est-à-dire de fourrés d’une seconde venue. Ainsi les incendies augmentent la superficie des campos, et nombre d'auteurs émettent l'opinion, probablement erronée, que les campos brésiliens, de même que les prairies mississippiennes, doivent leur unique origine à l'action du feu’. Il est certain que ces régions déboisées reçoivent une quantité de pluie suffisante pour la croissance des arbres, car tous ceux qu'y plantent les rares eullivateurs à demi nomades y naissent facilement et continuent de prospérer après le départ des colons.
Les déclivités orientales de la serra do Mar, quoique recevant l'eau fluviale en grande abondance, ne versent à la mer que de faibles couants, descendant en de courtes vallées. Entre l'État de Rio de Janeiro et celui de Rio Grande do Sul le principal cours d’eau du littoral atlantique est la Ribeira de Iguapé, dont les hauts affluents, nés sur les plateaux de l'intérieur, coupent par de profondes vallées la saillie de la serra do Mar. Dans son cours inférieur, l'Iguapé se rapproche beaucoup de la côte et détache même un canal de 5 kilomètres qui va se réunir au marigot de Cananea; mais le courant prineipal se reploie vers le nord-est, pour se Jeter dans la mer à un endroit où la côte est franche, libre d'ilots. De petits bateaux à vapeur remontent la basse Ribeira d'Igmapé et même ses deux affluents, le Juquia et le Jacupiranga*. L'Htajahy, la principale rivière de Santa Catharina, n'égale pas l'Iguapé ; mais, traversant les colonies allemandes, qu'ont souvent visitées des savants d'Europe, il doit à ce fait d'avoir été mieux étudié que les autres rivières du versant.
Connue d'ordinaire sous le nom de Serra-abaixo, ou « Pied-mont », par contraste avec la Serra-acima ou « Haut-mont » des plateaux, létroite bande de terres basses qui sépare le pied de la serra do Mar et l'Océan est en entier formée de dépôts marins, çà et là recouverts d'eaux marécaveuses et traversés de coulées. Les grès d'origine océanique sur lesquels se déroulent les sables des dunes renferment des restes de troncs et de racines offrant une grande ressemblance avec ceux des manguiers actuels. Ces dépôts ont été certainement recouverts par les eaux marines à une époque récente, et l’on croit même que des immersions et émersions successives ont eu lieu dans cette partie du littoral, car les berges qui contiennent des restes végétaux offrent huit ou dix strates différentes,
1 Alberto Loefgren, Contribuiçôes para a botamca paulisla # Superficie du bassin de la Ribeira d'Iguapé, d'après H. Bauer : 28 900 kilomètres carrés,