SEE
ES
Lee sere ve ste
toire de Ponta Grossa, cette indentation des côtes deviendra certainement l'un des principaux havres du littoral, et une cité considérable surgira sur ses bords, lorsqu'elle sera, grâce au chemin de fer de Taubaté, prolongée au nord vers Campinas, la rivale de Santos pour l'exportation des cafés qui descendent des plateaux.
A l'ouest du haut bassin de la rivière Parahyba, le chemin de fer de Rio de Janeiro à Säo Paulo franchit un seuil de partage à 800 mètres d'altitude environ. La région montueuse, boisée naguère, se défriche maintenant autour des nombreuses maisonnettes de colons italiens. Les terrains fertiles des pentes se peuplent rapidement, mais les grandes plaines jadis lacustres, où serpente à l’ouest le Tieté naissant, restent encore désertes sur de vastes étendues : de colline à colline on voit serpenter comme un bras de mer le détroit des prairies herbeuses où se montrent çà et là, semblables à des pointes de rochers, les nids bâtis par les termites. Aujourd'hui village sans importance, Mogy das Cruzes, chef-lieu de cette région de plaines, est destiné à devenir le point de croisement d’un chemin de fer qui allègera, comme celui de Taubaté, l'énorme trafic monopolisé actuellement par le chemin de Santos. De Mogy das Cruzes la voie nouvelle remontera la vallée du Tieté et franchira la serra do Mar pour redescendre à la ville de Säo Sebastiäo, située sur un détroit, en face de l’ile du même nom. Ce port, parfaitement abrité, où l’on trouve de 20 à 50 mètres de fond à une demi-encablure de la plage, pourrait facilement recevoir toute la flotte commerciale du Brésil, mais le manque de communications n'a pas encore permis de l'utiliser. Les habitants ne font qu’un petit commerce de cabotage, pour approvisionner en légumes le marché de Santos.
Säo Paulo, la capitale de l’État le plus commerçant et le plus industrieux de la République, annonce déjà par son aspect la prospérité de la contrée. Vue de la gare, dite do Norte, quoique située directement à l’est, la ville, que ses fils appellent Paulicéa en langage poétique, prolonge sur une colline le profil imposant de ses maisons blanches dominées de tours et de coupoles. Les premières constructions, fondées en 1560 par les jésuites, après l'abandon de l’ancienne bourgade Santo André de Piratininga. près du village actuel de Santo Amaro, occupent encore le centre de la cité, sur une haute berge au pied de laquelle serpente le Tamanduatehy ou « ruisseau du Tamanoir ». Le noyau primitif de Säo Paulo recouvrit d'abord le promontoire triangulaire que limite à l’est le Tamanduatehy, à l’ouest le Saracuro, puis il s’unit par des rampes rapides aux quartiers extérieurs qui naquirent de tous les côtés. Dans une étendue d'au moins 25 kilomètres carrés la ville présente un certain imprévu