N° 421. — D'ASUNCION À VILLARICA
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Le afuaro
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été pour quelque chose dans ce plan d'organisation, dont les débuts ne paraissent pas avoir été heureux.
Au sortir d'Asuneion les voyageurs qui descendent le Paraguay ont bientôt perdu de vue la cité, cachée par la haute colline de Lambaré, se dressant à une centaine de mètres au-dessus de la rive droite : la tradition veut que le cône ait reçu ce nom en l'honneur d’un chef indien qui s'y défendit avec courage contre les premiers envahisseurs espagnols, en 1528 : Sébastien Cabot, quoique vainqueur des Indiens, n'aurait pas osé pousser plus avant. Toutefois Schmidel, racontant la conquête du Paraguay, — Parabol, comme il l'appelle, — parle déjà de la montagne
de « Lambari ». Quelques collines, qui contiennent des couches de sel, comme Lambaré, se succèdent le long de la rive gauche et forment un petit massif au-dessus de la gracieuse Villeta, qu'entourent des palmeraies et des orangeries : à l'arrivée des bateaux à vapeur, les femmes vètues de blanc accourent, portant sur leurs têtes des corbeilles de fruits, Le groupe de collines se termine au sud par un promontoire qui rélrécil le fleuve : e'est le fameux « Étroit », l'Angostura, où le lit n'a pas plus de SO mètres en largeur. Les Indiens essayèrent de le défendre contre les envahisseurs espagnols, et trois siècles plus tard les Paraguayens tentèrent d'y arrêter la marche des alliés par de puissantes fortifications qu'avait élevées l'ingénieur anglais Thompson; mais l'armée brésilienne, au risque d'être surprise et noyée ‘par une brusque inondation du Paraguay, tourna la position en passant à l'ouest, à travers les solitudes du Chaco, et reparut au bord du fleuve en amont d'Angostura'.
En aval de ce défilé où les Paraguayens avaient vainement espéré de conjurer leur destin, il n°y a point de bourgs importants au bord du fleuve : Oliva et Villa Franca sont les dernierS villages qui se trouvent sur des renflements de collines se rattachant aux terres accidentées de l'intérieur, Au sud, le Tibieuary s'épanche entre des marécages, anciennes baies de li mer qui recouvrait autrefois tout le sud de la contrée, Villa del Pilar, qu'on appelle d'ordinaire Nembuet, autre petit groupe de paillottes, occupe une situation excellente en apparence, entre les deux confluents du Tibieuary et du Bermejo, au point de croisement de deux grandes voies naturelles; mais en pays désert ce sont là de chimériques avantages. La coulée du rio Nembuet, se déversant dans le Paraguay à Villa del Pilar, est un des bayous qui suintent des marais de l'intérieur: ce fut évidemment un des anciens lits du Parand, et quand on voudra dessécher le pays, il sera nécessaire de creuser un canal suivant la direction du cours primitif. Sous la dictature de Francia, Pilar fut pendant un temps ouvert au commerce étranger : les trailants y apporaient leurs marchandises, mais il leur était interdit d'aller plus avant. Nombre d'émigrants de Corrientes se sont établis dans cette ville d'avenir, qui se trouve presque en face de la ville argentine dite Puerto Bermejo : tous les progrès de l’une des villes profiteront à l'autre.
Quelques pans de mur, des ruines de murailles, des cabanes, sur les berges qui dominent le méandre d'Humaita, à mi-distance de la bouche du Bermejo à celle du Paranä, rappellent la Troie paraguayenne qui résista
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pendant deux années, de 1866 à 1868, aux armées et à la marine des
puissances alliées. Tout l'espace qui sépare l'ancienne forteresse de l'em-
bouchure du Parand est teint de sang. Sur ce fleuve, le poste d'Itapirt
ne put être acheté par les Brésiliens qu'au prix d'une terrible bataille;
en amont, sur la rive gauche du Paraguay, Curuzü était armée de batte-
ries qui arrêtèrent longtemps la flotte brésilienne; plus haut s'élevaient les
N° 12), — PARAGUAY SUD=OCCIDENTAI,
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