‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 305 sur 401 · MONTAGNES DE LA PATAGONIE ET DE LA MAGELLANIE · texte numérisé non relu

MONTAGNES DE LA PATAGONIE ET DE LA MAGELLANIE

donnerait accès à la cité merveilleuse des « Césars », l'Eldorado méridional du continent, coule dans une de ces brèches, de même que k rio Corcovado', les rivières Aysen et Huemules, à la latitude plus australe*. En cet endroit les Andes se décomposent pour former un archipel terrestre analogue à celui qui se présente sur le littoral voisin, fragmenté en de nombreux massifs’. La chaîne se reconstitue par le travers de la péninsule de Taytao, où s'élève le plus fier sommet, le San Valenin (3876 mètres). Sous la même latitude, Moyano a mesuré dans la cordillère latérale argentine le pie Zeballos, d'une hauteur de 1675 mètres, « constaté l'existence d’une autre chaîne qui se détache des Andes vers les sources du Deseado pour s'orienter dans la direction du sud-est et lurmer le musoir du cap Blanco, au sud du golfe de San Jorge. Quelle est la hauteur de cette chaîne transversale? On ne sait, mais les Indiens k disent très pénible à traverser, à cause des rochers, des précipices, des pierres roulantes, du manque de sources. Pour se rendre de l’un à l'autre point du littoral, ils la contournent à l'ouest par la région des pilurages*,

Dans la Magellanie, le continent rétréei n'offre plus qu'une bande étroite de plaines en dehors des Andes, et dès le rivage de l'Atlantique on aperçoit les cimes qui se dressent dans le voisinage de l'autre Océan. Mais dans celle région péninsulaire qui termine le continent, les zones parallèles des lormations orographiques se présentent avec une étonnante régularité. la chaine des Andes proprement dites, où s'élève le mont Chalten, mont superbe en forme de tour que Moreno désigne aussi sous le nom de Fitzroy (2100 mètres), se profile presque exactement suivant la ligne du méridien, jusqu'à la brèche où pénètrent les eaux des grands fjords magellaniques. À cette rangée succède à l'est une pré-cordillère, à laquelle Moyano donne l'appellation de cordillère de los Baguales ou des « Chevaux sauvages » et qui se poursuit du nord au sud sur une longueur de plusieurs centaines de kilomètres, sans beaucoup s'éloigner de la direction précise du méridien. Le mont Stokes, drapé de neiges, le mont Payné, presque aussi haut, appartiennent à cette pré-cordillère, dont les cimes s'élèvent de 1500 à plus de 2000 mètres. Une troisième chaîne, moins égale et moins haute (1500 mètres). n’atteint pas la limite des neiges persistantes, mais dépasse les autres en sites pittoresques, grâce à ses Lours, à ses obélisques

! Fontana, Boletin del Instituto Geogräfico Argentino, 1886-87. * Serrano, Simpson, Anuario hidrogrdfico de la marina de Chile, 1875, 1886. % Rodgers, Moyano, Boletin del Instituto Geogrdfico Argentino, 1888. 4 Cärlos M. Moyano, Boletin del Instituto Geogrdfico Argentino, 1881.

de scories, à ses masses de laves en retrait, semblables à des temples : c'est butte la chaîne éruptive où se dressent le vrai Chalten et autres voleans éteints ou reçu « rej

actifs. La cordillère de Latorre, signalée de loin par les mornes des Tres

Sabios ou des « Trois Savants », Philippi, Gay, Domeyko, fait partie de cette Le région des laves : on y voit un cratère d'apparence très récente', Sur là nord

zone qui s'incline à l'est vers l'Atlantique s'étend le manteau des scories et chain des cendres" que percent de distance en distance, isolés ou alignés, d'an- mais ciens cônes d’éruption. Un morne calcaire, le monte Leon (300 mètres), percé de grottes où se cachent les pumas et portant à sa pointe les nids des condors, signale de loin l'embouchure du Santa Cruz”.

Au sud des Andes proprement dites, la côte se découpe en mille inden-

en hi préser

sur le sud, €

lations, et les monts prennent, grâce aux baies et aux lacs environnants, lraver un aspect insulaire, Entre le Skyring Water et le grand méandre du fee d détroit de Magellan, la chaîne se réduit à un seuil de quelques mètres à peine. Elle pointe de nouveau avec les formidables parois du cap “élève dépass

qu'un

si Cin

Froward, et de l'autre côté du détroit élève encore des monts superbes à ceinture de glaciers, le Sarmiento, le Darwin, le Français, puis, se

allons fait fac vais pi lermin

développant suivant une grande courbe dans le sens de l'ouest à l'est, va nm + 4 h Q “te finir par la longue île des États, où culminent des sommets d’un millier

de mètres. Avec cette île, territoire argentin, se termine le long hémi-

cycle des montagnes andines, commençant avec Trinidad, dans la mer des Caraïbes.

trachyt rent el.

dans le

D'autres massifs, maintenant séparés des Andes, mais qui probablement aussi el

en firent partie jadis, s'élèvent isolés dans l'immense territoire de l’Argen- La si

po bi ne, Un premier groupe de montagnes, dit fort justement sierra de los

loire su

Llanos, parce que des plaines l'entourent, entre des salines et autres terres Central basses et désertes, presque à moitié chemin entre la Rioja et San Luis, fut nettes une île orientée dans le sens du nord au sud. Très usée par le temps, Conlara

celte sierra n'a point de morne qui se dégage fièrement des croupes infé- Luis on

rieures ; elle ne présente que de longues croupes d’origine eristalline et nord, 4

métamorphique, ne dépassant guère un millier de mètres mar leur tasses rebord culminantes. Plus au nord, la sierra Brava, out + seint pas même d'une : 1000 mètres, offre un aspect analogue et fit s ate partie du : me mètres) système orographique : ce n'est qu’un îlot dans : weienne mer. Quelques tillo, «

Cañada,

! Carlos M. Moyano, même recucil, tome VIII.

2 Rogers und Ibar, Petermann's Geographische Milteilungen. 1880, Heft II. 3 François P. Moreno, Viaje à la Patagonia austral.

temples : c'est ans éleints où rnes des Tres partie de cette cente', Sur la des scories el alignés, d'an- (300 mètres), jointe les nids

à mille indenenvironnants, | méandre du elques mètres arois du cap onts superbes içais, puis, se nest à l’est, va s d’un millier le long hémians Ja mer des

probablement re de l’Argent sierra de los tautres lerres San Luis, fut par le temps, croupes Infé-

cristalline et k deui thasses nt pas mème rtie du me

ner, Quelques

buttes isolées, qui percent çà et là les couches alluviales de la plaine, ont nçu des indigènes le nom pittoresque de reventazones de la sierra ou «rejets de la montagne" ».

Le système Central, qui oceupe un espace de plus de 500 kilomètres du nord au sud, parallèlement à la grande Cordillère, se compose de plusieurs

chaines distinctes, toutes disposées suivant la même orientation normale,

mais également situées sur un socle de plaines ayant plus de 500 mètres

en hauteur. Dans l'ensemble, ces montagnes, de formation cristalline, présentent, comme le système andin, leur face abrupte du côté de l'ouest : «ur leur versant oriental, de mème qu'aux deux extrémités du nord et du «d, elles s'inclinent doucement vers la pampa. Un premier chaînon, que

taversent les rivières descendues du système Central, se développe sur la

fice de l'est, n’atteignant un millier de mètres que par de rares sommets :

«eime Ja plus haute, la eumbre de la Cal, au nord-ouest du Cérdoba,

“élève à 1570 mètres, La chaine centrale, l'axe du système cordovais,

dépasse 2500 mètres par son morne culminant, le Champaqui : ce n’est

qu'un simple cône posé sur des plateaux pierreux, enfermant quelques allons de pâturages. Au nord-ouest, le système s’élargit en un plateau qui

fait face à la sierra de los Llanos. Ce plateau se distingue des monts cordoais par une ligne d'anciens volcans, qui se dirige de l’est à l'ouest et se

ermine brusquement au-dessus des plaines occidentales par le cerro

tachytique de Yerba Buena (1645 mètres). Il n'a point de cratère appa-

rent et, de mémoire d'homme, n'a lancé de vapeurs ni vomi de laves; mais

dans les alentours on ressent quelquefois de légers tremble-terre; on aurait

aussi entendu des grondements souterrains au pied de ces montagnes.

La sierra de San Luis, appelée aussi de la Punta, d’après son promon-

wire sud-oceidental, peut être considérée comme faisant partie du système

Central ou cordovais et date du même âge planétaire ; mais elle en est assez

nettement séparée par une longue dépression dans laquelle coule la rivière

Conlara, qui va se perdre au nord dans les salines. Les hauteurs de San

Luis ont l’aspect de fières montagnes sur leur pourtour de l’ouest et du

nord, côtés par lesquels elles se présentent de la base au sommet; mais ce

wbord cache un plateau mamelonné ayant en maints endroits l'aspect d'une véritable plaine. L'une des plus hautes cimes, le Monigote (1966 mètres), est un de ces mornes du rempart extérieur; de même le Giganlillo, « petit Géant », qui fait face, par delà la profonde dépression de la Cañada, au Gigante de l’extrème chaiînon des Andes. Les gneiss de la sierra

! wetin de Moussy, ouvrage cité.

se distinguent de ceux du système cordovais par leur extrême abondance en quartz et en mica. Les ruisseaux de la plaine semblent couler sur des paillettes d'argent, et les masses de quartz pur se dressent au sommet des collines comme des propylées de marbre. A l'est du Monigote une petite rangée de mornes volcaniques s’aligne transversalement à l'axe du système comme dans les montagnes cordovaises : un de ces mornes est le Tomolasta, sommet culminant du plateau et de tout le massif (2117 mètres):

Page 1