SIERRAS DE SAN LUIS, DEL IMAN, DE LA VENTANA
ina, une véritable chaîne se redresse en croupes de 300 ou 400 mètres u-dessus des campos. Dans l’isthme formé par le rapprochement des deux fleuves,, au sud-est de Posadas, une première rangée d’élévations & dessine du sud-ouest au nord-est : c’est la sierra del Iman ou de «J'Aimant », ainsi nommée sans doute par les Jésuites, qui avaient trouvé du fer magnétique dans ses assises. Plus loin, vers le nord et l’est, les couches de grès et les roches primitives, qui vont se rattacher au système brésilien, se relèvent par degrés dans la direction de la serra do Mar.
Des chaînes distinctes s'élèvent aussi à l’est des Andes patagones, dans h province de Buenos Aires et les territoires du sud. Un premier alignement de crêtes se profile du nord-ouest au sud-est parallèlement au bas Paranä, continué par le rio de la Plata, et se termine aux pointes du cap Wrrientes. Les mornes les plus élevés de cette crête, décomposée en plusieurs fragments, atteignent 340 mètres dans la sierra de Tandil; plus loin, au sud-est, la sierra del Vulcan se dresse abruptement, quoique à une hible élévation (275 mètres) : comme les autres massifs de la contrée, le est formée de granits, gneiss, de roches archaïques, non de laves, ainsi que pourrait le faire supposer cette appellation de Vulcan, mot d’origne pampéenne qui aurait le sens de « brèche » et qui s’appliquerait au hrge passage ouvert entre cette chaîne et la sierra de Tandil'.
Plus au sud, les divers massifs qui s’élèvent au nord de Bahia Blanca, et que l’on désigne d'ordinaire sous le nom de montagnes de la Ventana, se décomposent en chaînons parallèles, d’une direction analogue à celle du Tandil et des voleans. Les sommets les plus fiers, situés dans la chaîne proprement dite de la Ventana, dépassent l'altitude de 1160 mètres”: mais ils atteignirent autrefois à des hauteurs beaucoup plus grandes. Roches de quartzites blanchâtres, rayées de rouge en maints endroits par les oxydes ferrugineux, ces montagnes appartiennent aux âges les plus anciens de la Terre : elles existaient bien avant l'apparition des Andes, et probablement furent alors parmi les colosses du continent; ce sont les lragments de masses énormes presque entièrement désagrégées par les météores, La vallée du ruisseau Sauce Grande, qui sépare la chaîne de h Ventana et celle du Pillahuinco, fut jadis emplie par les glaces : des roches moutonnées indiquent le passage de l’ancien fleuve cristallin”; actuellement la Ventana se revêt d’un peu de neige tous les ans. La sierra n'est que très faiblement boisée, et de plusieurs endroits parait com-
! Martin de Moussy, ouvrage cité,
* 1250 mètres, d'après Aguirre, # Rodolfo Hauthal, Revista del Museo de La Plata, tome NII, 1892,
plètement nue. Son nom, Ventana ou « Fenêtre », lui vient d’une ouverture qui se montre près de la cime, laissant voir un coin du ciel bleu.
L'intérieur de la Patagonie, dans la région que traversent les rios Coloado et Negro, se hérisse de crêtes rocheuses, granits et porphyres roses, qui semblent des vapeurs légères au soleil du matin. Ces diverses chaines, connues sous le nom générique de mahuida, qui signifie « montagne » dans la langue des indigènes, ont une hauteur moyenne de 400 à 500 mètres,