C. Perron
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guay, de nombreux voyageurs ont suivi l'exemple du prêtre Morillo qui, en 1780, descendit le cours entier du fleuve; mais le voyage comporte lnt de dangers d’échouage, sans compter le péril d'attaques à main armée, que les expériences heureuses n'ont suscité aucune entreprise régulière de navigation : des bateaux à fond plat, transportant quelques marchandises et mettant des mois entiers à faire le voyage d'aller et retour, ne peuvent entrer en concurrence commerciale avec le chemin de fer qui xix. 78
018 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE, pénètre de Buenos Aires dans la province de Jujuy par une ligne continue de rails,
En échappant aux montagnes pour descendre au sud-est par la pente
naturelle de la plaine vers le Paraguay, le Bermejo se trouve presque
brusquement arrêté par le manque de déelivité, Il se bifurque, se divise en nombreux rameaux à droite et à gauche, cherche à se creuser un lit, à se frayer une voie normale, et s'épand çà et là en bassins d'évaporation, Sur la largeur d'une centaine de kilomètres, on constate l'existence de tout un écheveau de rivières vives ou mortes, ici des eaux courantes encore, ailleurs des lacs, des marécages, des fosses d'eau stagnante, En presque toute cette étendue, les anciennes forêts, ont disparu, tuées par la surabondance des eaux d'inondation’. Encore au milieu du sivele, [a fosse la plus méridionale, conservant le nom de Bermejo, ramassait ces coulées en un courant unique pour les porter au Paraguay: mais h formation d'un barrage d'arbres et autres débris fit refluer le flot vers le nord, et maintenant le fleuve continu, qui se développe parallèlement à l'ancien cours, à une vingtaine de kilomètres en moyenne, est le Teuco ou Teuchtach, — mot de langue mataco qui signifie le « Coulant »?, — Depuis la formation du nouveau lit régulier, les inondations latérales ont diminué de part et d'autre, et les alluvions déposées dans les fausses rivières les colmatent peu à peu; l'ancien lit du Bermejo est mème presque à see, sauf dans sa partie inférieure, remplie maintenant d'une eau saumâtre. Peulêtre en un petit nombre d'années ou de décades le Bermejo aura-t-il repris sa continuité normale, comme le Pilecomayo actuel qui, lui aussi, eut ses balancements à la recherche de la pente la plus favorable; toutefois on à employé des centaines de Matacos pendant plusieurs mois pour régler le courant actuel. Dans son cours inférieur, le fleuve, barré de distance en distance par des bancs d'argile blanche, comme ceux du Pileomayo, auquel son régime ressemble d'une manière si remarquable, roule les eaux rougedtres qui lui ont valu son nom. La longueur totale de son cours, en \ comprenant les méandres, dépasse 1800 kilomètres, dont près de 1500 navigables pendant six mois de l'année.
La rivière dite del Juramento n'a pas d'affluents boliviens comme le Bermejo : ses premières eaux viennent des nevados de Cachi, à l'ouest de montagnes de Salta. Foreée à de brusques détours par les remparts des sierras qu'il lui faut traverser, elle change de nom en même temps que de
1 Amadeo Baldrich, Boletin del Instituto Geogräfico Argentino, 1884. 3 Giovanni Pelleschi, Otto Mesi nel Gran Ciaco.
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