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DELTAS DU PARANA ET DE L'URUGUAY

tre, les lacs et les marais qui bordent une grande partie de son cours,

unsi que le Paraguay, le Pilcomayo, le Bermejo, contribuent à régulariser

un régime, recevant le trop-plein en temps de crue et le rendant en

lmps de sécheresse, Le volume d'étiage du Paranä n'est jamais inférieur

que de moitié au volume moyen‘. En comparaison, l'Uruguay présente de

ms grands écarts : lors de ses fortes erues, 11 égale presque le Paranà ;

dans la saison des maigres, ce n'est plus qu'un cours d'eau secondaire, ne

roulant plus que la soixantième partie de son flot d'inondation. On

‘axplique ces oscillations par la région à elimat uniforme qu'il traverse

«par le manque de réservoirs compensateurs sur ses rivages”.

A l'eau contenue dans les lits du Paranä et de FUruguay, il faut

ajouter les nappes souterraines qui S'écoulent lentement dans les profon-

deurs et qui proviennent aussi des pluies tombées dans le bassin fluvial,

lu-dessous des couches supérieures s'étend un lit de sables fluides mêlés

i une nappe d'eau douce et renfermant de petits coquillages fluviatiles.

tete mer souterraine, que la sonde à découverte dans le sous-sol de

Buerus Aires à la profondeur d'au moins 25 mètres, se trouve en com-

munication directe avec le courant du Paranä entre Rosario et San Pedro,

4 se renouvelle non seulement par Les apports directs du fleuve, mais

aussi par les suintements du sol : pratiquement on peut la considérer

comme inépuisable”.

Le delta visible du Paranä et de l'Uruguay se continue em mer par un

della sous-marin qui finira par émerger si le niveau relatif de la terre et

de la mer se maintient sans changement dans ces parages. Des banes,

séparés par des fosses profondes, S'avancent en dehors des îles d'allu-

vions, rattachant au continent l'ilot de Martin Gareia. Les alluvions d'ori-

sine fluviale, qui ont déjà fait émerger des plaines en si vastes étendues,

tavullent activement à combler le vaste estuaire de la Plata. Le Parand,

lCruguay apportent sans cesse des troubles qui se déposent en bancs et

qui, à marée basse, changent l'ensemble du golfe en un labyrinthe de

1], J, Revy, ouvrage cité,

? Comparaison du Parant et de l'Uruguay, d'après Aguirre, Revy et Bateman :

Paranä. Uruguay.

2 850 000 kil, carrés: 588 500 kil, carrés, #700 kilomètres; 1 500 kilomètres, 11110 méèt. cubes; 590 mèt, cubes, ) moyen h Wat 2 0050 ) # 000 h

Étendue du bassin,

Longueur du cours principal.

Débit minimal par seconde.

CA UT .* ) extrème h Æse 169% }

! sur 10 000, Ecoulement : 0%,60 d'eau sur toute la superficie des deux bassins,

Part des alluvions dans les deux fleuves :

> Emilio Godoy, Bolelin del Instituto Geogrdfico Argentino, tome V, 1884,

A, à nt de ss de

chenaux, où les navires s'aventurent avec précaution. L: profondeur moyenne de l'estuaire, mesurée entre Montevideo et Punta de las Picdras, — ligne qui indique la véritable entre, — atteint seulement 4 mètres: elle doit avoir beaucoup diminué depuis une époque géologiquement récente, puisque de grandes baleines s’échouaient autrefois en amont de Buenos Aires, en des parages où elles auraient actuellement trop peu d’eau pour flotter'. L'épaisseur moyenne des eaux dans l'estuaire proprement dit ne dépasse pas 6 mètres, et les creux les plus profonds dans le chenal atteignent le double environ. Naguère, lorsqu'on n'avait pas encore excavé de ports artificiels ni dragué les chenaux, tous les navires se tenaient au large des rives et le débarquement des passagers et des marchandises devait se faire par des lanches à fond plat qui s'avançaient au loin vers le mouillage, et, par un temps calme, au moyen de charrettes qui roulaient sur le sol ferme du fond en ayant de l’eau jusqu'aux essieux, Malgré les phares et les bouées, le long entonnoir de la Plata est fort dangereux pour la navigation : les vagues courtes et chargées de sable, les courants rapides et changeants, les vents furieux, à brusques écarts, ont souvent jeté les embarcations sur les banes, l'Ortiz, l'Anglais, l'Archimède, ou telle île en voie de formation. La superficie totale de l'espace triangulaire recouvert par les eaux de l'estuaire proprement dit, entre Montevideo et la Punta Piedras, est évaiuée à 13 000 kilomètres carrés : l'ouverture présente 98 kilomètres de rive à rive. Le large golfe d'entrée, que limitent au nord le cap de Maldonado, au sud le cap San Antonio, et qui sert de parvis au rio de la Plata, occupe une étendue plus considérable, D'après les observations de température marine faites à bord de la Gazelle, les eaux platéennes descendent au sud jusqu'au cap Corrientes, où elles s'unissent avec deux autres masses liquides, l'une venant des parages tropicaux et l'autre du Grand Océan, par le détour du cap Hoorn*,

Du Juramento-Salado au rio Colorado des frontières de Patagonie, aucune des rivières nées entre le versant oriental des Andes et le massif de Cérdoba n'atteint l'Océan par l'estuaire platéen. Les cuvettes sans écoulement que comprend cette région nord-oceidentale de l'Argentine, et qui sont presque toutes orientées dans le sens du nord au sud, suivant l'axe de la cordillère elle-même, paraissent de formation glaciaire : leur fond est parsemé de blocs anguleux, qui n'ont pas été entrainés au loi, mais que l’action des vents chargés de sable à légèrement usés et qui

1H, Burmeister, ouvrage cité, 8 Annalen der Hydrographie, n° IX, 1876.

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ESTUAIRE DE LA PLATA, BASSINS FERMÉS. 62y

n'ont pas gardé leurs stries primitives. Quelques petits cours d'eau, issue des cirques environnants, déposent à leur sortie une couche de débris, a si leur flot ne tarit pas en entier, il forme au centre de la cuvette un élang salin presque toujours intermittent. Le vent enlève les poussières du fond et les accumule en hautes dunes aux endroits abrités. Le sel qui & dépose dans les dépressions des plaines provient sans aucun doute des couches salifères contenues dans les formations mésozoïques d'origine marine que renferme la cordillère occidentale, sur la frontière commune de l'Argentine et du Chili. Quant aux salines désignées sous le nom de shitrales, elles sont improprement nommées, car elles ne contiennent point de salpêtre : les efflorescences qu'on y trouve à côté du sel marin consistent en gypse et sulfate de potasse". Elles disparaissent sous l'action des pluies et se recouvrent alors d'une épaisse végétation, formée surtout des touffes du jumen, de la famille des salicornes; mais après l'évaporation de lhumidité, les sels blanchissent de nouveau à la surface du alitral.

À une époque géologique récente, toutes les eaux qui descendent des montagnes andines à l'ouest et au sud de l’Aconquija durent s'écouler dans l'Atlantique par le lit du Colorado, dont le bassin était beaucoup plus étendu qu'il ne l'est de nos jours : à la vue des terrains, rien de plus facile que de reconstituer par la pensée l’ancienne ramure du grand leuve maintenant décomposé en bassins fragmentaires. Les rivières les plus septentrionales de l'immense bassin à demi desséché ne fournissent pas un cours bien considérable : le Chaschuil, uni au Fiambala, puis à d'autres coulées issues des hauteurs du plateau, se perd à demi dans une plaine de sables salins qui fut autrefois un lac, puis, se reformant en rivière, pénètre par un défilé dans les plaines de la Rioja, où le flot tarit complètement, De ce point jusqu'à la jonction de sa vallée première avec celle du San Juan, la distance en ligne droite est d'environ 450 kilomètres du nord au sud; mais la plaine sinueuse s'étend librement au sud, et si le fleuve recommençait à couler, nul obstacle n'arrêterait son courant ; les affluents qui se déversaient dans le cours d’eau majeur coulent encore jusqu'à l'issue des montagnes, puis disparaissent, indiqués à l'endroit où ils tarissent par une petite nappe de verdure, Le rio Vermejo (de la Rioja) et le Jachal, qui descendent à l’ouest du massif de Famatina et qui sont plus rapprochés de la cordillère neigeuse, ont assez d'apports htéraux pour maintenir leur courant vif sur une plus grande longueur

! Ludwig Brackebusch, Petermann's Mitteilungen, 1895, Heft VII,

que le fleuve oriental; saignés à droite et à gauche par des canaux d'irrigation, ils n'arrivent pas toujours à se rejoindre, et leur cours inférieur, le Zanjon, s’allonge ou décroît suivant les saisons, sans jamais atteindre le bassin marécageux dans lequel il pourrait s’unir aux eaux du San Juan, Ce dernier cours d'eau, à la ramure de gaves très étendue, sort des montagnes en un courant furieux, capté par des canaux d’arrosement qui se ramifient en tous sens. Cependant la masse liquide restée dans le lit majeur suffit à former une petite rivière navigable, que rejoignent plus bas les égouts des terres irriguées et qui s’épanche dans un ensemble changeant de lagunes marécageuses, le Huanacache. Une autre rivière, celle du rio de Mendoza, descendue du seuil de la Cumbre et portant dans son flot la neige fondue de l'Aconcagua et du Tupungato, déverse dans la même dépression le restant de son eau, et, grâce à cet apport, un faible courant se produit de lagune en lagune à travers les jones. Un canal de « vidange », le Desaguadero, presque à sec pendant une partie de l’année, emporte le trop-plein de ces lagunes salines et descend au sud-est, projetant un bras latéral vers un autre lac, le Bebedero, « boit-tout », où venait aboutir autrefois le grand fleuve alimenté par les neiges de l'Aconquija. “al Du haut des collines qui dominent le Bebedero, à l’est et à l’ouest, on voit “Al dans la plaine le large lit ou cañada par lequel s'épanchaient les eaux venues du nord'. Suivant les années, le lac tantôt se réduit à un fable bassin, tantôt s'étale largement, projetant au loin ses vastes bañados. L'eau

du Bebedero, très salée, laisse pendant les années sèches des banes de sel sur les rivages et les gens des alentours viennent :’ÿ approvisionner. Dans l'ensemble, il paraît que le bassin se dessèche : il finira par se changer en une saline, semblable aux dépressions situées plus au nord sur le parcours de la cañada. Des fontaines d'eau douce jaillissent dans le voisi-

nage immédiat de sources salées. Le Bebedero reçoit à la fois des affluents saturés de sels et des ruisseaux de l’eau la plus pure. Il est même arrivé qu'en perçant au-dessous d’un banc d'argiles salifères, des estancieros ont fait surgir des jets d'eau excellente : une strate de quelques mètres en épaisseur sépare les deux nappes. Ges faits s'expliquent par la ramure | souterraine des ruisseaux qui descendent des monts environnants el qui s'épanchent avec lenteur après avoir disparu dans le sable. Ces petits affluents apportent de l’eau douce, tandis que le courant principal des profondeurs est formé d’une eau saline. Les éleveurs de bétail sont habiles à reconnaître, surtout aux confluents de vallées, les points bas où

1 G, Avé-Lallemant, Boletin del Instituto Geogräfico Argeñtino, tomo V, 1884

S Canaux d'irriours inférieur, ais atteindre le lu San Juan.

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