RESISTENCIA, LA PAZ, PARANA, SANTA FÉ
part des terrains à labourer et à semer en commun. La première colonie russo-allemande fondée au sud de Paranä, non loin de Diamante, a formé de nombreux essaims sur tout le littoral du fleuve, au nombre d'environ dix mille individus. Très unis, habiles agriculteurs, surtout pour la production du blé, excellents éleveurs de chevaux, les émigrés de la Volga prospèrent, et chaque année ils achètent de nouvelles terres pour étendre leurs communes, administrées par l'assemblée générale de tous les chefs de famille, y compris les femmes. Le gouvernement ayant voulu leur imposer la même organisation que celle des autres colonies, ils se révollèrent et on se résigna à les laisser s'administrer à leur guise. Quelques groupes de colons positivistes et des disciples de Tolstoï se sont aussi établis dans cette région de l'Entre-Rios pour essayer d'y vivre en sociétés harmoniques,
Des berges de Paranä, on aperçoit par les beaux soirs, à une vingtaine de kilomètres, les tours et les coupoles de Santa Fé briller au soleil couchant. Cette ville, trois fois séculaire, que Juan de Garay fonda en 1575 et que les Jésuites choisirent pour centre de leurs missions chez les Mocovi et autres Indiens du Chaco, n'est pas située sur la rive même du Parant, mais sur un bras latéral, le riacho de Santa Fé où Coronda, qui s'élargit en lagune et se ramifie en bayous; la rivière Salado vient sy unir dans la ville, Le port, auquel on accède par ce labyrinthe, peut recevoir des goélettes calant 2 mètres, mais le grand trafic se fait par une voie ferrée de 12 kilomètres qui va rejoindre le fleuve à l'escale de Colastiné, où se trouve un creux de 7 à 8 mètres lors des basses eaux. Ville de couvents et d'églises, métropole vénérable où s'assemblaient parfois les congrès pour la diseussion des intérêts communs de la République, Santa Fé fut longtemps délaissée par le commerce et même décelina jusqu'à l'ouverture des voies ferrées et l’arrivée des colons étrangers qui ont mis en culture les campagnes environnantes. Elle se transforme rapidement en eité moderne, grandit en commerce et en population; cependant, malgré son rang de capitale de la province, elle n'égale point la ville de Rosario, mieux située pour le trafic.
Les colonies agricoles qui ont fait la richesse de Santa Fé ont pour cheflieu le bourg auquel on donna, en 1856, le nom modeste d'Esperanza el qui se montre dans la plaine rase, à 50 kilomètres au nord-ouest de Santa Fé, Les « espérances » ont été réalisées. Aux deux cents familles suisses qui arrivèrent, sans trouver même une cabane‘, se sont ajoutés
1 Carl Beck Bernard, Die Argentinische Republik.
des milliers et des milliers d'autres familles, françaises, allemandes, it. liennes surtout; des villes, des villages, des moulins à vapeur, des usines ont surgi de la pampa; les chemins de fer se ramifient dans tous les sens,
La gracieuse Esperanza, aux rues ombragées de paraisos, l'arbre du «pe
radis » ou melia azedarach, porte sur son hôtel de ville l'inscription en espagnol : « Subdivision de la Propriété ». Ce sont en effet la petite et ln moyenne propriété qui, sur ces terres, très inférieures en fertilité natuelle à celles d'autres provinces appartenant à quelques grands propric-