MUSÉE DE LA PLATA
Dessin de Boudier, d'après une photographie.
et de la préhistoire, mettent au premier rang l'établissement de La Plata. Le sol même sur lequel se dresse la ville renfermait des squelettes d’indigènes avec des pierres taillées et des os aiguisés en javelots!.
Le port de La Plata, — l'ancienne Ensenada, — à 7500 mètres du centre de la ville, a réalisé les espérances de ses fondateurs. Son principal bassin, long de 1145 mètres sur 140 mètres de largeur, a 6 mètres 40 de profondeur au-dessous des basses mers, etles plus grands navires, communiquant avec les eaux profondes de l'estuaire par un chenal de 7 à 8 kilomètres, entrent dans le port avec la marée pour débarquer à quai passagers et marchandises; mais ce mouvement se fait presque en entier à destination
de Buenos Aires : à ee point de vue, Ensenada dépend beaucoup plus de la
1 Francisco P. Moreno, le Musée de La Plata.
capitale de l'État que du chef-lieu provincial. De plus en plus apprécié par les expéditeurs, ce port a doublé son commerce de 4891 à 1892. Le gouvernement possède à La Plata de grands établissements militaires, une cale flottante et une escadrille de torpilleurs". Le principal inconvénient du port d’Ensenada et de la ville voisine provient des égouts de Buenos Aires, qui se déversent dans la mer près de Quilmes, à l’ouest et en amont, par la direction normale du courant. Ces trente ou quarante mille mètres cubes d'eaux impures qui se mêlent chaque jour au flot de l'estuaire et qui doubleront, tripleront par décade, menacent le port de leurs alluvions pestifères et forcent les habitants à ne demander leur eau d'alimentation qu’à la nappe profonde des eaux mêlées aux sables du sous-sol.
A l’est de La Plata, il n’y a plus de ville proprement dite dans le voisinage de l’estuaire : le bourg le plus important, Magdalena, se trouve à 5 kilomètres dans l’intérieur, au milieu des marais, et possède quelques saladeros sur le bord de la mer, à l’escale d’Atalaya. De ce côté Buenos Aires a de petites stations de bains; mais les malades, les oisifs et les joueurs de la capitale apprécient surtout les grèves de Mar del Plata, situées pourtant à 400 kilomètres de distance par chemin de fer, près du cap Corrientes. Le pays, âpre, montueux, sauvage, contraste avec les plaines monotones des pampas platéennes, et l'air, renouvelé par les vents du large, y est d’uue pureté parfaite ; mais la mer, parcourue de courants trompeurs, y roule de puissantes vagues et se meut en tourbillons. D’autres stations de bains se fondent sur le littoral, au nord, près de Mar Chiquita, et sur la côte méridionale, à l'embouchure de la rivière Quequen, où s'élève le bourg de Necochea : on y construit une ville pour les baigneurs.
Le chemin de fer qui rattache Mar del Plata à Buenos Aires traverse Chascomus, ou « Ville des Lagunes », ainsi nommée des laguets environnants, puis Dolores, entourée de petits étangs et riche en bétail. Une voie ferrée s’embranche à Maipu et passe à Tandil, ville pittoresque située à 198 mètres d'altitude, à l’entrée d’une large brèche dans la chaîne de montagnes qui se dirige vers le cap Corrientes. Le passage de Tandil était la porte par laquelle les Indiens se ruaient au pillage sur les campagnes de Buenos Aires : aussi, dès 1822, construisit-on un fort sur ce
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1 Mouvement de navigation du port de La Plata en 1892 :
480 vapeurs, jaugeant. . . 838 250 tonnes.
432 voiliers, Manu 430150 »
1 611 navires de cabotage » . . . , 100480 »
Ensemble, 22953 navires, jaugeant. . . 1 068 880 tonnes. Valeur de l'exportation : 25 485 000 francs.
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