‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 63 sur 401 · BERGES, CRUES DE L'AMAZONE · texte numérisé non relu

BERGES, CRUES DE L'AMAZONE

ou beaucoup plus grande aussi que le groupe des lacs canadiens d'où sort ula- le Saint-Laurent, Dans les berges de Pebas, sur le Marañon péruvien, ‘ima Orton a découvert au milieu des couches d'argile multicolore une assise de sont coquillages marins comprehant dix-sept espèces, toutes éteintes, ayant lines appartenu à la fin de l'époque tertiaire’. A cette époque, le Marañon, issu )par- des gorges de Manseriche, formait dans la mer intérieure un delta, qui s'avança graduellement vers l’est et combla peu à peu la plaine*. Peutêtre les eaux s’épanchaient-elles au nord-est, vers la mer des Antilles, par l dépression que parcourent aujourd'hui le rio Negro, le Cassiquiare, l'Orénoque, car les coquilles du haut Amazone ressemblent à des types de D la mer antilienne. Il se peut que l'issue ne fût pas encore ouverte du côté de l'est: les promontoires de Monte Alegre, les hauteurs de Santarem, les autres collines qui s’approchent des rives de l’Amazone, vers sa porte de sortie, sont les restes de la digue qui fermait autrefois le bassin de la mer intérieure et des lacs étagés sur les Andes jusqu'au lac Titicaca.

Les crues annuelles de l’Amazone représentent déjà en altitude une forte part de l'accroissement qui serait nécessaire pour reconstituer l'ancienne nappe à l'intérieur du continent. Régulier dans ses allures comme le Nil, le fleuve des Amazones élève et abaisse alternativement ses eaux suivant les saisons, par une suite de « flux » et de « reflux », où les indigènes voient une sorte de marée et qu'ils désignent par des noms correspondants, l'enchente et le vasante. À son entrée dans le Brésil, il commence à croître dans le mois de février, alors que le soleil, dans sa

— marche vers le nord, fond les neiges des Andes de la Bolivie et du Pérou el ramène au-dessus du bassin de l’Amazone la zone des nuages et des pluies qui l’accompagnent. Sous l’action combinée de la fonte des neiges et des pluies torrentielles, la crue s'élève graduellement jusqu'à 12, même jusqu'à 15 et 16 mètres, et tout à fait exceptionnellement jusqu'à 17 mètres

au-dessus des maigres, se propage de l’amont à laval, et n’atteint le bas

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Amazone qu'en avril, diversement influencée par les crues spéciales de “rqut a . . , 2 D pans dual chacun des affluents. Le Madeira, issu des Andes de l'hémisphère méri-

Lo arént 7 . + A vil dional comme le Huallaga et l'Ucayali, les deux rivières maîtresses du

ateaux,

Marañon, ressemble à ce fleuve par le régime de ses crues, et c’est aussi en avril qu'il grossit le plus; puis après juin il descend rapidement, pour se trouver au plus bas pendant les mois de septembre et d'octobre,

plaine , furent aéditer:

Monde,

Mais les grands affluents du nord, le Japurä, le rio Negro, dont les maigres

1 James Orton, The Andes and the Amazon.

2 W, Sicvers, Venesuela.

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correspondent aux mois de février et mars, puis qui remontent lentement pendant tout le printemps et l'été, se trouvent au plus haut vers le moi de septembre. Ainsi s'établit une compensation dans le Hit inférieur du fleuve entre les eaux qui viennent du nord et celles qui affluent du sud: à la crue des uns correspondent les maigres des autres et le flot des Amazones dépasse toujours le bas niveau que lui donneraient les maigre du Marañon. Toutes les oscillations des tributaires se retrouvent atténuées dans les crues, décrues et recrues ou repiquetes du fleuve majeur.

En temps de crue les îles basses disparaissent, le rivage est inondé, ln lagunes éparses s'unissent au fleuve et se ramifient en vastes mers inlérieures; les animaux cherchent un refuge dans les arpres, et les Indiens de la rive campent sur des radeaux. Puis, quand le fleuve commence à baisser, l'eau, rentrant dans son lit, ruine en dessous ses bords longtemps détrempés, les ronge lentement, et tout à coup des masses de terre s’écronlent dans le flot, par centaines où par milliers de mètres cubes, entrai: nant avec elles arbres et animaux. Les îles mêmes sont exposées à une destruction soudaine : quand les rangées de troncs échoués qui leur ser vaient de brise-lames viennent à céder sous la violence du courant, i suflit de quelques heures où même de quelques minutes pour qu'elles disparaissent, rongées par le ressae; elles fondent à vue d'æil, et les Indiens qui recueillaient des œufs de tortue ou séchaient le produii de leur pèche, sont obligés de s'enfuir précipitamment dans leurs canots, Alors passent au fil du courant ces longs radeaux de trones entrelac qui se nouent, se dénouent, s'accumulent autour des promontoires, s'élagent le long des rives, portant souvent toute une flore d'espèces herbeuses accrochées à leurs troncs et à leur ramure, toute une faune d'oiseaux perchés et de reptiles roulés sur les branches. Autour de processions d'arbres, qui oscillent et plongent lourdement sous le poik du courant, comme des monstres marins où comme des carènes renversées, flottent de vastes étendues d'herbe cannarana, qui font ressembler la nappe liquide à d'immenses prairies. À la descente du fleur, quand le vent est contraire, les bateliers tapuyos amarrent leur eanot à tronc d'arbre charrié par les eaux et descendent ainsi sans employer le rames. Que le vent fraichisse et que les hautes vagues menacent d'ur gloutir l'esquif, les Indiens introduisent leur barque dans une traine d'herbes, qui atténue la force des lames et en régularise le mouvement: remorqués par le tronc de dérive et protégés par l'épaisse couche des gazon accrochés au rivage, ils continuent tranquillement leur route,

La marée atlantique vient au-devant du courant de l'Amazone jusqu

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