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Dessin de Taylor, d'après une photographie.
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ornées de galeries, revètues de faïences, sont ombragées de grands arbres : telle avenue se compose de fromagers, telle autre d'arbres à pain, une autre de palmiers; des jardins d'orangr: : s'entremèlent aux maisons dans les faubourgs de la cité, et d'innoml : des villas, éparses sur la lisière ou dans les défrichements de la forèt, disputent leurs enclos à la végélation spontanée. Mais dans la partie de la ville voisine du port les quartiers ont déjà la physionomie commerciale, et une population affairée s'y presse pendant le jour; car Parä est devenue une grande cité de trafic, la cinquième de la république brésilienne,
Fondée en 1615, Parä s’accrut lentement jusqu'à la séparation du Brésil et de la métropole. Mais alors la ville amazonienne, la plus portugaise de toute la colonie, garda longtemps le pouvoir impérial, et pendant plusieurs années se succédèrent des révolutions et contre-révolutions. A la fin, en 1855, éclata la guerre du « Cabanagem », guerre sociale, mais des plus confuses, dans laquelle agissaient diversement, croisant leurs effets, les haines des Indiens et des noirs contre les blancs, des Brésiliens contre les Portugais, des esclaves contre les maitres, des pauvres contre les riches, des catholiques contre les franes-maçons. À la suite de ces conflits, la ville se trouva presque ruinée : sa population, qui en 1819, sous le régime portugais, s'élevait à 24500 habitants, n’en comptait plus que 15000 en 1848. En 1850, la fièvre jaune fit sa première apparition, les trois quarts des habitants tombèrent malades et les autres s'enfuirent : tout commerce cessa. Depuis, Parä s’est développée d'une manière étonnante : en moins d’un demi-siècle, la population à plus que sextuplé et le mouvement des échanges à plus que décuplé. Des représentants de loutes les races se rencontrent à Parä, où les Portugais dominent. Principaux entreposilaires du trafie, ils ont un grand esprit de solidarité, se créditent et s’entr'aident à l'occasion; une partie du commerce internalional et toute la vente au détail sont entre leurs mains. Le monopole de plusieurs métiers appartient aussi à des immigrants de Porto, et, comme dans les villes d'Espagne, des Gallegos sont les porteurs d’eau. De nombreux déportés, Arabes et Français, évadés de Cayenne, se sont réfugiés à Par.
Quoique situé à plus de cent kilomètres de la mer, le chenal de Parä offre une profondeur de 7 mètres, et de grands navires apportent des objets manufacturés d'Europe, des conserves, des farines, pour prendre en échange du caoutchouc, le plus apnrécié du monde, du cacao, des cuirs, des denrées pharmaceutiques, et parmi de rares produits industriels, les chapeaux de paille du Pérou. La plus grosse part des échanges se fait avec les États-Unis; l'Angleterre et la France suivent par ordre d'activité. L'in-
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