II. Adjectifs possessifs
§ 205. L'adjectif possessif n'a pas besoin, en français, d'être accompagné de l'article.
Il est soumis à quelques-unes des règles de l'article, qui quelquefois le remplace.
1* Comme l'article (Voy. § 195), l'adjectif possessif son, sa, ses, leur, leurs Aoit se répéter derant chaque substantif, Ex. : leur bonne ou leur mauvaise fortune.
2** Comme l'article (Voy. § 196), cet adjectif doit se répéter devant deux adjectifs unis par et, quand ils modifient le même substantif, mais ne se rapportent pas au même objet. Ex. : les nouveaux mariés doivent aimer leur ancienne et leur nouvelle famille.
3** L'article s'emploie à la place de l'adjectif -possessif quand le rapport de possession est assez clairement établi par le sens général de la phrase, ce qui arrive après les verbes réfléchis, et lorsque le sujet de la phrase représente le possesseur. Par exemple, on dira :
et non : sa jambe;
— kma tête ;
— mes yeux ;
— sa vie.
il s'est cassé la jambe ; j'ai mal à la tête, j'ai les yeux malades, il y a perdu la vie,
Cette règle n'est cependaat pas absolue. Ainsi l'on dit \
JfP^«««"^*.J°"M dans la retraite.
11 passe ses jours )
Quand on veut insister sur le rapport de possession ou exprimer une sensation habituelle du sujet, on doit employer l'adjectif possessif. Ex. :
Je l'ai vu de mes yeux. — Elle a sa nùgraine. — Il est incommodé de son bras.
Remarque I. Les adjectife possessi& mienj tien, sien ne
184 GRAJOfAIBE FBAITÇÂISIS.
s'emploient devant nn nom qne dans le langage familier. Ex.: un mien parent, nn sien ami. Encore n'emploie-t-on guère ainsi que mien et sien.
Au contraire, ces adjectifs s'emploient après un substantif ou un pronom dans le style soutenu. Ex.:
Je donne cette raison non comme bonne, mais comme mienne. (DiOT. Aoad.)
Bemabquë il Quand on parle d'une chose, d'un objet inanimé, on remplace, en général, dans le complément direct, l'adjectif possessif par le pronom en et l'article. Ex,.' J'ai vu cette ville, et j'en ai admiré la beauté. Toutefois, dans le style soutenu, et quand les choses sont considérées comme personnifiées, on peut employer l'adjectif possessif. Ex. :
<c Nous anticipons l'avenir comme pour* hâter son cours. » (Pascal.)
De plus, quand il fait partie du complément indirect, l'adjectif son^ sa, ses s'emploie mémo avec les noms de choses. Ex, : j'ai vu cette ville, et j'ai admiré la beauté de ses monuments.
On emploie encore son, sa, ses, quand cet adjectif fait partie du sujet delà proposition ou s'y rapporte. Ex. : vous rappelez-vous cette ville ? Ses promenades sont admirables -- Oette ville a ses agréments.