ACTION SÉPARÉE
(verbe au singulier) Ou votre frère ou votre oncle sera élu.
Ni votre frère ni votre oncle ne sera élu.
Beicabque vu. Une distinction analogne pent être établie pour les verbes qui suivent Fun et l'autre, nitun ni Vautre. Ils se mettent tantôt au singulier, tantôt au pluriel. Ainsi Ton dit : c Ni l'un ni l'autre ne viendra ou ne viendront, — L'un et l'autre se dit ou se disent, i^ Le pluriel est préférable.
Vun ou Vautre ne peut se construire qu'avec le singulier. Ex. :
L'un ou l'autre fit-il une tragique fin? (Boilbau.)
§ 272. Quand le verbe e^re est précédé du pronom ce et suivi d'un sujet à la 3"^ personne du pluriel, il se met luimême à la 8® personne du pluriel. Ex. : ce sont eux qui se sont trompés. Ce sont les Espagnols qui les premiers ont colonisé l'Amérique .
Avec tout autre sujet, le verbe être précédé du pronom ce se met au singulier. Ex. : c'est nous qui devons partir. C'est vous qui l'avez dit.
Remarque I. On trouve aussi le singulier c'e^^ devant un substantif au pluriel, quand ce substantif est suivi du pronom que, lequel annonce un complément direct.
Dans ce cas, le substantif est considéré comme complément direct, non comme sujet : le verbe être a pour sujet la proposition où se trouve le verbe suivant. Ex, :
Ce nest pas les Troyens, c'est Hector qu on poursuit.
(Racine )
On ne dirait pas : C en' est pas les Troyens qui sont à craindre.
Remarque II. Ce peut être attribut ou sujet. Quand il est sujet, le verbe reste au singulier. Ex. :
Ce, attribut.
Ce ne sont que festons, ce ne sont qu'astragales.
(BOILEAU
C'est-à-dire : festons et astragales sont seulement ce (qu'on voit).
Ce, sujet.
Ce n'est plus ces promptes saillies qu'il savait si vite et si agréablement réparer.
(BOSSUET
C'est-à-dire : ce (qu'on remarque dans le prince de Coudé) n'est plus ces saillies.
§ 273. Quand le verbe a pour snjet un nom collectif il peut^ comme nous avons ru pour l'adjectif (§ 210)^ se construire de deux manières :
1^ n s'accorde avec le nom collectif, si la pensée s'arrête sur ce collectif (ce qui a lieu lorsque le collectif est considéré comme général^ et que ce nom est accompagné de l'article le, la^ hs, ou d'un adjectif démonstratif). £x. :
« Cette foule d'adulateurs qui l'environnait se dissipe comme un nuage. » (Massillon.)
2** Le verbe s'accorde avec le complément du collectif, si la pensée se porte sur le complément (ce qui a lieu lorsque le collectif est partitif et que ce nom est indéterminé ou accompagné de l'adjectif indéfini un, une). Ex.:
Force gens font du bruit en France. (La Foittaine . )
« Un nombre infini d'oiseaux faisaient résonner les bocages de leurs chants. > (Fénelon.)
Remarque I. Le verbe s'accorde toujours avec le complément des locutions collectives beaiLcoup de, assez de^ peu de^ bien des, la plupart des, la plus grandepariie des, etc. Ex.: la plus grande partie des hommes ne connaissent que leur intérêt.
Le verbe se met au pluriel, même après un collectif dont le complément au pluriel n'est pas exprimé, quand ce complément est en quelque sorte nécessajreà suppléer. ^a;. :
« La plupart portent sur leur front l'orgueil de leur origine. » (Massillon.)
c Un petit nombre échappèrent. » (J.-J.-EousSEAU.)
Combien à cet écueil se sont déjà bfnsés I (Corneille )
Remarque II. Après le peu de^ suivi d'un complément au pluriel, le verbe suit la règle des collectifs (§ 273) •.
1** Il se met au singulier, si la pensée porte sur le peUf qui signifie alors quantité insuffisante, manque. Ex.: le peu de connaissances qu'il a lui nuit
284 GBAUMAIBE FBANÇAISE.
2® Il se met au pluriel, si la pensée porte sur le complément de fe peUy qui signifie alors simplement petik quantité. Ex.: le peu de connaissances qu'il a lui suffisent
Remarque III. On met le verbe au singulier après plxjLS dHun^ au pluriel après moins de deux, de trois, etc. Ex,: plus d'un témoin a été entendu. Moins de deux ans se sont écoulés.
§ 274. Les verbes impe^^sonnels ont pour sujet le pronom neutre il {il pleut, H importe). Mais quelques-uns d'entre eux peuvent, en prenant un snjet déterminé, devenir simplement neutres ou intransitifs. Ex, : qu'importent de vaines menaces? Les heAles pleuvaimt de toute part.
Remarque I. Quand ces verbes sont ainsi employés avec un sujet déterminé, ils peuvent avoir un impératif et un participe présent (modes inusités dan*» les verbes impersonnets, comme on l'a vu au Tableau du § 102). Ex.: € Tonnez, foudres de Jupiter ! Pleurez, nuages ! etc. »
Les diadèmes vont sur ma iètepleuvant. (La Fontaine.)
Remarque II. Un grand nombre de verbes attributifs peuvent devenir accidentellement impersonnels, ainsi : tl parait, il semble, etc. Ex, :
« // s^élève dans tous les temps certaines âmes bienfaisantes. 3> (Fléohier.)
« Il sort de ses yeux mourants je ne sais quoi de sombre et de farouche. » (Massillon.)
Remaeque III. Le pronom il n'est du reste pas le sujet réel, comme on l'a vu (§ 235); aussi peut-il se sous-eniendre avec certains verbes impersonneU. Ex. : reste à savoir si... — Suffit qn^on vous ait entendu.
3® règles de complément.