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FORMATION DU FÉMININ

§ 33. En général on forme le féminin des noms eo ajoutant un e muet au masculin. Ex. :

ICASC.

ours, cousin,

serin,

FEM

ourse.

cousine.

serine.

marquis,

marchand,

fabricant.

Féif.

marquise.

marchande.

fabricante.

[Obiginf.8 latines. — Cet e muet vient d'un a latin, et, comme l'a latin, il est devenu le signe ordinaire du féminin; il Test même pour les mots non dérivés du latin.]

§ 34. Le plus souYent la formation du féminin amène diverses modifications du mot. Par exemple :

V Les substantifs terminés par l, n, t redoublent cette consonne devant \e du féminin. Ex. :

MA se.

chien, lion, paysan.

?BM.

chiennelionne, paysanne.

MASC

Gabriel,

linot,

chat,

FÉM

Gabrielle,

linotte.

chatte.

2** La plupart des substantife terminés en teur ont le féminin en trice. Ex. :'

MASC

acteur,

imitateur,

adulateur,

actrice.

imitatrice.

adulatrice.

MASC

observateur, persécuteur, tuteur,

FéM.

observatrice, persécutrice, tutrice.

[Origines latines. — Ces terminaison* teur^ trice, viennent des terminaisons latines tor, trix. Ex. : irnîtator, imitatrix»]

Par analogie, le mot ambassadeur fait au féminin ambas-

3** Les substantifs dérivés de verbes et terminés en eur forment leur féminin de deux façons :

1. Ou bien ils changent eur en eresse : la syllabe ewr, qui était frappée de Vaccent tonique, s'affaiblit en er et

LE NOM OU SUBSTAISrTIP. — § 34 28

deyient atone; Yaccmt passe sur la terminaison du féminin, esse. Ex. :

HASO.

VÉM.

MA8C. FéM.

vengeur, pécheur, chasseur.

vengeresse, pécheresse, chasseresse.

demandeur, demanderesse* défendeur, défenderesse, etc.

Le Bnhstekntiî encluinteur forme son féminin de la même façon : enchanteresse.

2. Ou bien ils changent eur en eme (ce qui arrive le plus souvent) ; l'accent reste sur la même syllabe, au masculin et au féminin. Ex. :

KASO. FiM. MA6C. FÉM.

chanteur.

chanteuse.

marcheur.

marcheuse.

buveur.

buveuse.

danseur.

danseuse.

etc.

etc.

etc.

jOîiiQiNES LATINES. — Le mot chanteur a un autre féminin, cantatrice; de même, le féminin â^empereur est impératrice. C'est que, dans ces mots, le masculin ne vient pas du masculin latin (^cantatorem, imperatorem), mais est de formation populaire; au contraire, le féminin est de formation savante et vient du féminin latin (cantatricem, imper atricem).]

4* La plupart des substantifs terminés au masculin en e muet ont au féminin la terminaison essei et dans ces mots l'accent change de place comme dans la première série des noms en eur.Ex.i

tigre,

tigresse.

maître.

maîtresse.

hôte.

hôtesse.

prêtre.

prêtresse.

pauvre.

pauvresse.

nègre,

négresse.

prince.

princesse.

comte.

comtesse.

On trouve encore la terminaison esse dans le féminin de quelques noms isolés, comme :

abbé, abbesse. \ 1 dieu, déesse.

duc, duchesse. | etc. etc.

.K)bioinbs latines. — La terminaison esse vient de la terminaison latine Msa. Ex. : + Prop^etissa, prophéiesse,]

QRAMMAIRB FRANÇAISE.

Bemarque. Quelques noms en e ne changent pas de forme au fémin. Ex. : le on la locataire ^ le ou la propriétaire.

h"" Le substantif époux fait au féminin épouse d'après la règle des adjectifs en eux et en oux (jaUux, jalouse). {Voyez §57.)

6*" Dans les substantifs suirants le féminin s'éloigne plus ou moins du masculin :

fils, fiUe.

gouverneur, gouvernante, héros, héroïne,

lévrier, levrette, loup, louve.

RfiHARQUS. Loup fait naturellement louve ; Juif, Juive ; veuf veuve: les labiales fortes j? et/se changent devant V$ muet en la labiale douce v ( Voyez § 19).

[Origines latines. — On reconnaît dans^/s la trace du latin filius ; dans fUle celle du latin /l/ta ; dans reine, regina.]

T Quelquefois^ par suite de la perte d'anciens substantifs masculins ou par le fait de l'addition au masculin de

neveu.

nièce.

roi,

reine.

serviteur,

servante.

veuf.

veuve.

le féminin est plus court que le

quelque terminaison, masculin. Ex. :

M ASC. FÉM. M ASC. FÉM.

canard, cane. manteau, mante.

chiflPbn, chiffe. mulet, mule,

compagnon, compagne. vieillard, • vieille,

dindon, dinde.

[Histoire. — Mulet e&i un diminutif du vieux mot mul, comme sachet de sac^ jeunet déjeune^ etc.; compagnon est l'ancien cas régime de compain.]

8° Il y a quelquefois des mots tout à fait différents pour le masculin et le féminin. Ex, :

MASC

frère, oncle, homme,

FEM

sœur; tante; femme ;

MASC

cheval, coq,

jument ; poule.

Enfin, dans d'autres cas, le même mot sert ponr le mascolin et le féminin ; anssi, ponr désigner les sexes, ajontet-on les mots mâle^ femelle. Ex. :

oisean maUj oiseau femeUe^ papillon mâle^ papillon femdte.

K0MBBB8.

§ 35. Il y a, en français, deux nombres, le emffuUer et Id pluriel.

Le singnlier indique une seule personne on une seule chose. Ex. : un homme, un livre.

Le pluriel indique plusieurs personnes ou plusieurs choses. Mt. : des hommes, des livres.

FOBMATION DU PLUBIEL.

§ 36. Règle générale. On forme le pluriel en ajoutant une 8 au singulier. J^. : un homme, des hommes, un lion, des lions.

Quelques grammairiens admettent que les substantifs tenninés par ont on ent, du moins ceux qui ont plus dune syUahe (et non les monosyllabes comme dent, gant, etc.), conseryent ou perdent le t au pluriel On doit maintenir toujours le t, f t l'Académie De reconnaît pas d'autre orthograplie (des enfants, des présents^ des diamants^ des appar* tements). Toutefois, le mot gent fidt au pluriel gens.

§ 37. A cette r^le générale de la formation du pluriel par l'addition d'une s il n'y a qu'une exception, plus apparente que réelle : c'est que certains noms prennent au pluriel, non une «, mais un équiralent de l'«, à saToir un X. Ainsi :

1** On écrit avec un x huit noms terminés en ou :

des bijoux,

des glouglou'

— cailloux,

— hiboux.

— choux.

— joujoux,

— genoux,

— poux.

26 aBAHMAIBE F&AKÇAISB.

Mais tons les antres Domsen ousuiyent la règle générale : des licons^ des clons,

— verrous, — sons, etc.

T On écrit également avec nn x tous les noms terminés en aw, eau y eu :

des boyaux, des châteaux, des cheyenz,

— étanx, — cheyreaux, — feux,

— noyaux, — peaux, — jeux,

— tuyaux, — yaisseaux, — lieux.

Un mot d'origine étrangère, landau, s'écrit au pluriel des landaus.

3^ Dans presque tous les noms terminés au singulier en a/, la consonne finale (Q se change en u au pluriel; d'où résulte la terminaison aux. Ex. :

Singulier: Pluriel:

un amiral, des amiraux,

— bocal, — bocaux,

— cheval, — chevaux,

— mal, — maux.

Mais quelques noms en al suivent la règle générale, c'est-à-dire forment leur pluriel par Taddition d'une s au singulier. Ainsi, Ton dit :

des bals, des carnavals. des pals, — cals, — chacals, — régals, etc.

4® Sept noms terminés en ail changent de même cette terminaison, au pluriel, en la terminaison aux :

Singulier: Pluriel:

un bail, des baux,

— corail, — coraux,

— émail, — émaux,

— soupirail, — soupiraux,

— travail, — travaux,

— vantail, — vantaux,

— vitrail, — vitraux.

Mais la règle générale est observée pour les mots suivants:

des camails^ des éponvantails, des mails.

— détails, — gouvernails, — portails.

. Remarques. I. Bercail n'a pas de pluriel.

. II. Le pluriel de létail est irrégulier : bestiaux, IIL Le pluriel du mot ail est en général aulx. ( Voy.

[Oeioines latines et histoibe. — La vocalisation de \% c'està-dire son changement en la voyelle Uy au pluriel des mots terminés en al et ail (aux), a lieu par suite de radoucissement de /en u, fait qu'on retrouve dans plusieurs mots de la langue» Ainsi :

Autre (primitivement altre), vient de alter. D'où altération.

Aube — albCf — alba, D'oti albumine.

Beau — 6e/, — beili4m(aLCc,debeUus),

D'où embellir.

Coii col, - - collum. D'où collier.

Paume — palme, — palma.D'oixpalmipêde^

Sauf — salve, — salvum.

Dans l'ancien français^ de même qu'on disait altre, albe, bel, coU palme, on disait des amirals, des bocals, des chevals.

Le mot composé chevau-Uger (au pluriel : des chevau-légers), est un autre exemple de l'adoucissement de / en w : car la première partie de ce mot composé est au singulier.

Le pluriel bestiaux vient du mot bestial, qui s'employait au* trefois comme substantif aussi bien que comme adjectif.]

§ 38. Plusieurs substantifs n'ont que le nombre plurieL Ex, : arrhes, atours, besicles, broussailles, catacombes^ dé* cambres, dépens, enmrons, mânes, mœurs, etc.

D'autres ne sont guère usités qu'à ce nombre, comme ancêtres, pleurs, etc.; ou bien ils n'ont pas tout à fait le même sens au singulier et au pluriel (ciseau, ciseaux; lunette, lunettes; etc.).

DE l'omission du SIGNE DU PLURIEL.

§ 39. Le signe du pluriel Ls) ne se met pas dans les trois Cft» suivants :

28 ORÂMMAIBB FRAHÇAISE.

V On ne le met pas à la fin des noms terminés an singnlier par une s, un .x on un e, parce qne, en français, on ne met jamais deux « à la fin d'nn mot, et que les lettres xetz éqniralent à une s; on écrira donc :

nn fils^ des fils, | une noix, ' des noiz^ nn nez, ~ nez, | une perdrix, — perdrix.

2^ On ne met pas non pins le signe dn pluriel à la fin des mots inrariables de leur nature on qui sont le signe d'un objet uniqne, par exemple : lesem»^ lesn^; les a^ lèse, plusieurs un, plusieurs qtuztre; des sol, des mi, des/a> etc*

Les siy les car, les pourquoi sont la porte

Par où la noise entre dans Tunivers. (La Fontaine.)

3^ Enfin on ne met pas le signe du pluriel à la fin des mots d'origine étrangère qui ne sont pas considérés comme devenus tout à fait français. Par exemple, on écrira :

des alibi [lattn)^ des intérim [lat.\

— adagio [italien), — kyrie {gr.),

— allegro [ital.), — lazaroni (itaL),

— alléluia (t7a/.), — miserere (/a^),

— andante (iVa/.), — nota bene (/af.),

— ajVé [lat.), -— pater (lat.),

— carbonari [ital.), — post-scriptum [lat,),

— ciceroni [itaL), — quatuor [lat,),

— credo [lat.), — quintetti [ttal,),

— dilettanti [ital,), — soprani [ital,)^

— ecce homo [lat,), — statu quo [lat.),

— exeat [lat.), — te deum [lat,),

— ex-voto [lat.), — vade mecum [lat,),

— fac-similé (lat.), — veto [lat.).

§ 40. Ces règles sur Tomission du signe du pluriel, dans les noms d'origine étrangère, sont du reste sujettes à contestation. L'Académie, dans la dernière édition de son Dictionnaire, écrit :

'des accessits,

— agendas,

— alibis,

— alinéas,

— alléluias,

— altos,

-^ andantes,

— apartés,

— autodafés,

— bénédicités,

— biftecks,

— bravos,

— concertos,

— déficits,

des dominos,

— duos,

— factotums,

— factums,

— folios,

— imbroglios,

— impromptus,

— macaronis,

— opéras, •— oratorios,

— panoramas,

— pensums,

— pianos,

— placets,

des quidams,

— quintettes,

— quiproquos,

— quolibets,

— récépissés,

— reliquats,

— solos,

— spécimens,

— tilburys,

— torys,

— trios,

— vivats,

— zéros.

On écrira de même avec une s le pluriel des mots suivants, qui n'est pas indiqué par TAcadémie :

des budgets,

— débets,

— dioramas,

— fraters.

des magisters,

— mémentos,

— muséums,

— rectos.

des versos,

— ténors,

— tibias.

Remakqub. — Sur quelques-uns de ces mots, la langue française a, pour ainsi dire, mis sa marque, en altérant la forme latine par quelque détail d'orthographe, ne fût-ce que par l'addition d'un accent.

§ 41. Enfin, on écrira encore avec une s le pluriel des mots suivants, dans lesquels l'origine latine ou italienne a tellement disparu qu'on les emploie au singulier, bien que ce soient en latin et en italien des mots au plurie l

Un concetti, -- duplicata,

— errata,

— lazzi.

Des concettis,

— duplicatas,

— erra tas,

— lazzis.

80 OBAMMAIBE FBAKÇAISB.

§ 42. Il n'en est pas de même des mots italiens dont la langue française a également adopté le singulier et le pluriel, et dont, pour cette raison, nous ayons indiqué le pluriel comme devant être sans s. Ex. : Un carbonaro, des carbonari; un dilettante, des dtlettantïy etc.

§ 42 bîs, La langue française a aussi adopté le singulier et le pluriel du mot anglais : lady, ladies.

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