‹ Nouvelle grammaire françaiseChapitre 67 sur 176 · IRRÉGULIERS · texte numérisé non relu

IRRÉGULIERS

N. B. Ces remarques correspondent, paragraphe pour paragraphe, et numéro pour numéro , aux verbes irréguliers contenus dans les Tableaux qui précèdent.

Verbes Irréi^uliers de la i '^ conjvi^aiiioii.

§ 133 bis. Les irrégularités du yerbe aller viennent de ce qu'il a trois radicaux :

Le premier se trouve aux trois personnes du singulier de rindicatif préseut, et à la 3® personne du pluriel du même temps {je vais, tu vasy il va, ils vont);

Le deuxième est au futur et au conditionnel (J irai, f irais);

Le troisième apparaît aux deux 1"*'* personnes du pluriel de rindic. présent {nous allons, vous allez), à l'infinitif et au participe présent {alkr, allant), et au parfait défini {j'allai).

[OftiaiNES LATINES. — Dansles deux premiers de ces radicaux, on reconnaît ceux des verbes latins qui ont le même sens (yadere, ire), — L'origine du troisième de ces radicaux paraît être f adnare, nager vers, comme arriver vient de 4- adripare, aborder.]

Verbes Irré^^iiliers de la Z^ coi»J«§ralsoii*

§ 134 bis. Remarque générale. — Les verbes irrégu' liers de la 2® conjugaison sont les verbes en ir qui n'ont pas la syllabe iss aux trois personnes du pluriel de l'indicatif présent, au eubjonctif présent, au participe présent et à l'imparfait (indicatif). Une vingtaine seulement (énumérés au Tableau des verbes iiTégulievs, § 134, p. 104 et suiv.) n'ont pas cette syllabe. Ce sont les plus anciens de la langue.

VERBES IBRÉGULIBRS EN ir. — § 134, hù 121

La yéritable irrégularité des yerbes en ir sans la syllabe iss n'est pas d'être déponrvas de cette syllabe^ c'est de n'offirir aucun modèle commun de conjugaison, et de for» mer d'une manière un peu capricieuse leur parfait défini et leur participe passé.

I. Ainsi l'on peut ranger dans une jfremière classe ceux qui ont le parfait défini en is; mais parmi ceux-là, V il y en a qui ont leur participe en i. Ex. :

bouillir,

cueillir,

dormir,

faillir,

fuir,

mentir,

oufr,

partir,

repentir (se),

servir,

sortir,

tressaillir,

je bouillis, je cueillis, je dormis, je faillis, je fuis, je mentis, j'ouïs, je partis, je me repentis, je servis, je sortis, je tressaillis^

bouilli ; cueilli ; dormi ; failU;

fui;

menti ; ouï; parti; repenti ; servi ; sorti ; tressailli.

2** Il y en a qui ont leur participe en u. Ex. : vêtir, je vêtis, vêtu ;

férir.

{inusité)^

féru.

8** Il y-en a dont le participe passé se forme en altérant de diverses manières le radical du verbe. Ex. :

[ acquérir, j conquérir, ( requérir^

oflk*ir,

souffrir,

[Origines latines. — La plupart de ces participes s'expliquent par les formes latines d'où ils dérivent ou par Tanalogie de formation : acquisitumy conquisitumf apartum, etc.]

j'acquis.

acquis ;

je conquis.

conquis

je requis.

requis ;

j'offris.

offert ;

je souffris,

souffert

Remarque. Plusieurs des verbes de la 1~ classe ont leur indicatif présent et leur impératif semblable à celui de la 1'® conjugaison (sans s) : cueille, offre, souffre, ouvre, couvre.

II. Une seconde classe se compose des yerbes en ir, qui ont le parfait défini en us. Mais tantôt ils gardent Vu au participe passé. Ex. :

courir, je courus, couru ;

tantôt ces yerbes forment ce mode par une altération dr radical du yerbe français. Ex. :

mourir^ je mourus^ mort.

[Obigines latines. — Cette dernière forme s^explique par le participe latin mortuum.]

III. Eufin^ dans la 3° classe se rangent deux yerbes dont le radical est altéré au parfait défini et dont le participe passé est en u. Ex. :

tenir, je tins, tenu.

venir, je yins, yenu.

Remarques particulières. — Quelques-uns de ces verbes demandent à être étudiés séparément :

i b. — Le yerbe conquérir n'est guère usité qu'à Pinfinitif présent (conquérir), au parfait défini (je conquis) et aux temps composés (f ai, feus, j'avais, f aurai conquis).

L'ancien yerbe quérir, qui yient du latin quœrere, et d'où sont dérivés les verbes acquérir, conquérir, s'enquérir, requérir, est peu usité aujourd'hui, et ne l'est guère qu'à l'infinitif présent.

[ 4. Courir. Histoire, — Les irrégularités du verbe courir et de ses dérivés tiennent à ce que ses formes ne se rattachent pas à l'infinitif courir ^ qui n'est pas très-aneien dans la langue, mais au vieux verbe courre (du latin currere). Ce verbe, qui est resté dans la locution chasse à courre, était de la 4® conjugaison (cowr-re), et donnait régulièrement au présent Je cowrs, que je coure, courant, etc., à l'imparfait Je courais, au futur Je courrai, au conditionnelle courrais, etc. — Le verbe cowrre représentait mieux que le verbe courir Taccentuation du mot latin cûrrere.]

VEBBES IBBÉGULIERS EN ir. — § 134 btS 12f

[ 7. Faillir. Hibtoirb. — Le présent^^/awa? se trouve dans Le Fontaine et dans le vieux proverbe : Au bout de Vaune faut h drap (le drap manque, finit au bout de l'aune, en d'autres termes : Toute chose a sa fin). Quant au futur, le seul adopté par le Dictionnaire de rAcadémie (1835) est : je /audrai(et poui DÉFAILLIR : je 'iéfaudraij. Le futur ^e faillirai^ je défaillirai né manque pas de partisans parmi les grammairiens, et il semble que Ton peut dire : // ne faillira pas à Sun devoir, plutôt que il faudra, qui se confondrait avec le futur du verbe jalloir.j

9 ^.Repartir. — Il faut distin guer repartir et répartir. Le premier signifie partir de notweau, et se conjugue comme partir :je reparsje repartais. Le second signifie distribuer , et se conjugue comme finir : je répartis y je répartissais.

[Origines latines et Histoire. — Ces deux verbes, qui ont un sens si différent, ont une étymologie commune; parliri, partager. Dans l'ancienne langue, c'était le seul sens du mot partir; puis on a dit se partir d'an lieu, c'est-à-dire s'en séparer, s'en éloigner, et enfin farnr,^

9 c. Ressortir. — Il faut distinguer deux verbes ressortir. L'un signifie sortir de nouveau; c'est celui qui se conjugue comme sortir : il ressort, il ressortait. L'autre signifie être du ressort de {l'assortir à), et se conjugue comme finir : il ressortit, il ressor tissait.

Le verbe assortir se conjugue également comme finir : il assortit, il assortissait.

9 d. Asservir. — Malgré l'identité du radical, le verbe asservir ne se conjugue pas comme servir^ mais comme finir : j'asservis, j*asservissais.

1 1. Tenir. — Il faut remarquer, dans le verbe tenir, le d euphonique qui s'intercale, au futur et au conditionnel, entre le radical et la terminaison.

(Grammaire comparative. — De même le mot latin gêner ^ generi a donné, en français, le mot gendre; et tener^ teneri, a donné tendre,]

12. Vêtir. — Le verbe vêtir a une tendance à sortir de la conjugaison sans iss ou cor0ugaison morte, pour entrer dans la conjugaismi avec isa ou conjugaison vivante. Mais,

124 GRAMMAIRB FRANÇAISE.

malgré Tautorité de quelques écrivains du XyiIP et du XIX® siècle (Voltaire, Montesquieu, Lamartine), qui ont employé ce yerbe avec la syllabe ws,rusage a maintenu les formes anciennes, c'est-à-dire sans iss, à vêtir et à son composé revêtir.

Verbes défectifs de la 2'*« conjugaison.

Page 1