DE CERTAINES PARTICULARITÉS DES PROPOSITIONS
§ 165. Au sujet, à V attribut Qi aux compléments on joint quelquefois un mot ou une réunion de mots qui s'en peuvent détacher : c'est ce qu'on appelle une apposition. Ex. :
Alexandre, roi de Macédoine, vainquit Darius, roi des Perses.
Quittez-moi cette serpe, instrument de dommage.
(la fontaine.) [Étymoloqib. — Apposition vient de \ appositionemy action de placer à côté, qui vient de ponere ad, placer à côté.]
Les mots mis en apposition peuvent n'être pas du même genre et du même nombre que le terme qu'ils modifient. Ex. :
Les Romains, nation belliqueuse, firent la conquête du monde.
§ 166. Quand les mots ainsi ajoutés sont ou semblent superflus, ils forment ce qu'on appelle un pléonasme. Le pléonasme n'est acceptable qu'autant qu'il ajoute quelque chose, sincm à la pensée, dumoinfi au sentiment, à l'exprès- Mon.,<^a;. .*
SYNTAXE DBS PROPOSITIONS. — § 169 U7
.... Je Tai vu, dis- je, vu, Ce qu'on appelle vu, de mes propres yeux vu.
(Molière.) Et que m'a fait, à moh cette Troie où je cours ?
(Racine.) [Éttmologib. — Pléonasme vient de «Xtovacr^id;, surabondance.]
§ 167. Quelquefois, au contraire, nn des termes nécessaires à la construction régnlière de la proposition se trouve supprimé ; c'est ce qu'on appelle une ellipse. Ex. :
Aimez votre prochain comme votis-même.^ — La proposition complète serait : comme votes vous aimez vous-même.
L'ellipse est d'un usage très-fréquent dans les réponses à une question. Bx. :
€ Vous voudriez donc des citoyens ennemis de l'oisiveté, et qui tendissent toujours au bien public ? — Oui, sans doute. » (Pénelon.) — La proposition complète serait : Oui, je le voudrais.
Où le conduisez-vous? — A la mort. — A la gloire. (Corneille, Folyeucte.)
Les propositions complètes seraient : « Je le conduis à la mort. — On me conduit à la gloire. %
§ 168 Ij ellipse est encore très-fréquente dans les locutions populaires qu'on ap^We jçfroverbes. Ex. :
A bon entendeur demi-mot. — A bon chat bon rat. — Après la pluie le beau temps, etc.
§ 169. Il y a quelquefois ellipse d'un verbe à un mode personnel, constituant une proposition (Voyez § 158 et 161), dans les exclamations. Ex. :
X Heureux le peuple qui est conduit par un sage roi I »