‹ Nouvelle grammaire françaiseChapitre 157 sur 247 · EXCEPTIONS · texte numérisé non relu

EXCEPTIONS

501. — Quand plusieurs substantifs ou plusieurs pronoms composent le sujet, le verbe s'accorde avec le dernier substantif ou avec le dernier prononL

502. — 1° Lorsque les mots formant les sujets sont synonymes : Son courage^ son intrépidité étonne les plus braves.

Le noir venin, le fiel de leurs écrits

N'excite en moi que le plus froid mépris. (Colardeau.)

La raison en est qu'il n'y a qu'une seule et même idée, quoiqu'il y ait plusieurs substantifs ; puisqu'il y a unité dans l'espiit, il doit y avoir unité dans les mots. (^oy. l'emploi de et aux Oùservationampartieuliéres.) "

503. — 2° Quand les mots composant le sujet sont unis par la conjonction ou : La faiblesse ou l'expérience nous fait commettre bien des fautes.

Le bien ou le mal se moissonne,

Selon qu'on sème le mal ou le bien. (LaCotte.)

Choisissez : l'un ou l'autre achèveba mes peines. (Gobnbille.)

La conjonction ou donne l'exclusion à l'un des deux sujets, et l'accord a lieu avec le dernier, comme frappant le plus l'espriL

50^. — Cependant, si les mots unis par ou sont de différentes personnes, Tusage demande que le verbe se mette au pluriel, et qu'il s*accorde avec la persoime qui a la priorité :

500. Comment l'accord a-t-il lieu quand le sujet se compose de deux ou

de plusieurs «ubstantifs ou pronoms 7

501, 502, 503, 504) 505, 506. Quand plusieurs substantifs ou pronoms composent le siget, dans quel cas le verbe s'accorde-t-il avec le dernier, et pourquoi!

SYNTAXE DU VERBE. l!il

Vous OU moi PARLERONS; VOUS OU votre frère viendrez; 5*05. — 3° Quand les mots composant le sujctsont placés par gradation : Ce sacrifice^ votre intérêt^ votre honneur^ Dieu l'exige.

Le motif de cette exception est que, dans toute gradation, le dernier mot est l'expression dominante, celle qui efface toutes les autres,

506. — U° Lorsque les mots formant le sujet renferment une expression qui réunit en elle tous les mots qui précèdent, comme tout, rien, personne.

Le temps, les biens, la vie, tout est à la patrie. (Gbesset.)

Voisins, amis, parents, diacun puéfèbe son intérêt à celui de tout

autre. (Lemabb.)

Ces sortes de phrases sont elliptiques, c'est comire s'il y avait : Le

temps, les biens, la vie sOfîT à la patrie, tout est A la patrie, •—

Voisins, amis, parents PBÉFiBEiCT leur intérêt à celui de tout autre^

chacun ptéfère son Intcrât à celui de tout autre,

507. — Dans ces deux derniers cas (505, 506), Fadjectif qualificatif suit Ja même loi que le verbe : Le fer, le bandeau, la flamme est tq/tte PBÊTB (Racikb). La fortune, les hoimeurs, la gloire, tout fut digne de lui (Laharpb).

Remarques sur l'application de la règle qui a pour objet raccord du verbe avec le sujet (499).

508. — Premih'e remarque. Quand deux sujets, substantif ou pronoms, sont unis par une des conjonctions, comme, de même que, ainsi que, aussi bien quç, le verbe s'accorde avec le premier sujet, le second sujet appartenant à un verbe sousentendu :

L'enièr, comme le ciel, prouve un Dieu juste et bon. La vertu, ahisl que le savoir, a sou prix.

C'est comme s'il y avait :

L^enfer prouve un Dieu juste et bon, comme le ciel prouve un Dieu juste et bon. La vertu a son prix, ainsi que le savoir a son prix.

509, i— L'adjectif suit également cette règle : L'autruche a la tête^ ainsi que le cou, gar^nib de duvet, (Buffon.^

507. Dans ces deux derniers cas, Tadj. qualificatif suit-il la môme loi 7

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