SYNTAXE. — PARTICIPE
présents la flexion féminine : « Toutes choses appartenantes à leurs offices. »
Participe passé. — Il importe de distinguer avec soin le participe passé actif, « ayant fait, venu ou étant venun, et le participe passif, « fait ».
Le participe passé passif pris absolument, et dans tous les temps de la voix passive, s'accorde toujours avec le nom auquel il est joint ou avec le sujet du verbe. C'est un véritable adjectif.
Le participe passé passif entre aussi dans tous les temps composés de la voix active des verbes transitifs. En principe, et d'après l'origine de ces temps, le participe devrait toujours s'accorder avec le complément direct du verbe *. Mais de très bonne heure la notion de l'origine des temps composés s'obscurcit, et on fit souvent le participe invariable. Au seizième siècle, on s'avisa de faire dépendre l'accord du participe de la place du complément direct : c'est de là que viennent les règles actuelles du participe, qu'on a tant de peine à apprendre aux élèves de nos écoles. Il est triste de penser que des enfants consacrent des années entières et perdent un temps précieux à se former à la routine d'une règle illogique. L'Académie rendrait un véritable service aux études primaires et rentrerait dans les saines traditions de notre langue, si elle décidait, non pas, cela va de soi, que l'on ne doit plus dire : « La forme qu'il a prise », mais qu'on peut dire sans en rougir : <» La forme qu'il a pris. » L'Académie seule pourrait triompher du préjugé qui prévaut sur ce
1. On trouve, à toutes les époques, des exemples de la faute qui consiste à faire accorder le participe passé avec le régime de l'infinitif qui suit. Montesquieu lui-même a écrit: «La simplicité des lois les a faites souvent méconnaître. »
point, et, en s'y prêtant, elle resterait dans son rôle, qui est de constater Tusage.
Le participe passé, toujours actif, des verbes intransitifs qui se conjuguent avec Tauxiliaire êtrej s'accorde naturellement avec le nom auquel il est joint ou avec le sujet du verbe.
Quelle que soit Torigine des temps composés des verbes réfléchis, le participe passé qui entre dans ces temps doit être aujourd'hui considéré comme un participe passé actif, à cause de l'auxiliaire et du pronom complément direct. Dans « je me suis amusé », amusé équivaut à « ayant amusé ». Deux règles d'accord sont possibles. Ou bien on peut assimiler complètement « amusé » aux participes passés des verbes intransitifs qui se conjuguent avec l'auxiliaire être, et faire accorder le participe avec le sujet. Ou bien, sous-entendant « ayant » devant « amusé », on peut traiter « amusé » comme un participe passé passif de temps composé, et le faire accorder avec le complément direct. Cette distinction n'a plus d'importance * pour les verbes réfléchis proprement dits, puisque le sujet et le régime direct sont identiques. Mais, dans les formes, dites réfléchies, où le pronom régime est complément indirect, il faut choisir l'un des deux systèmes. Avec le premier, suivi par l'ancienne langue, on disait : « Les blessures qu'ils se sont faits, » Avec le second, nous disons : « Les blessures qu'ils se sont faites, »
Le participe passé des verbes intransitifs qui se conjuguent avec l'auxiliaire avoir est un temps composé [ayant dormi), qui off're, ainsi que tous les temps composés de
\ . Elle en avait; môme pour les verbes réfléchis proprement dits, quand la langue avait encore deux cas. En faisant l'accord avec le sujet, on écrivait : « Ils se sont anmsé, » En faisant Taccord avec le régime, on eût écrit : « amusés, »