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Ces flexions s'ajoutent au radical atone

!• Dans les verbes en oir dont le radical se termine par une l : vouloir y falloir, valoir \

2"" Dans deux verbes en ir : courir et mourir ;

3** Dans moudre et {rè)soudre\

Dans conclure, la flexion se substitue à Vu final du radical. Cf. § 400.

Vivre a aussi le prétérit en us; mais la flexion s'ajoute à un radical spécial, qui dérive du radical du parfait latin de ce verbe.

416. — Le radical atone de choir se termine par un e (che). Cet e s'est élidé devant les flexions du prétérit ^ comme devant la flexion oir de Tinfînitif. Il en est de même de Ve de l'ancien radical atone de croif^e (voyez paragraphe 398). Un certain nombre d'autres verbes, devant les flexions du prétérit en uSy ont subi une modification spéciale de leur radical, les uns directement, les autres par analogie avec les premiers. Cette modification a consisté à substituer un e muet à toute la partie du radical qui suivait la consonne ou les consonnes initiales; puis cet e s'est élidé, si bien qu'il ne reste plus dans ces verbes (après les préfixes) que les consonnes initiales du radical, suivies immédiatement des flexions du prétérit 3.

C'est ce qui s'est produit : 1** dans les verbes en où* (sauf asseoir et voir et ceux dont le radical se termine par une /), recevoir, devoir, mouvoir, pleuvoir, pouvoir, savoir;

1. Voyez ce que nous avons dit (§390, 3», note) sur le radical dea verbes en soudt*€.

2. Comme nous l'expliquons dans notre Grammaire du vieux français, les flexions de la première et de la troisième personne du singulier et de la troisième personne du pluriel s'étaient combinées dans ce verbe et les verbes analogfues avec la voyelle du radical.

3. Pour le verbe avoir ^ on a conservé, dans l'orthographe, la voyelle e devant les flexions. Cf. § 399, note 1.

LE VERBE. - œNJUGAISON MORTE 193

2* dans lir€f taire, boire, plaire; 3* dans les verbes enatV?'^ (sauf naître) et en oUre,

Le prétérit du verbe être, tout à fait irrégulier comme radical, dérive des formes correspondantes du latin.

PRÉTÉRIT EN is.

417. — Notre prétérit en is se rattache à trois prétérits différents du latin : aux prétérits en i et en si, avec accent tonique sur le radical aux première et troisième personnes du singulier et troisième du pluriel, et au prétérit en ivi avec accent sur le radical à toutes les personnes. De la fusion* de ces trois temps résultent des flexions qui ne diffèrent des flexions du prétérit en us que par la voyelle tonique, qui est i au lieu de u.

418. — Les flexions du prétérit en is s'ajoutent au radical atone :

1° Dans tous les verbes en ir, excepté courir et mourir (qui ont le prétérit en us), venir ei tenir (qui sont irréguliers à ce temps), et acquérir (où la flexion se substitue au radical) ;

2° Dans les verbes en eindre, aindre, oindre, endre (excepté prendre), andre, ondre. Il faut se rappeler que dans les verbes en eindre j aindre et oindre, le d est euphonique, et que le radical se termine en réalité par une n mouillée, écrite gn,

3** Dans vaincre, battre, perdre, rompre, mordre, tordre p coudre, nuire, cuire, suivre^ conduire, construire, écrire.

Dans naître, la flexion is s'ajoute à un radical spécial, dérivé d'une forme du latin populaire.

\, Voyez dans notre Grammaif^e du vieux finançais, § 323 à 339, comment l'analogie a fondu ensemble ces trois prétérits. — Nous avons expliqué ci-dessus, à propos des verbes inchoatifs, la dérivation du prétérit en ivi(% 380, e).

419. — Comme les flexions du prétérit en ti5, et pour les mêmes raisons, les flexions du prétérit en is s'ajoutent parfois aux consonnes initiales du radical, se substituant à la voyelle radicale. Ce fait se produit :

1* Dans voir et asseoir;

2* Dans acquérir;

3* Dans confire, dire, circoncire, rire, suffire, occire;

4* Dans prendre, faire, mettre.

Impératif,

420. — Dans les trois conjugaisons latines dont nous nous occupons, la flexion de Fimpératif singulier était e ou i. Ces voyelles atones étant tombées, Timpératif singulier du français a d*abord été réduit au radical tonique pur et simple, sauf quand le radical se terminait par un groupe de consonnes appelant une voyelle d'appui (ouvr-e). Mais l'impératif a subi ultérieurement la même modification que la première personne du singulier de Tindicatif, et a pris une s de flexion. Il reste trace de Tancienne règle dans Timpératif va.

L'impératif pluriel est, comme toujours, identique au pluriel de Findicatif présent.

421 . — Dans un petit nombre de verbes, l'impératif est emprunté au subjonctif; ces verbes sont : être, avoir, vouloir, savoir.

Il y a quelques bizarreries. Bien que ce soit la deuxième personne du subjonctif qui fournisse l'impératif singulier, aie, veuille et sache ne prennent pas d's, par analogie avec les impératifs ordinaires en e, qui n'en ont jamais. Vi semi-voyelle des deux personnes du pluriel disparaît à l'impératif de vouloir et de savoir, ce qui ne modifie pas la prononciation pour vouloir. On sait d'ailleurs que l'impéraliF de vouloir a une double forme.

Futur et conditionnel,

422. — Le futur se compose de Tinfinilif suivi de l'indicatif présent du verbe avoir. « Prendre », futur « prendrai ». Mais il faut remarquer que, dans les verbes où la flexion de Tinfinitif est tonique (ceux en oir et en zV), la voyelle de l'infinitif n'est plus tonique au futur et au conditionnel, et doit tomber. C'est ainsi que le futur de devoir est devr-ai, et celui de mourir : moun^-ai. De la flexion de l'infinitif, il ne reste donc que la consonne r, et on peut dire que, en règle générale, le futur des verbes en oir et en ir non inchoatifs se forme en ajoutant rai au radical atone.

423. — L'r de rai est redoublée, non seulement lorsque le radical atone se termine déjà par une r (comme dans mour^rai), mais encore lorsque ce radical se terminait en latin par une dentale : uotV, radical atone ve, radical latin vid, futur verrai^; choir, radical atone che, radical latin carf, futur cherrai.

C'est pour la même raison que asseoir a fait asserrai, forme qui a été remplacée par assiérai ou asseoirai, d'après lei deux radicaux toniques actuels de ce verbe (voyez paragraphe 385, 3°, note 1). Dans pouvoir, le v euphonique n'a pas de raison d'être au futur, et comme le radical latin se terminait par une dentale, pot, on a deux r au futur : pourrai.

424. — Devant la flexion rai du futur (et rais du conditionnel), quand le radical se termine par n ou /, on intercale une consonne d'appui, et 17 se vocalise en u, ou tombe (après ou). C'est ainsi que le futur de voul-oir est

1. Les deux composés prévoir et pourvoir ont eu leur fulur refait sur rinflnitif.

198 GRAMMAIRE HTStOîlïQUE DU FRANÇAIS

vou-d-rai; celui de val-oir : vau-d-rai; celui de ten-ir : tien-d-rai *.

425. -^ Plusieurs verbes en ir conservent par exception au futur Vi de Tinfinitif : sortirai^ partirai^ mentù^ai. D'autres le remplacent par un e muet : ùxssailierm (Xcsldemie, 4 798), cueillerai. %

Subjonctif présent,

426. — Les fle^^ioiis latines du subjonctif présent, pour les trois conjugaisons en ère et en fre, étaient : singulier,

1. am ou eam, iam, 2. us ou cas, ias, 3. at ou enty iai\ pluriel, 1. amm ou eamus, iamus, 2. ati$ ou eoHsj iatiSf 3. ant ou eant^ iant.

Nous avons déjà expliqué (§§ 362 et 363) la dérivation des trois personnes du pluriel. Aux trois personnes du singulier, ïa atone doit être représenté par un e muet français, et les consonnes doivent tomber, à Texception de Tsdela seconde personne. Il en résulte les flexions : 1. c,

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