ETAT POLITIQUE
Le Sanhédrin, conseil souverain, se composait des princes des prêtres, des scribes (Gamaliel en était un) et des princes du peuple (Joseph d'Arimathie en était un).
Rome s'était réservé la sanction de toute peine de mort portée par le Sanhédrin.
Le Sanhédrin tenait ses séances dans une salle attenant au temple. I! y avait des tribunaux inférieurs.
La loi mosaïque était la règle des juges.
L'adultère était puni de mort.
On brâlait vive la fille d'un prêtre qui perdait sa virginité,
La lapidation avait lieu assez souvent. Le condamné était conduit, nu, au supplice. D'ordinaire, on le jetait dans un fossé profond; il se cassait parfois les reins dans sa chute; les premières pierres devaient être lancées sur la tête, Le corps du lapidé était ensuite pendu. On iapidait aussi les femmes, mais elles n’étaient ni dépouillées, ni pendues,
La flagellation (39 coups) se pratiquait assez souvent.
Le crucifiement devint plus commun chez les Juifs, au temps des Romains. Ce supplice était précédé d’une flagellation qui avait pour but d’affaiblir, en faisant perdre beaucoup de sang. Le supplicié, complètement dépouillé, était attaché (1) ou cloué sur une croix, Où il pouvait vivre plusieurs jours. La soif, sur la croix, était un des effets les plus douloureux du crucifiement. L'usage de couvrir un peu l'image du divin crucifié ne démontre pas, dit dom Calmet, d'accord avec la tradition, “ qu'on ait eu cet égard pour Notre-Seigneur Jésus-Christ qui n'était pas connu de ses bourreaux et qui a voulu se charger de la peine et de la honte de nos iniquités.”” Ses ennemis, du reste, tenaient à ce qu'il fût traité comme un vulgaire criminel].
ETAT soCIAL
Les parents avaient une grande autorité sur leurs enfants.
Les mariages, entre proches parents étaient défendus, excepté dans le cas de l’homme marié qui mourait sans postérité; le frère de cet homme en épousait la veuve. ‘“ De là, dit Vandepitte, les deux généalogies de Jésus-Christ, selon
(1) Et alor,s il mourait de faim.
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saint Matthieu, et selon saint Luc, qui font descendre saint
Joseph, l’une de son père adoptif, l’autre de son véritable père.”
Les parents se chargeaient du mariage de leurs enfants, et les futurs époux, très souvent, ne s'étaient jamais vus.
Le mariage pouvait se faire sans Opposition dès l’Age de puberté. Les filles étaient censées nubiles à douze ans. Les jeunes gens se mariaient parfois à treize ans. Le fils d'Amos devint père à quatorze ans.
L’habit se composait d’une tunique, sur la peau, d’une ceinture de cuir ou de lin, et d’une robe ample (ou manteau), portant une frange, {vièce d’étoffe ayant une ouverture au milieu pour y passer la tête. Le calecon n'était pas d'usage, excepté chez les prêtres.
La coiffure était le turban, étoffe roulée autour de la tête (avec ou sans attaches).
Les femmes laissaient flotter leur chevelure.
Les jeunes filles riches frisaient leurs cheveux, se noircissaient les paupières d’une espèce de fard, usaient de miroir d’airain poli et portaient beaucoup de bijoux.
Le voile était d'usage pour les femmes.
La chaussure consistait en semelles de cuir retenues par des courroies. On enlevait ces sandales à l’intérieur. Le pauvre allait pieds nus.
Les mets ordinaires étaient : les fèves, les figues, les raisins, le miel, le beurre, les viandes rôties. Un seul plat de sauce
servait pour tous, et chacun, à son tour, y trempait son : ” pain.
Les Juifs mangeaient avec leurs doigts, et couchés à gauche, sur un sofa ou divan, les pieds nus et tournés vers le dehors. La salle du banquet était ouverte aux curieux, Il y avait prière avant et après le repas.
Celui qui était invité à un banquet déposait ses sandales dans le vestibule. Le chef de la maison saluait l'invité par un baiser, lui faisait laver les pieds, et lui offrait des parfums pour sa chevelure, Pour sa barbe, et même, en certaines circonstances, pour ses pieds. T1 y avait ablution des mains avant le repas.
Les bains étaient très fréquents.
Les maisons, sans cheminées, avaient une toiture plate; on arrivait à ce toit Par un escalier extérieur; les fenêtres n'étaient fermées que par des rideaux ou des Jalousies,.
Les tombeaux des gens de condition, creusés dans le roc, se Composaient d'un vestibule, et d'une chambre sépulcrale où se trouvait une table de pierre: le cadavre, enveloppé dans son linceul, était déposé sur cette table. L'entrée principale était fermée par une pierre, en forme de disque, qui roulait sur une rainure.
Les funérailles, comme je mariage, se faisaient sans cérémonies religieuses. * Le Corps était lavé; les mains et les pieds étaient enveloppés de bandelettes : la tête était couverte d’un suaire, Tou le “orps était ensuite enveloppé d’un linceul, et parfumé avec de la myrrhe et de l’aloës.” (Trochon, p. 386 de son Introduction.) La myrrhe et l’aloës, sommes aromatiques, étaient pulvérisées; on jetait cette poudre sur les bandelettes et les linceuls. Outre les paparents et les amis qui se lamentaient à granus cris, il y avait des jouerrs de flte et des pleureuses de profession.
Les Hébreux avaient peu de chevaux, mais beaucoup d’ânes et de mulets,