ET DE LA SOCIÉTÉ CENTRALE DE MEDECINE VETERINAIRE
Place de rÉcole-de-Médeuinc
M DCGG LXXI
AVANT-PROi'OS
Jamais, mieux qu'à notre épo(|Uc, on n'a senti la nécessité, con)nie hase d'une bonne exploitation du sol, de l'entretien du bétail. Par les engrais qu'ils fournissent, par les produits qu'on en obtient, par leur travail, les bestiaux, en effet, sont l'unique moyen de cultiver la terre avec fruit, de lui conserver définitivement sa fécondité, d'en développer toutes les ressources, de satisfaire entîn aux besoins multipliés d'une production toujours croissante.
De là l'importance extrême des cultures fourragères, destinées à fournir aux animaux, justement considérés aujoui'd'hui comme la clé de voûte de notre agriculture, une nourriture variée et substantielle. Le temps n'est plus où le seul produit des prairies naturelles, des terres en friches, pouvait suffire à l'alimentation des animaux de la ferme. L'extension des cultures, en restreignant l'espace réservé aux pâturages primitifs, a rendu indispensable la recherche de nouveaux moyens d'alimentation, la production de plantes plus nutritives, qu'il a fallu dès lors emprunter à toutes les classes du règne végétal.
Ainsi ont pris naissance les prairies artiticielles qui, en se multipliant, ont si profondément modifié les lois fondamentales de la pratique agricole. Leur premier effet a été d'élever le prix de la terre ; ce qui, par contre-coup, a rendu nécessaire un meilleur choix des plantes devant entrer dans leur composition. En même temps s'est développé, par une conséquence nalurollc, le besoin d'une étude plus approfondie de ces mêmes plantes, dont les espèces peuvent varier à l'infini suivant les animaux à nourrir, le climat. le sol, les moyens d'exploitation dont on dispose, etc.
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En ces circdiit-laiiCL's, on a pu parfois regretlei' (iiu; les iiiuycus propres il acquérir uiio connaissance complète des plantes fourragères ne se soient pas olVerls en proportion do Timporlanco économique et agricole que ces plantes ont acquise. Non que !(?s traités spéciaux fassent défaut; il en est, au contraire, d'excellents, qui enseignent tout ce qu'en ces matières il esl nécessaire de connaître. Nous pouvons citer ainsi, entre autres, la Miiinon rustique du dix-neuvième siècle, le Cours d^ Agriculture pratique de M. Ci. Heuzé, le Traité des plantes fourragères de M. H. Lecocj, etc. Mais n'étant point, sinon très partiellement, accompagnés de la représentation des objets décrits, sans laquelle on ne saurait aborder qu'avec diiiiculté une étude de cette nature, ces ouvrages n'excluaient point une étude nouvelle, principalement figurative, des espèces végétales si variées, comprises sous le nom de Plantes fourragères. C'est cette œuvre que nous avons entreprise en publiant la présente Iconogbaphie, description, accompagnée d'un Atlas, de la plupart des plantes qu'au point de vue de l'alimentation des animaux domestiques il importe de savoir distinguer.
Nous avons compris dans ce cadre, non-seulement les plantes cultivées comme fourragères, mais encore celles qui, 'sans être l'objet d'une culture spéciale, fournissent ou peuvent donner aux animaux des matériaux alimentaires. L'on ne s'étonnera pas de la liste étendue des végétaux se trouvant dans ce cas, eu égard au petit nombre des espèces habituellement cultivées. On devra y voir uniquement la preuve que la culture fourragère n'a pas atteint tout son développement, n'a pas su utiliser encore toutes les richesses que la nature a mises à sa disposition.
Outre les espèces alimentaires, se trouvent mentionnées dans l'ouvrage, d'abord les principales plantes nuisibles qu'il n'est pas moins essentiel de pouvoir reconnaître; puis, enfin, toutes celles qui, sans être nuisibles, et sans offrir non plus d'utilité réelle, se rencontrent néanmoins assez communément dans les prairies et les pâturages pour mériter d'être connues.
Malgré l'étendue de son cadre, l'Atlas de notre Iconographie n'est point et ne pouvait être absolument complet. On le concevra aisément : quelque soin que nous avons pu prendre pour représenter, indépendamment des plantes fourragères essentielles, celles qui, par leurs bonnes ou leurs mauvaises qualités, intéressent le cultivateur, l'éleveur, etc., il ne nous a point été possible d'y comprendre la totalité des végétaux qui, à l'un ou à l'autre de ces titres, eussent pu y entrer. Le champ, en effet, est sans limites; mais il fallait nous borner et nous ari'êter à un choix; nous l'avons fait en nous
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attachant spécialement à représenter les espèces les plus iililcs nu les plus répandues. Quant à celles qui n'ont point été figurées, nous en avons au moins rappelé, dans le tex^te, le nom et les propriélés priiiciiinifs.
Il est presque inutile de lair'c remarquer que cet ouvrage n'est poini une Flore proprement dite, ni un traité de Botanique. Son titre lui traçait un autre plan que nous nous sommes eflbrcés de suivre, d'abord en nous bornant, pour ce qui concerne la description des plantes, ii énuniérerles caractères les plus propres à aider les personnes étrangères ou non exercées aux études botaniques, à reconnaître les espèces; puis en complétant ces indications, pour les plantes spécialement cultivées comme fourragères, par des notions plus étendues sur le mode de culture et leur emploi.
Dans le principe, nous avions eu la pensée de réunir, dans un volume spécial qui devait suivre I'Iconographie, les notions diverses touchant l'emploi alimentaire des plantes et l'alimentation du bétail en général. Mais nous avons senti l'inconvénient d'un double texte dans un ouvrage de cette nature déjà accompagné d'un Atlas, et il nous a paru préférable de réunir à l'histoire même des plantes décrites, les matières devant faire l'objet de ce deuxième volume.
Pour nos descriptions, un ordre était nécessaire. Nous avons suivi l'ordre botanique, le seul qui fût possible, et qui, en réunissant les espèces rapprochées par leurs caractères essentiels et souvent par leurs propriétés médicales ou alimentaires, non -seulement l'ait mieux saisir les rapports naturels des plantes, donne une idée plus nette des groupes les plus importants, mais évite les répétitions et facilite les recherches, même aux lecteurs les moins familiarisés avec ce genre d'études. Ayant à choisir entre les diverses classifications botaniques en usage, nous avons donné la préférence k celle de De Candolle, la plus généralement adoptée aujourd'hui, et aussi la plus simple, en ce qu'elle n'admet qu'un petit nombre de divisions, fondées sur des caractères nets, tranchés et faciles à saisir.
Quant au classement des genres et des espèces dans chaque famille, nous nous sommes le plus ordinairement inspirés de la FJore de France par MM. Grenier et Godron, tout en nous attachant à donner un rang prédominant aux espèces principales, eu égard au point de vue oîi nous nous sommes placés, et dont la détermination sera facilitée, nous l'espérons. par les tableaux synoptiques nombreux qui accompagnent ou suppléent la plupart des descriptions.
Mil \\ W l-l'Ilill'Os,
Imi Ici'iiiinnnl ces quelqiios lignes d'avant-propos, un iiuil de rcnicicioiiicnt aux snvaiils qui onl hion voulu, ponr i'excciilion de ce Iravail, nous aider do leur concours, et parmi lesquels nousdi'vons citer : M. Baille!, professeur de botanique et d'agriculture à l'École vétérinaire il'Alfort, M. F. Plée, l'habile auteur du grand ouvrage de botanique illustrée : les Types des familles des plantes de France^ qui a mis à la fois à notre disposition, avec le plus généreux désintéressement, son doul)le talent d'artiste et de botaniste, et dont les conseils éclairés nous ont été maintes fois du plus iilil(> s(>coiirs.
TABLE MÉTIIOJiKlUI^