‹ Nouvelle iconographie fourragèreChapitre 136 sur 138 · ALGUES · texte numérisé non relu

ALGUES

(iruiipu roiil'uriiiiuit los divorsus moisissures dont lus courus AHCoiiltarn, Mut-ar , etc., sont ooux comniunémoiit compris sous ruppollalion ilc Muccdinées.

0" Tribu. — THIOOBPOHiiH.

Spores mios, distinctus, isolées ou agglomérées, portées à l'extrémité ou sur lu longueur tic lilaments simples ou ramilles coustitnaiit le réceptacle.

Genres nombreux, formés d'espùces croissant sur les matières végétales en décomposition, raiîme dans le tissu des l'enilles vivantes, et dont plusieurs entraînent de grands 'dommages ii l'industrie et à l'agriculture ; telles sont, notamment : — le llolnjtis liassiana, cause de la muscardine des vers à soie ; — le Peronospora infcstans C'asp., se développant dans la maladie de lu pomme de terre.

8' Tribu. — ABTHBOSFOBÉS.

Réceptacle lilameuteux, simple ou ramitlé, formé d'articles bout à bout, se séparant avec plus ou moins de facilité, et oliacuu constituant une spore.

Champignons rudimentaires, parmi lesquels on distingue : — ]q Funutfio vaijans (Fumagiue), formant cet enduit noirâtre qui couvre les bois, les pierres ; — les Penicillum, Aspergillus, constituant les moisissures les plus communes qui apparaissent sur toutes les matières organiques commençant à se décomposer ; — les Oïdium, et notamment l'O. Tucheri, de la vigne, etc.

Famille des ALGUES.

Plantes exclusivement celluleuses, aquatiques, végétant dans l'eau douce, dans la mer ou à la surface des corps humides ; de forme, de consistance et de couleurs très variées, offrant : tantôt une masse (/^ro/ide) allongée en forme de tige, plane ou arrondie, simple ou rameuse, avec feuilles alternes , ou étalée en lames plus ou moins divisées ; molle ou coriace , verte, rouge, jaune ou brune, généralement fixée à sa base par des crampons filamenteux ou par une sorte d'empâtement discoïde , qui jouent le rôle de racine ; tantôt de simples filaments, plus ou moins rameu.x, continus ou articulés, rapprochés ou pelotonnés, isolés, de couleur verte, ordinairement libres, sans racines, formés de vésicules allongées, simples ou soudées bout à bout, et remplies d'une matière verte spéciale [cndochrome] ; tantôt enfin réduites à une simple vésicule ; — le plus souvent recouvertes, sous ces divers états, d'un enduit muqueux, formant une enveloppe commune à tout le système. — Organes reproducteurs très diversement constitués : tantôt par des sporanges (sporiclies ou Ihèques) et des anthéridies groupés, ensemble ou séparément, dans des conceptacles particuliers, saillants à l'extérieur ou renfermés dans le tissu du végétal, et produisant des spores après fécondation opérée, par des anthérozoïdes, sur une masse protoplasmique sans enveloppe ; tantôt par la matière verte de la plante qui se transforme en spores par simple condensation. Le plus souvent, en ce dernier cas, les spores se montrant d'abord sous forme de petits corpuscules renfermés dans des utricules, lesquelles venant à se déchirer, les laissent échapper ; les spores apparaissent alors comme de petits corps ovoïdes ou turliinés, de 1 à '2 centièmes de millimètre, otfraut une partie renflée où reste accumulée la matière verte, et une autre saillante {rostre), à

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laqiipUo soiil alUichtls ;'. i.G cils vibraLilus di\'oi'sciiioiil, (lis[ios(;s, cuiuiiiinii- ((uaiit à CCS spores une inobiUlé extrôiiie, coinparnlilo à celle des animaux inici'osi'opiiiiies, et qui leur a lait donner le nom de Zon.spurc.s ; cette mobilité de peu (le durée , les zoospores se fixant bientôt par leur extrémité rostrale, cessant alors de se mouvoir, et conmiençant aussitôt à germer et à émettre des fllanicnts. La reproduction s'opérant encore, dans ipielques cas particuliers, soit par foiijufjdinm ou union de deux cellules identiques qui s'approclient, se confondent et produisent une si)ore par mélange de leur endochrome , soit enfin par simple scissiparité, c'est-à-dire par extension et division de certaines cellules, devenant cbacune un nouvel individu.

Les Algues, occupant le rang le moins élevé de la série végétale, comprennent les plantes les plus simples dans leur organisation, et se rapprochent, par leurs spores mobiles, du règne animal. Se développant, se multipliant partout avec une extrême rapidité, elles vivent exclusivement dans l'eau ou les lieux humides. Très répandues dans tous les pays, elles viennent, soit dans les eaux douces, à la surface desquelles on les voit communément flotter en liberté; soit dans la mer, où elles habitent, les unes le littoral, les autres la haute mer, à une profondeur de plus de 150 mètres, et où elles acquièrent des dimensions très variables, en rapport généralement avec la profondeur des eaux au milieu desquelles elles vivent. Les plus grandes viennent dans les mers polaires, d'autres à l'Equateur, quelques-unes passant 500 mètres et formant, par leur entrelacement, des îles flottantes de plusieurs lieues. Vivant par absorption de l'eau qui les entoure, elles présentent une composition en rapport avec la nature de celle-ci, et permettant quelquefois de les exploiter utilement. — On les distinguait autrefois en Conferves ou Algues d'eau douce et en Thalassiophylcs ou Algues marines. Une étude plus détaillée de leur organisation, et surtout de leur mode de reproduction, a permis de les diviser en plusieurs tribus, que l'on peut réduire ainsi qu'il suit :

1" Tribu. — PLOHIDÉES.

Fronde exti'êmement variable de forme : membraneuse, foliacée, avec ou sans nervures, rameuse ou simplement filamenteuse; molle, cartilagineuse, parfois incrustée de calcaire, généralement de couleur rose, purpurine ou brune, rarement verdâtre. — Organes reproducteurs offrant les deux sexes ; anthéridies émettant des anthérozoïdes dépourvus de cils vibratiles et non mobiles.

Espèces presque toutes marines, bnbitant les mers des régions tempérées, les plus baut placées, dans la famille, par leur organisation ; les plus remarquables par leur nombre, la variété de leurs formes, généralement élégantes , l'éclat relatif de lem's couleurs, d'où le nom de Floridées qui leur a été donné par Lamouroux. Très multipliées sur le littoral de l'Océan, elles forment un grand nombre de genres, comprenant plusieurs espèces utiles, comme celles de la tribu suivante, et parmi lesquelles nous nous bornerons à citer ; — V Halymenia edulis, — le Chondrus polymorphus (Mousse perlée), — le Rhodymelia palmata (Varech palmé), alimentaires sur les sivages des mers du Xord ; — le Gigartina helminto-rorton (Mousse de Corse), employé en médecine ; — le Corallina officinalis (Coralline), espèce souvent mêlée à la précédente, etc

2« Tribu. — FUCACÉES.

Fronde très variable de forme, arrondie ou aplatie en lame, en éventail on en membrane, entière ou diversement découpée, parfois pourvue d'une tige iîstuleuse, ou de vessies natatoires.

attoif^iuiiit, tliitis <[uol([iies ospùocs, iino loiigiioiir coiiHidôrablo ; nnjinlinincuso on coriiicc, (J'iiiic coulem' Ijruiio ou oliviltro ; so (li5oolorant ou iioii'oisannt h l'air. — OrKtmCB roproductoiir» oITrunt les doux soxcs, ordinalrtiiiiont l'ûunls dans un soûl conceptaclc ; iintluM'idics éineltiiiit "les uiitlieroxoïdes juturvus do cils vibratilcs ; reproduction s'opôraïit parfois par des zoospores.

Ksphces exclusivctnont marines, nombreuses, non moins rcninnpialjles par la varii'rté de leur» formes que par les dimensions extraordinaires qu'elles atteignent quelquefois. Klles abondent dniin tout rOcc-an , do préférenco dans les régions froides, ot so multiplient ii l'inlini sur les côte», oii on les trouve cramponniSes aux rochers, aux pierres, par un orapîltement discoïde, s'étciidant souvent au loin ot occupant des espaces considérables. Portées sur un point par les courants, cos plantes, vivaces, s'y accumulent et forment des bancs gigantesques qui gCncnt et arrêtent la marche des vaisseaux. Klles forment encore ces forêts sous-marines qui servent do refuge et de nid à des milliers d'animaux aquatiques. Elles renferment, ainsi que les Floridées, des substances minérales utiles, de l'iode, du brome, du chlore, de la sonde, etc., et une assez forte quantité de principes azotés ; aussi sont-elles, les unes et les antres, communément exploitées sous le nom générique de Varechs, soit comme substances alimentaires , soit comme engrais. Ainsi , dans les contrées pauvres du Nord, l'Irlande, l'Ecosse , la Laponie, où les fourrages sont rares, plusieurs d'entre elles servent Ma nourriture des animaux; elles doivent alors rtre employées à l'état frais, car dès qu'elles commencent à so décomposer, elles répandent une odeur désagréable qui éloigne ceux-ci. Cette nourriture d'ailleurs, qui conserve toujours la saveur salée de l'eau de mer, n'est guère convenable que pour les animaux à l'engrais, les vaches, les chèvres, les brebis ; au lait des vaches laitières, elles communiquent une odeur de marée assez désagréable. On les utilise également à la nourriture de l'homme, et l'on peut même les rendre toutes comestibles en les lavant à grande eau pour enlever le sel et en les séchant. — Dans les contrées du littoral, ces plantes sont utilisées encore pour la fertilisation des terres. Sur les côtes de Bretagne et de Normandie, elles constituent l'excellent engrais connu sons le nom de Goëmon, et dont la récolte a lieu deux fois par an.

Entre les espèces nombreuses fournies par cette tribu, sont surtout remarquables, par leur abondance et leur emploi fréquent, comme espèces comestibles et fourragères : — celles du genre Varech, Fums L., à fronde aplatie et ramifiée, et dont les plus communes sont ie F. vesiculn.iuî (Chêne marin, Laitue de mer), le F. serratus, le F. nodosîis, etc.; — pi'iis celles du genre Laminaire, Laminaria, fronde plane, supportée par un stipe solide et fistuleux, et parfois extrêmement longue, et notamment le i. esculenia (Varech comestible), le L. saccharina (Varech sucré), le i. digitata, etc., qui sont, en outre, les plus abondamment recueillies comme engrais.

3"^ Tribu. — CONPERVÉES.

Masses cellulaires de couleur verte, de formes très variables, ressemblant quelquefois à des plantes pom-vues- d'une tige, le plus souvent eu lames foliacées, ou en filaments capillaires, simples ourameux, réticulés ou enchevêtrés, ou foi'mant des boules spongieuses, etc. ; masses tantôt fixes, tantôt libres et flottantes ; quelquefois réduites à une seule utricule microscopique. — Organes reproducteurs sans siège déterminé, offrant parfois des anthéridies et des sporanges distincts; reproduction s' opérant le plus souvent par des zoospores, quelquefois par scissiparité.

Espèces presque toutes d'e.an douce, venant dans tous les lieux où elles trouvent de l'humidité et une température convenable, semultipliant parfois à l'excès, pendantl'hiver, dans les prairies ombragées, où elles foi-ment une sorte de feutre qui blanchit en séchant et que l'on connaît sous les noms de flanelle d'eau, de papier naturel • il est utilisé parfois comme du coton ou de l'étoupe. Par leur développement, leur propagation, leur rapide décomposition , ces Algues concourent encore à affermir les terres mouvantes, à les dessécher, les ameublir et les fertiliser.

Les Conferves d'eau douce, formant des espèces nombreuses et incessamment variables, ne peuvent en aucune façon servir ;\ la nourriture des animaux. Sont seides aptes à cet usage quelques espèces marines, notamment les Ulvees, Ulva, constituées par des lames cellulaires foliacées, et dont plusieurs espèces servent comme matière fourragère dans le nord de l'Europe.

,S58 Al-dUKS.

■l" Tribu. — ALOUES ÉLÉMENTAIKES.

Filiuiiciits l'iinioiix oii simples, continus ou cloisonnés, ou simples utricules , rciirormL'S diins une masse siSlivtinifornio. — Organes reproducteurs nuls ; reproduction par accroissement et division des coUnles.

riantes formant ces masses vevdàtres ou diversement colorées, gélatineuses, qu'on trouve principalement dans les eaux douces, sur la terre, sur les pierres humides, et parmi lesquelles on distingue principalement les genres Noslock, TremeUa, Oscillaria, Rivularia, etc., de forme plus ou moins tilamonteuse, et enKn les Protococcus, constitués par de simples vésicules isolées, microscopiques, répandues dans tous les lieux Ininiides, à la surface des eaux tranquilles, et représentant le végétal sous sa forme la plus élémentaire.

Dans ce groupe, on peut ranger les Diatomées, forpées de filaments pi'israatiques, se séparant en fragments polymovplies, enveloppés par une sorte de carapace rigide, siliceuse. Elles abondent dans les fonds de vase de la mer, sur les rochers, où elles se montrent en flocons gélatineux, dans les fontaines publiques, dont elles colorent eu brunies parois, dans le guano. Leur enveloppe solide, accumulée en différents lieux, foi'me des dépôts fossiles constituant certains tripolis et l'espèce de farine minérale appelée rlialomépélite. Cette enveloppe, analogue à celle des animaux inférieurs nommés Foraminitei'es ou Rhizopodes, les a fait ranger par quelques auteurs dans le rogne animal ; clic établit, avec ces derniers, dans tous les cas, une similitude qui montre le passage d'un règne à l'autre et la confusion des caractères aux degrés inférieurs de l'échelle vivante.

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