‹ Nouvelle méditations poétiques: avec commentairesChapitre 42 sur 74 · ADIEUX A LA POESIE · texte numérisé non relu

ADIEUX A LA POESIE

Dont les ailes semblent éclore Aux tardives lueurs du soir.

Peut-être ainsi... Mais avant l'âge Où tu reviens nous visiter, Flottant de rivage en rivage, J'aurai péri dans un naufrage, Loin des cieux que je vais quitter.

Depuis longtemps ma voix plaintive Sera couverte par les flots, Et, comme l'algue fugitive, Sur quelque sable de la rive La vague aura roulé mes os.

Mais toi, lyre mélodieuse.

Surnageant sur les flots amers.

Des cygnes la troupe envieuse Suivra ta trace harmonieuse Sur l'abîme roulant des mers.

J^étais sincère quand j'écrivis ces adieux à la poësie en i824i à Saint-Point, au moment de quitter ma patrie pour les résidences à l'étranger. Je n'avais jamais écrit de vers que dans mes heures perdues. J'étais et je suis resté toute ma vie amateur de poésie plus que poète de méder. Je ne comptais plus rien écrire en vers, ou du moins plus rien imprimer. Les hasards de la pensée et du cœur, les senti-

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ments, les circoDStaoces, les bonheurs, les larmes de la vie, m'ont fait mentir souvent à ces adieux. Peut-être y mentirai-je encore à la dernière extrémité de mes jours ; car je n^ai jamais compris la poésie qu'à deux époques de la vie humaine : jeune pour chanter, vieux pour prier. Une lyre dans la jeunesse, une harpe dans les jours avancés, voilà pour moi la poésie : chant d'ivresse au matin, hymne de piété le soir; Tamour partout.

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