‹ Nouvelle méthode anatomique pour l'investigation du système nerveux. Première partie, étant une lettre enovyée à l'Académie des sciences de Paris le 23. novembre 1851Chapitre 2 sur 2 · C. C. Embranchements et terminaisons des fibres nerveuses · texte numérisé non relu

C. C. Embranchements et terminaisons des fibres nerveuses

D. D. Cônes secondaires de la papille.

JE. E. Fibres rayonnées indiquant l’enveloppe d’épithélium prismatique de chaque cône.

F. F. Lamelles d’épithélium entourant les cônes secondaires.

Figure 2. Terminaisons des nerfs dans les papilles fongiformes de l’homme. Les figures à droite et à gauche représentent les terminaisons les plus communes. La figure du milieu représente une terminaison beaucoup plus rare.

Le grossissement de fig. 1 est de 150 diamètres. Figure 2 est grossie 500 diamètres.

Appendice

1. Si on coupe la racine postérieure de la deuxième paire spinale, sur un chien, on trouve que le nerf occipitalis major perd sa sensibilité.

2. Ce nerf ne se désorganise point à quelque époque qu’on l’examine après cette section.

3. Lorsqu’on coupe la deuxième paire cervicale au-delà du ganglion, la partie périphérique dont le nerf ooiipitale fait partie, se désorganise complètement au bout de quelques jours.

4. La partie de cette paire, qui tient au ganglion, reste toujours à l’état normal, ainsi que ses racines antérieures et postérieures.

5. Lorsqu’on coupe la racine postérieure , on trouve que la partie , qui tient à la moelle épinière, perd sa sensibilité au bout de cinq à six jours.

6. Après la perte de sa sensibilité , on trouve que son irritation peut encore causer des mouvements réflexes, qui à leur tour cessent complètement après un jour ou deux.

7. La partie spinale de la racine se désorganise comme la partie périphérique coupée, comme dans §. 3.

8. Cette désorganisation peut être suivie une petite distance dans les libres du cordon postérieur de la moelle, dans la direction ascendante.

9. En ménageant un bout de la racine postérieure pour le ganglion, on trouve qu’il reste à l’état normal.

10. En considérant le ganglion à son état le plus simple de corpuscule hi-polaire, nous pouvons dire que toute partie des pôles radicals et périphériques, qui est séparée du corpuscule se désorganise, tandis que toute partie des pôles qui est en connexion avec la corpuscule, reste normale.

11. Si le ganglion est désorganisé, ses parties périphériques et radicales subissent le même sort.

12. Après la section des racines antérieures, le bout central ou spinal reste à l’état normal, les fibres du bout périphérique se desorganisent.

13. Après la division d’un nerf, le bout inférieur ne récouvre ses fonctions, que par la formation de nouvelles fibres.

14. Ces nouvelles fibres se forment parmi les anciennes , et subissent les mêmes phases de dévellopement que les fibres nerveuses de l’embryon, se formant toujours à l’éxtérieur et indépendamment des anciennes fibres.

15. Les anciennes fibres ne recouvrent jamais leurs fonctions, que la réunion de la plaie ait lieu par première intention ou non.

16. Les nouvelles fibres se développent du centre à la circonférence , dans les fibres motrices et dans le pôle périphérique du ganglion.

17. Dans le pôle radical elles se développent en s’étendant du bout ganglionnaire à la moelle.

18. Au bout de trois mois après la section d’un nerf sur le pigeon avec perte de substance,

on trouve qu’à la partie périphérique du bout coupé, les fibres sont beaucoup moins développées qu’à sa partie supérieure.

19. On démontre encore la même chose par rapport au développement des fibres nouvelles,

au moyen de la section d’un nerf sur deux points de son étendue , car le bout extrême

renferme des fibres moins développées que la partie qui est au dessus de la dernière

section.

20. Comme régie générale les fibres sensitives se développent à partir des bouts normals périphériques et radicals des corpuscules ganglionncÊres , et s’étendent de là dans les organes périphériques, et dans la moelle épinière jusqu’à une hauteur indéterminée.

21. Le corpuscule ganglionnaire est par conséquent l’organe central pour la formation et la nutrition des ses fibres périphériques et centrales , et d’après cda nous l’appelerons corpuscule neurogenotrophe, et le ganglion le corps neurogenotrophe.

22. La nutrition s’accomplit non pas par une influence de translation des fluides, mais par une action moléculaire, ou de cellules en cellules, dans les jeunes fibres , et ressemble à l’influence d’un nucléus cristallin sur les particules qui se groupent autour de lui.

23. D’après ces faits nous pouvons conclure, que les fonctions nutritives et nerveuses des fibres primitives , sont essentiellement distinctes, et que la première peut s’accomplir indépendamment de la seconde.

24. Je conclus en outre que chaque fibre nerveuse est en connexion avec un corpuscule neurogenotrophe, et vice versa, que partout ou existe un corpuscule neurogenotrophe, il en émané une ou plusieures fibres nerveuses.

25. D’après les §§. 7. 8. et 12. il s’ensuit que les fibres sensitives radicales et les fibres motrices, se développent en sens inverse, les premières entrant, les secondes sortant de la moelle épinière.

26. En admettant donc que les observations de M. Serres sur l’implantation tardive des racines postérieures des nerfs cérébro-spinaux soient correctes, il n’en est plus ainsi par rapport à leurs racines antérieures, dont les corpuscules neurogenotrophes se trouvent dans la moelle épinière et dans l’encéphale.

27. Les fibres embryonnaires, les fibres régénérées, chez l’adulte et les fibres dites de Remak sont toutes de nature identique et possèdent des fonctions nerveuses.

28. Sur un nerf vague simplement divisé , on trouve au bout d’un mois, que la partie périphérique présente les mêmes caractères physiques et morphologiques que les ramifica-

tiens du sympathique, telles que les nervi molles etc.; car elle est grise, semi-transparente et se compose de fibres à nucléus, ovales, parallèles, mésurant de O™*", 015 à 0'“*",03, divisées en faisceaux séparés, dans lesquels apparaissent en premier lieu, une ou deux fibres à doubles contours entourées de fibres à nucléus. Comparez ces résultats , avec ceux obtenus par M. le professeur Valentin p. 160. de functionibus nervorum etc.

29. Déjà au bout de quinze jours après la simple division de ce nerf, l’irritation du bout périphérique , c’est à dire, des fibres nouvelles qu’il renferme, développé une légère douleur. Au bout d’un mois, l’irritation de la même partie est capable de causer le vomissement par l’action reflexe, mais il faut pour cela un pouvoir considérablement plus fort que sur le bout du nerf vague au dessus de la section.

30. D’après cela je conclus que les fibres de Remak sont capables de transmettre des inpressions sensitives.

31. Au moyen d’expériences semblables sur des fibres motrices de nouvelle formation , on démontré encore que celles ci sont capables de conduire des actions motrices.

32. D’après les §§. 28. 29. .30. et 31. il est probable que nous pourrons asseoir sur des bases scientifiques , les degrés de sensibilité et de motricité des nerfs du fœtus et des insectes.

33. Après la section du nerf vague au dessous de son ganglion inférieur, toutes les fibres périphériques se désorganisent comme à l’ordinaire, et celles qu’il renferme à l’état nor- , mal au dessous des ganglions cervicaux sympathiques inferieurs, proviennent de ces ganglions.

34. Après la division de ce nerf au dessus de son ganglion inférieur , on trouve qu’au dessous de se ganglion, une partie de ses fibres se désorganise, tandis que l’autre reste normale.

35. Les fibres normales dans ce cas sont toutes de nature sensitive, les fibres motrices sont toutes désorganisées, car en galvanisant le nerf à cette époque, on trouve que le galvanisme ne produit aucun effet.

36. On trouve en outre que les fibres du récurrent sont toutes désorganisées, tandis que celles de la branche interne du laryngé supérieur sont à l’état normale.

37. Le bout supérieur du vague divisé, se compose d’un mélange de fibres normales et désorganisées.

38. Les fibres déorganisées peuvent être suivies dans ses filets d’origine jusqu’à la moelle allongée. Les filets supérieurs se composent de fibres désorganisées, tandis que les filets d’origine inférieurs sont à l’état normal. Les filets moyens se composent d’un mélange de fibres normales et désorganisées.

39. Lorsqu’on coupe le nerf vague aussi près que possible de son ganglion supérieur , on trouve que le bout au dessus du ganglion inférieur , contient des fibres normales et désorganisées, mais dans des conditions inverses de situation, de celles qui se trouvaient dans le bout supérieur.

D’après les deux §§. précédents, je conclus qu’en faisant la section du vague entre ces

deux ganglions (indépendamment des fibres de la branche du nerf spinal) qu’on divise à la fois les pôles radicals du ganglion inférieur, et les pôles périphériques du ganglion supérieur, et que par conséquent d’après le §. 10. les premiers se désorganisent vers la moelle, tandis que les seconds ne se désorganisent que vers la périphérie.

41. Sur les oiseaux, le nerf vague, outre le ganglion qu’il présente dans la fosse jugulaire, en présente un second dans le thorax, un peu au dessus du point ou il donne le nerf récurrent. Ce ganglion qui n’a point été signalé par les anatomistes, me parait être l’homologue du ganglion inférieur du vague des mammifères.

42. Chez le moineau les corpuscules ganglionnaires de ce ganglion inférieur mésuraient, après une légère macération dans l’eau, de 0,““025, à 0,™”‘05.

43. En coupant le vague chez le pigeon à la région cervicale, on obtient les mêmes phénomènes quant à l’altération des fibres des bouts inférieurs et supérieurs , qu’après la section de la partie inter-ganglionnaire du vague chez les mammifères ; c’est à dire, que le bout inférieur contient des fibres normales et des fibres désorganisées, dont les premières sont les pôles radicaux du corps neurotrophe inférieur, tandis que les seconds appartiennent au corps neurotrophe supérieur du vague. Le bout supérieur se compose également de fibres normales et désorganisées ; les premières appartenant au pôle périphérique, les secondes au pôle radical décentralisé du corps neurotrophe inférieur.

44. Après la section du cordon sympathique cervical, comme nous savons, le bout inférieur reste normal y et le bout supérieur se désorganise. Cette désorganisation s’étend jusque dans le ganglion parmi les corpuscules ganglionnaires, mais il ne se transmet pas jusqu’à la partie supérieure du ganglion; car on trouve que toutes les fibres du rameau supérieur sont normales, et le galvanisme du ganglion et de son rameau supérieur produit la dilatation de la pupille, et la rétraction de la membrane nyctitante dans les chats.

45. En isolant le ganglion cervical supérieur des nerfs spinaux et crâniens , et de toutes ses branches excepté son rameau supérieur, on obtient encore le même résultat en galvanisant le ganglion et son rameau supérieur, plus de deux semaines après l’operation.

46. Lorsqu’on divise le rameau supérieur du ganglion cervical supérieur, il se désorganise et s’atrophie, et les fibres altérées ont été suivies par moi jusqu’au ganglion opthalmique.

47. D’après l’expérience du §. 44. nous voyons qu’il existe une connexion entre les fibres tubulaires, et les corpuscules du premier ganglion cervical du sympathique, toute differente de celle qui a lieu dans les ganglions spinaux. La connexion entre les fibres du cordon S3'mpathique cervical et le premier ganglion, me parait être de nature purement fonctionnelle , tandis que pour son rameau supérieur, la connexion avec le ganglion est de nature nutritive.

48. Les corpuscules ganglionnaires servent donc dans ce cas, à mettre en rapport fonctionnel ces fiibres de sources différentes. D’après l’observation précédente, nous pouvons nous former une idée comment dans la moelle épinière et le cerveau, les fibres peuvent être

mises en connexion fonctionnelle les unes avec les autres, comme cela s’observe par exemple dans les phénomènes reflexes etc.

49. Après l’extirpation du ganglion cervical inférieur, chez un jeune chien, j’ai trouvé à sa place, au bout d’un mois, un nouveau ganglion prèsque semblable, qui se composait d’une matière granuleuse, renfermant quelques corpuscules ganglionnaires très petits. Toutes les fibres nerveuses qu’il renfermait étaient des fibres à nucléus , ainsi que celles du cordon du sympathique à ses parties inférieures et supérieures.

50. Pour démontrer que dans la grénouille les branches communicantes des quatres paires spinales inférieures ont leur source dans les ganglions du sympathique, et non dans la moelle épinière, je coupe ces quatre nerfs spinaux immédiatement à leur sortie du canal vertébral. Au bout de deux mois environ on trouve que les branches communicantes sont encore normales, tandis que les fibres spinales divisées sont toutes désorganiséés dans le membre supérieur correspondant. Parmi ces fibres spinales désorganisées , on distingue aisément les fibres sympathiqnes normales signalées par M. M. Bidder et Volkmann , qui se distinguent des premières par leur moindre diamètre , qui est environ le quart de celui des fibres spinales , par leur manque de doubles contours, et par leur nombreuses varicosités. Elles sont tantôt rassemblées en faisceaux, tantôt mélangées en diverses proportions avec les fibres spinales. Dans les filaments purement musculaires, elles sont en très petite quantité. Dans les filaments sentitifs de la peau, elles sont très abondantes.

51. Puisque les fibres des Remak sont des fibres nerveuses ayant subies un arrêt de développement , il est probable que les fibres musculaires non striées auxquelles elles se distribuent, sont aussi de même nature que les fibres striées , ayant subies un arrêt semblable. Le mélange de fibres striées avec celles non striées dans l’ésophage, l’iris, etc. et autres faits, confirment cette opinion.

52. La situation diiférente des corpuscules neurogenotrophes des fibres sensitives et motrices, me parait donner la solution de plusieurs faits physiologiques et pathologiques, qui sont autrement inexplicables. Ainsi cela nous rend raison d’une manière assez probable de l’extrême irrégularité dans l’orgine et la distribution des nerfs moteurs crâniens , qui ont été rassemblés par Sir Ch. Bell dans son système de nerfs dites respiratoires. Pour expliquer les anomalies des nerfs moteurs, nous n’avons qu’à admettre, qu’à l’époque de leur émission des parties centrales, ils sont été soumis à des causes perturbatrices , lors du développement des parties si compliquées, que celles qui composent la moelle allongée. C’est d’après ces raisons que les nerfs de la troisème , quatrième , sixième , septième , neuvième paires et accessoire des Willis, nous offrent tant d’anomalies , soit qu’on les regarde par rapport aux nerfs rachidiens, soit par rapport à leur différence dans la sérié animale. La régularité dans l’origine et la distribution des nerfs sensitifs crâniens, i. e. les nerfs trijumeau, pneumogastrique et glossopharyngien, s’explique de son côté par la situation externe de leurs organes neurogenotrophes.

53. La situation intime des organes neurogenotrophes nous permet de comprendre la raison de la grande fréquence des paralysies de mouvement observées par les pathologistes, en comparaison des paralysies de sensibilité.

54. Pour les mêmes raisons c’est surtout sur les racines antérieures des nerfs spinaux, que s’obseveront l’atrophie et la désorganisation dans les cas de maladies de la moelle épinière, tandis que les racines postérieures resteront au contraire intactes, même dans les cas de paralysie de sensibilité , pourvus que leurs organes neurogenotrophes restent intacts.

jyy. s.

Fl.'J.

L^// . )t. l!'.7//cr -ir/ uur. u^j.

,-^ Al-

Page 1