AVERTISSEMENT
On ne saurait trop recommander, à ceux qui veulent travailler avec fruit le chant liturgique, d'étudier très soigneusement les Leçons préparatoires qui ouvrent cette méthode.
Ils se rappelleront, en les étudiant, cette parole d'un excellent professeur :
c Le chantre ne doit pas oublier que pour être bon chanteur, il faut être auparavant bon lecteur. 11 est donc absolument nécessaire de faire des exercices de lecture, en choisissant, de préférence, les psaumes et les récitatifs liturgiques. Quiconque n'apporte pas à ce genre d'étude l'application et la bonne volonté nécessaires n'arrive forcément, malgré les qualités de sa voix, qu'à une regrettable médiocrité. » (Abbé Bretècher, Manuel du chanteur grégorien.)
C'est pour faciliter cette étude que chacune des divisions de ce petit ouvrage renferme ou indique, fruits de quinze années de professorat grégorien, des exercices plus nombreux ei plus complets que dans les autres publications de ce genre. Les divers paragraphes sont aussi disposés en caractères de grandeurs différentes : le plus fort pour ce qu'il est absolument indispensable de savoir dès le début (cours préparatoire), les autres qui constituent la méthode proprement dite. On pourra étudier les alinéas écrits en plus petit caractère, en faisant la revision de l'ouvrage.
C'est également pour donner toutes les garanties voulues que chacun des principaux exemples (au moins dans la première moitié de l'ouvrage) est transcrit en double notation, grégorienne et moderne.
La méthode pédagogique suivie est la même qui a déjà été employée dans nos précédents ouvrages classiques sur le chant grégorien. Ceux qui voudraient de plus amples explications les trouveront, dans le Cours complet, au premier livre duquel correspondent presque constamment les chapitres du présent volume. Ils on compléteront utilement les données au moyen des Origines du chant romain, qui leur en feront connaître les raisons historiques et artistiques.
Paris, avril 1909
LEÇONS PRÉPARATOIRES
Qu'est-ce que le chant grégorien?
I. — La caktilÈne romaine, tel est le nom primitif du chant liturgique de l'Eglise de Rome, suivi depuis plus de mille ans par les diverses Eglises d'Occident. Il a été, suivant la tradition la plus ancienne, recueilli au sixième siècle par le pape saint Grégoire le Grand (540-604) à l'usage des chantres de sa Scola cantorum. De là vient son surnom de grégorien.
II. — On l'a aussi nommé plain-chant (planus cantus), c'est-a-dire chant dont la marche est toujours « plane », avec des temps sensiblement égaux, sans valeurs plus petites ni subdivision comme en a la musique mesurée.
Ainsi, en représentant la note ordinaire du chant grégorien par une noire 9 en notation moderne, on n'y trouvera jamais de valeurs plus petites, telles que les croches; ou bien, en la représentant par une croche J\ on n'y trouvera pas de doubles croches, etc. Mais ces valeurs pourront être augmentées, suivant les différents cas, en valeurs plus longues.
III. — 11 fut longtemps conservé sans presque aucune altération. lAinsi, l'église de Lyon chania encore le chant grégorien jusqu'en 1786.) Mais l'imprimerie en propagea des éditions plus ou moins fautives, jusqu'au jour où les Bénédictins de Solcsmes, et en particulier Dom Pothier, en restaurèrent la vraie tradition, reconnue à nous eau officiellement par S. S. le pape Pie X, et consignée dans I'Edition Vaticane, seule ■authentique, pour l'usage de toutes les églises.
§ I. De la prononciation latine.
IV. — Le chant romain étant écrit sur les paroles latines de la liturgie, il est absolument nécessaire, — on le comprend sans peine, — de chanter ces paroles telles qu'elles doivent l'être, avec une prononciation, une accentuation, un phrasé corrects. Ces trois points sont ordinairement trop négligés en France, ce qui fait que
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le plaîn-chant ne produit pas toujours l'impression qu'il devrait procurer.
V. — La prononciation du latin diffère de celle du français, d'abord en ce que toutes les lettres y sont prononcées, puis en ce que ces lettres n'ont pas toujours le même son qu'en français. Mais la prononciation latine usitée ordinairement dans les pays de langue française est très mauvaise, et elle gène considérablement la bonne diction du texte et la parfaite exécution du cbant.
C'est pourquoi plusieurs évêques en ont ordonné aussi la réforme, en même temps que celle du chant, afin de rapprocher la prononciation du latin des principes qui doivent la gouverner.
VI. — Voici les défauts à éviter et les règles à observer pour une bonne prononciation1.