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HERMES EMMENANT LES BŒUFS VOLÉS A APOLLON

D’apres le tableau de Claude Lorrain. Rome, Palais Doria.

(Phot. Alinari, Florence.)

DIVINITES DE LA MER ET DES EAUX

premier pénétré dans la ville. On lui permet d’emmener avec elle un prisonnier de son choix. Elle désigne son frère Podarkes dont elle rachète ensuite la liberté au prix d’un voile d’or qu elle possédait. Il reçut de ce fait le nom de Priam, fit réclamer sa sœur aux Grecs dont le refus fut, dit-on, une des causes de la guerre de Troie.

L’aventure d’Andromède se rapproche de celle d’Hésione. Sa mère, Cassiépée, femme du roi d’Ethéopie Cepheus, avait osé se vanter [d’égaler et de surpasser même en beauté les Néréides. Celles-ci firent appel à Poséidon qui submergea le pays et y envoya un monstre marin dont les ravages furent terribles. On alla consulter l’oracle de Zeus Ammon. Il répondit que le seul moyen

(Gerhard, Auserlesene Vasenbilder.)

de mettre un terme à la situation était de sacrifier Andromède à la voracité du monstre. Cepheus fut obligé par ses sujets d’attacher sa fille sur un rocher. Elle dut son salut à Persée qui, l’ayant vue, en tomba amoureux et, en échange de sa main, tua le monstre et délivra Andromède.

C’est dans la même catégorie de monstres qu’il faut ranger le fameux taureau de Crète. Poséidon l’avait donné à Minos pour qu’il le lui sacrifiât. L’animal était si beau que Minos le garda et en offrit un autre en sacrifice au dieu. Poséidon irrité de cette substitution rendit le taureau furieux et inspira pour lui une passion horrible à Pasiphaé, femme de Minos. Nous reviendrons sur ce point dans un autre chapitre de cet ouvrage.

D après un certain nombre d’auteurs, le taureau de Crète serait le même que celui qui vint désoler la campagne de Marathon. Heraklès s’en était emparé, l’avait amené à Eurysthée, puis lui avait rendu la liberté. L animal, après avoir parcouru le Peloponèse, avait traversé l’isthme de Corinthe et était parvenu dans I Attique. Thésée réussit à s’en rendre maître sans faire usage de ses

armes et, solidement garotté, l’amena triomphalement à Athènes où il le sacrifia à Apollon delphinien.

Enfin, le fils même de Thésée, Hippolyte, fut victime d’un monstre marin envoyé par Poséidon, dans des circonrtances dont il a été question plus haut. Ses chevaux, effrayés, allèrent se jeter contre les rochers et firent ainsi périr leur maître.

Moins célèbres que celles de Zeus, les aventures amoureuses de Poséidon n’en ont pas moins donné naissance à un certain nombre de légendes, dont quelques-unes font nettement ressortir son caractère de dieu des eaux par excellence. Nous avons déjà raconté plus haut comment Poséidon disputant à Hera la possession de l’Argolide doit céder la place à l’épouse légitime de Zeus. Pour se venger d’inachos

dont le témoignage avait fait pencher la balance en faveur d’Hera, Poséidon dessécha toutes les fontaines de l’Argolide. Danaos, dit Apollodore d’Athènes, ayant envoyé ses filles chercher de l’eau, « Amymone, l’une d’entre elles, cherchant une fontaine, lança un trait contre un cerf et atteignit un satyre qui dormait. Ce satyre s’éveilla et voulut lui faire violence, mais, Poséidon s’étant montré, le satyre s’enfuit. Poséidon jouit d’elle et lui fit connaître les fontaines de Lerne. »

Nous possédons plusieurs variantes de cette légende. Suivant l’une, Poséidon aurait fait jaillir la fontaine de Lerne d’un coup de son trident. D’autres disent que la source apparut à l’endroit même où le dieu avait fiché son arme pendant qu’il se livrait avec Amymone aux délices de l’amour. D’après une troisième version, Poséidon ayant lancé son trident contre le satyre qui poursuivait la jeune fille, le trident alla se planter dans le sol d’où jaillit aussitôt une source. Un autre auteur nous raconte enfin qu’Amymone étant allé à la recherche d’eau pour un sacrifice s’endormit de fatigue. Un satyre voulut en profiter pour la violer. La fille de Danaos appela à son secours Poséidon. Celui-ci

accouru aussitôt, lança contre le satyre son trident qui se planta dans un rocher. Pour récompenser

Amymone de lui avoir accordé ses faveurs, le dieu lui dit de retirer le trident du rocher où il était fiché, et, à son grand émerveillement, la jeune fille voit apparaître une source aux eaux abondantes. De l’union de Poséidon et d’Amymone naquit Nauphos, l’éponyme de la ville de Nauplie.

On vient de voir que la plupart des êtres monstrueux, fils de Poséidon,

furent tués par Thésée. Or, la légende faisait du célèbre héros le fils même du

dieu de la mer. Celui-ci avait séduit Æthra, fille du roi de Trézène Pitheus et épouse légitime d’Egée. Pausamas raconte qu’Athéna apparut en songe à Æthra, lui ordonna de se rendre dans Pile de Sphaira (plus tard Théra) pour y faire une offrande en l’honneur de Sphairos,

POSEIDON

ET

ÆTHRA.

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Poséidon et Æthra.

Kalpis à figures rouges. Musee du Vatican. (Gerhard, Auserlesene Vasenbilder.)

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