‹ Nouvelle notation des parties et coups d'échecs compris dans les traitésChapitre 1 sur 120 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

JL/cPUiS nombre d^annëes, voulant dans mes momens de loisir, me livrer à Tétude du jeu d^Echecs, je me suis procuré, pour y parvenir^ les traités élémentaires Caits sur ce jeu par les meilleurs auteurs , et notamment par Philidor , Stamma , le Calabrois et une société d^amateurs ; mais malgré toute ma bonne volonté , il ne m^a jamais été possible de m^occuper plus d^une demi-heure de suite de ce travail , à cause de la difficulté que j'ai sans cesse éprouvée pour placer, suivre et exécuter les parties et les coups donnés par ces auteurs , avec la manière qu'ils ont indiquée pour les annota" : et effectivement, comment ont-ils pu s'intîaginer qu'un amateur non exercé pourraiif saisir, sans une extr^e peine, * les notations suivantes , prbes au hasard dans le Calabrois :

lO Le chevalier du roi noir prend le chevalier de la dame contraire.

n*^ Le chevalier de la dame noire prend le chevalier de la dame contraire.

3^ La tour cle la dame blanche prend le chevalier de la dame contraire.

Par quel moyen cet amateur potirra-t-il reconnaître, quand la partie sera engagée , les cavaliers et les tours des rois et des dames? puisque ces pièces n'ont aucunes marques disUnctives, et qu'elles peuvent parcourir toutes les cases de l'échiquier, noires et, blanches indistinctement

Je ne m'étendrai pas^avantage sui^ le vice de cette notation ,->

Ma

puisqu'on en a fait justice en y substituant iine aUtre manière q^m a paru très-ing'éMiefUie « €f qpii Test eu effet, en la comparant k celle dont je viens de rendre compte : c^est de donner aux huit pre-mières pièces des noirs et des blancs , les ndms des huit premières lettres de Talphabet , de manière que les tours des dames noires et blanches s^appellent  , les cavaliers desdites dames B , leurs fous C , les dames D , les rois £ , les fous des rois F , leurs cavaliets G , et leurs tours H.

I)e numéroter ensuite Téchiquier depuis i jusqu^à 8>, à partir dW côté de la case occupée par la tour de la dame blanche jusqu^à celle occupée par la tour de la dame noire, et de Tautre c6^té à partir de la tour du roi blanc jusqu^à celle du ro^ noir.

Diaprés cet arrangement, la première lettre et le x*^' chiffre delà notation , désignent la case Ofili se trouve la pièce ^*il faut jouer, et la seconde lettre et le a'^^ chiffre la case où cette même pièce doit être placée. Ainsi, par exemple , pour faire sentir la différence de cette notation avec celles ci-devant citées , on dirait pour ki première £ 4^ C 3 , pour la deuxième G B , £ 5, et pour la tro»~ sième £ x, £ 5w

On ne peut se dissimuler que cette seconde manière très-laconique, puisqu'avec deux lettres et deux chiffres on remplace pour chaque notation deux lignes d^écriture , ne soit infiniment préférable à la première. Cependant, c^est cette seconde mélhode que j^al trouvé fatigante à Texcès , au bout d^une demi-heure de travail , ètpqéeje cirois encore mauvaise, parce que, comme la première, elle a le très-grave inconvénient de ne donner aucun moyen de reconnatire et dlstÛBgwrr It» tours et k9 oavalîers des rois et des dames , qpMtnd ce* pièces ont déjà été jouées ^teieârs fois.

J^^Crî^ donc à-pem-prèé décidé à abandonner la théorie de ce jètt , qttand' 3 wo^est veibl: tiKté idée extrêmement simple qui m^ semblé devoir obvier aux inconvéniens que j^ai trouvés dans les deux médieto qee )e mm A'a»atf«ef , ^ été de nwnMtûtêt les cases de

Vâchkpiier depilb: i jusqu'à 64 ? d'indiqo» la pièce à jouer par son nom , le numéro de la case sur laqiiBlIe elle est, et cehii de la case où on veut la jouer. Axasi^ par exemple, pour rendre à ma manière les trois notations du Calabrois ci-devant citées, je dis pour h première, cavalier noir 37 prend le cavalier Ifi ; pour la seconde, cavalier a3 prend cavalier 29 , et pour la troisième , tour 6 1 prend cavalier 29 , étant observé que pour éviter des écritures inutile» 00 ne désignera les pièces prises que par les lettres initiales de leurs noms, ce qui est sans inconvénient, puisquVlles sont toutesi différentes les unes des autres ; ainsi , la dame sera désignée par un d , la tour par un t , le cavalier par un c , etc.

A coup sûr, un enfant de 10 ans qui aura un échiquier numéroté sous les yeux , exécutera tous les coups qu'on lui présentera, avec la même facilité que le joueur le phis exercé ; et c'est ( jje crois ) 1« but que doivent se proposer tous les auteurs de traités élémentaires , car les amateurs ont assez à travailler pour découvrir ces coups sans encore se fatiguer la lété pour trouver la pièce qu'on leur dit de jouer. -"•

Malgré la nouvelle méthode que j'ai cra devoir adopter , je n'en ai pas meina quelqnef ob désigné les pièces par leurs noms de cavaliers et tours de la dame et du roi , mais j'ai observé de ne le jatûois ùire que quand ces pièces, n'ayant point encore été déplacées peuvent se reconnaître sans la moindre peine.

Quoique la nouvelle méthode que j^indique aux amateurs , après eo avoir fait et fait Caire l'expérience, m'ait paru très-bonne , cependant une considératiiMEi m'arrêtait encore pour fake le travail 9U j' jtt. ôitrepris : c'était de. penser que si, depuis des siècles que les hommes les plus instruits et les plus distingués se sont livrés- et se livrent encore à Fétude de cet intéressant jeu , on n'avait point proposé la manière que j'indique , qui a dû venir à l'idée de tous, ceux qui s^ea sont occupés, c'est qu'elle présentait quelques vices que mon peu d'expérience à ce jeu m'empêchait d'apercevoir; j'ai

4onc d^abord dû consulter les joueurs les plus exercés et les plus habiles , leur communiquer le commencement de mon travail , et leur demander leur avis ; tous se sont trouvés d^accord que cette nouvelle méthode, toute simple qu^elle est, ne présentait aucun des inconvéniens de celles savantes et compliquées qu^ont employées tons les auteurs jusqu^à ce jour; ils m^ont engagé à contiiraer nion travail et à le faire imprimer, en m^assurant que je rendrais un véritable service aux nombreux amateurs de ce jeu, et particulièrement à ceux qui n'y sont point encore exercés.

- £nhardi par ces suffrages, je me suis décidé à traduire dans ma méthode le traité des amateurs et celui de Philidor seulement , parce que je les ai crus suffîsans pour apprendre le jeu dans sa perfection. Cependant, si cet essai est accueilli favorablement des amateurs, je m'oblige de traduire de même tous les autres auteurs distingués qui ont fait des traités sur ce jeu.

Je puis dire, avec vérité, avoir apporté à ce travail fastidieux et pénible toute l'attention possible , qui, s'il n'a pas un grand mérite d'invention , a celui d'une grande exactitude ; et je m'estimerai très-heureux si je puis mettre les amateurs à portée d'étudier ce charmant jeu avec plus de facilité qu'ils n'ont pu le faire jusqu'à ca jour.

Je fab observer qu'à l'imitation des auteurs que j'ai traduits, j'ai désigné les échecs au roi par une croix f et les renvois par un as~ térique *.

J'ai de même, dans les notes instructives que j'ai refondues pour les accorder avec ma nouvelle méthode de notation , désigné le jeu du blanc en parlantà la deuxième personne et celui du noir en parlant à la troisième.*

J'invite les amateurs qui voudront exécuter les parties et coups compris dans ce recaeil, de faire faire chez un papetier des échiquiers en carton très-fort, de la grandeur qu'ib jugeront conve-

nable, mais conformes au modèle que j^ai fait en tête de cet ou- ▼rage, et de les numéroter depuis i jusqu^à 64- , en soîyanl rindication donnée dans ce modèle , parce qu^autremcnt ils ne s^y reconnaîtraient pas. Il serait même mieux de faire teindre en jaune les cases qui sont ordinairement en noir ,- pour qu^on voie les numéros avec plus de facilité , et de mettre ces numéros aux angles des cases pour que les pièces ne les masquent pas.

hes noirs doivent occuper les cases numérotées depuis i jusques et compris 16 , et les blanches depuis et compris 4-g jusques etcom^ pris 64

Il est bien entendu que ces échiquiers en carton à cases blanches et jaunes ne doivent servir qu^à s^exercer et à exécuter avec facilité les parties et coups de ce recueil , parce qu^il y aurait à craindre

qu^en s^y habituant on ne se trouvât désorienté en jouant ailleurs que chez soi sur des échiquiers ordinaires , à cases noires et blanches.

Puisque je n'ai pas craint de m'ériger en censeur des notations du jeu, adoptées par des auteurs célèbres que je respecte infiniment, je puis bien me permettre d^attaquer la structure des pièces du jeu , dont l'élévation n'étant point en proportion avec leur base, (ait qu'à chaque instant elles tombent les unes sur lel autres , pour le peu ^'en jouant on en touche le sommet avec la manche ou lo poignet.

Les cases de l'échiquier sont d'un tiers plus grandes que celles du jen de dames , et les bases des pièces du jeu d'échecs sont moitié moins grandes que les pions du jeu de dames ; je conseille donc ;. encore aux amateurs du jeu d'Echecs de ne point acheter de jeux d*échecs tout faits, mais de les faire faire avec une base d'un tiers plus large que ceux ordinaires , et surtout de faire couler un peu de plomb dans cette base; ils éviteront de cette manière un inconvé-nient qui est à la longue fatiguant, et occasionne souvent des que-* relies pour reconnaître la place des pièces renversées»

Je les lovite encore à faire faire deux dames noires et deux dames blanches pour éviter d^étreobligé de mettre deuxpions sur une case, lorsqu^on parvient à conduire un de ses pions à dame sans avoir perdu la sienne. U /^ ùt^Xf^^t**^^^^*^ •*-*--"> ' Ak<^

Les amateurs qui désireront se procurer de suite des échiquiers et des jeux d^Ek:hecs confectionnés de la manière que je viens d^indlquer, en trouveront à choisir chez M. Guyoty marchand de non*veautéSf passage du Panorama, ù® i2.

Comme il est présumablc que, parmi les personnes qui se procureront le présent ouvrage , il y en aura beaucoup qiu n^auront pas encore la moindre notion du jeu d^Ëchecs, et que je désire que te traité puisse donner les moyens de rapprendre sans le secours de qui que ce soit, ce qui sera avantageux surtout pour les amateurs qi;iî passent leur vie à la campagne ou dans leurs terres , je trois devoir commencer par faire connaître les pièces nécessaires pour le jouer, la marche de chacune de ces pièces, et les principes .

du jeu.

Pihces du jeu d^Échecs, et leur marche*

Le jeu d^Echecs se compose de i6 pièces blanches d^nn c6té, el de i6 pièces noires de Fâutre.

De ces i6 pièces, il y en a 8 grandes et 8 petites; les grande^ ssoi.ie roi , la reine ou dame , deux fous qu^on appelle, Tun fou du roi, et Fautre fou de la dame; deux cavaliers et deux tours idem. Ces huit grandes pièces se placent sur les huit cases de la première ligne de Téchiquier, lequel doit âtre disposé de telle sorte que la dernière case à la main droite de chacun des joueurs, oà se met la tour , soit blanche.

Les^huit petites pièces s^appcUent pions , et occupent les cases de la deuxième ligne.

Le roi est la première et la principale pièce du jeu, et se place ' au milieu de la première ligne; si c^est le roi blanc il occupe la quatrième case noire, si c'est le roi noir il se met à la quatrième case blanche ; les deux rois se trouvent ains^ vis-À-vis Fun de Tau-

Le roi ne bit jamais qii^iui pas À ia: lois , si c« u'tal quand il Toqae , anqnel cas il saute deux pas , et cela de deux manières seulement, savoir de son cdté, c^est-à-dire à sa droite , et du côté de sa dame, c^est-à-d!re à gauche.

Quand il roque à droite , il se met à la case de son cavalier, et sa tour se met auprès de lui à la case de son fou, et saute par conséquent deux cases comme lui ; et quand il roque à gauche, il se met à la case du fou de sa dame, et la tour qui le suit , se metÀ la jcase de sa dame, ce qui lui fait sauter trois pas. Il y a cinq circonstances où le roi ne peut pas roquer : la première, lorsqu^il y aune pièce quelconque entre lui et la tour du côté où il veut aller; la seconde, quand cette tour-là a déjà été jouée; la troisième, lorsque le roi a été obligé de çoilter sa première place; la quatrième 4 quand il est en échec ; et la cinquième , lorsque la case par-dessus laquelle il veut roquer, est en vue de quelque pièce adverse qiii lui donnerait échec en passant.

Quoique les rois puissent aller sur toutes les cases , ils ne peuvent jamais se n;iettre à côté Fun de Fautre, il faut toujours qu'il y ait au moins une case de distance entre eux.

Lia dame blandie se met à la quatrième case blanche , joignant la gauche de son roi; la dame noire se place à la quatrième case noire de son roi , d^où vient Faxiome connu à ce jeu: Servei regma colortm,

La dame va droit et de biais comme la tour, le fou et le pion ; elle peut aller d'un seul trait dW bout de Féchiquier à Fautre , pourvu que le chemin soit libre ; elle peut de même prendre de tous côtés en ligne droite ou diagonale, de près et de loin, suivant ridée du joueur.

Lesfoussottt placés, Fua auprès duroi^Fautreauprès delà dame: leiur marche est diagonale, de sorte que le fou qui est sur la case blanche, va toujours sur le blanc, et le fou qui est sur la casenoire ne marche que sur les cases noires ; ib peuvent aller, et prendre

k droite et Ji gauche , e« reculer tant qa^iis trouvent des cases vides.

Les cavaliers se placent, Tun auprès du fou du roi, et Fautre auprès du fonde la dame; leur mouvement est tout-à-fait différent de celui des antres pièces ; leur marche est oblique, allant toujours de trois en trois cases, du blanc au noir et du noir au blanc, sautant même par-dessos les autres pièces noires ou blanches indistinctement; le cavalier a deux avantages qui lui sont particuliers : le premier^^estque, quand il donne échec, le roi ne peut être couvert par aucune de ses pièces, et est contraint de se déplacer; le second, c^est qu^il peut entrer dans un jeu et en sortir quelque serré et défendu qu^il puisse être , à moins cependant qu'il ne puisse jouer nolle part sans être pris (ce qui est rare.)

Les tours se placent aux deux extrémités de la première Ggne , à côté des cavaliers ; elles n'ont qu'une seule marche qui est toujours droite, mais elles peuvent aller d'un coup sur toute la ligne qui est devant elles, ou sur celle qui est à leurs côtés de droite et de gauche, et prendre la pièce ennemie qui est dans leur chemin ; la tour est la plus considérable pièce du jeu après la dame ; avec elle et le roi seul, ou fait le roi adverse forcément mat, ce qu'on ne saurait faire avec le cavalier ni avec le fou.

Les huit pions se placent sur les huit cases de la deuxième ligne de l'échiquier; leur marche est droite et en avant de case en case , et ils ne peuvent prendre que de biais. Ils ont' le pouvoir d'avancer deux cases le premier coup qu'ils jouent seulement ; après quoi ils ne peuvent plus marcher que de case à case, et toujours en avant sans pouvoir rétrograder : quand un pion parvient à anîver sur une des cases de la dernière ligne de Téchiquier , qui est la première ligne du jeu de l'adversaire, on en fait une dame en tout semblable a la première , quand même on aurait encore la sienne ; on peut , si on le^préfère , au lieu de faire une dame de ce pion , en faire une tour, un cavalier ou un fou à son choix; il est des cas où il est

xr

pins avantageuit de prendre an cavalier qu'une dame, mais il n^j en a aucun où on doive préférer nne tour , ni un fou, puisque la dame a la marche de ces deux pièces.

On observe qu^on ne peut pas avancer deux cases le pion qui n*a pas encore été joué , quand la case devant laquelle il passe est en vue de quelque pion de son adversaire : pour rendre cette règle plus sensible /je suppose que le joueur qui a les blancs, ait un pion sur la case 54, qui n^ait point encore ^té joué, et que celui qui a les noires , en ait un sur la case 37 , le blanc ne pourrait pousser ce pion 54 ^ 38 , parce qu^il passerait sous Téchec du pion noir 3j au n® 46. Cependant, il peut le faire à. toute rigueur, mais alors le pion 37 aurait droit de le prendre en iitasant, eonHie «'tl «'«Et avancé qu^un j pw sm la case 46; il en ert de aiéne des antres pions.

La manière oant les pièces de ce jeu se p re np ept Tane Fastre, n^est pas en sautan^[^-dessus comme au jeu de dames, mais en se mettant à la place de cHk^ qui est prise , et 6tant la dernière de dessus Téchiquier.

Le roi ne peut jamais être pris, inàîs il peut être attaqué en le mettant dans le cas de Tétre parune pièce adveioa^uelconque , et dans ce cas, celui qui Fattaque , est tenu d^avertir de Féchec, afin que son adversaire ait à le parer , soit 'en couvrant son roi de quelque pièce , soit en le changeant de place.

Quelquefois aussi le roi peut recevoir échec de deux pièces à la fois , ce qui s'appelle un échec double ; alors il ne peut se garantir qu^en changeant de place ou bien en prenant Tune àes deux pièces, s^U le peut sans risque. Quand le roi qui est attaqué ne peut ni se , déplacer ni être couvert par aucune pièce qui le mette à Fabri de Téchec, alors il est mat et la partie est perdue.

U est bon d^observer que quand le roi se trouve dans une posi-

lion désespérée, son Joueur doit tâcha*' de remetlre b- fiftrtiei

forçant Fadversaire de le faire pat; cette situation eidste

le roi , sans être en échec, n'a plus aucune pièce à jeaer^ «l-M:!

peut jouer sans s^y mettre , se trouvant entouré des pièces ett*. \

nemies.

Cet ouvrage sera divisé en deux parties : la première, contiendsift le Traité des amateurs., et la deuxième celui de Philidov.

âu^ûH £.e4Lxy.

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