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I. Epreuves €lu grand pont suspendu du IViagara

(Ouverture, 250”. 86. — Largeur, 7”. 32.) Ingénieur en chef, M.Roebling.

Voici une lettre autographe de M. Roebling, que M. Gillespie, professeur au collège de l’Union de Schenectady (État de New-York), a bien voulu nous communiquer : ’

Cher Monsieur,

Les dimensions exactes de l’ouvrage que je viens d’établir sur le Niagara sont les suivantes (1 pied= 0"’.305) :

Ouverture du pont, d axe en axe des piles-supports (towers).

Hauteur des tours par-dessus le tablier supérieur

Distance des deux tabliers superposés, reliés entre eux par un treillage en fer forgé rendant le pont rigide .

Hauteur dé la pile canadienne au-dessus du rocher. Hauteur de la pile américaine. .

822 pieds

QQ

Largeur entre les parapets supérieurs (du chemin de fer).

Largeur entre les parapets inférieurs (de la voie carossable)

Nombre des câbles

ly — /,

Diamètre de chacun d’eux. . .

Nombre des fils N° 9 (Birmimrham giiagel Poids total du pont ....

ly pouc.

( barge qui produirait la rupture des câbles par extension directe

/ «jU lOlllJ»

Charge horizontalement et uniformément répartie qui produirait la rupture des câbles en position .

Poids d’un convoi de marchandises couvrant toute la longueur du tablier

l.J,4UU — 7,000 —

Flèche du tablier, ii 30" de température 2p. 75

Réduction de cette flèche sous une machine de 3A tonnes

placée au milieu du pont y,,

Idem sous une machine de 26 tonnes ] Op.35

Idem sous le train complet, de 36G tonnes o,, ^2

Déplacement horizontal des rouleaux des tours, lors du

passage du train de 366 tonnes . 1/2 pouc.

Élévation du niveau des rails au-dessus de la rivière . . . 250 pieds

Epreuves du pont.

Le premier train de marchandises qui passa sur le pont fui A dessein allongé, A 1 effet de couvrir toute la longueur du tablier. Il consistait en 20 doubles wagons, chargés chacun de 10 tonnes, le poids mort de chaque wagon étant de 7 tonnes. La machine pesait 26 tonnes. Total, 366 tonnes. Il fut par conséquent nécessaire d’ajouter A ce train 2 ma' chines de secours du côté de New- York, afin de pousser le convoi vers le pont par la forte rampe de la gare de l’Fst. Eu temps ordinaire, 10 doubles wagons seront déjA une charge très-raisonnable.

Mais ce qu’il est utile de remarquer, c’est qu’il n’y eut, sous le passage du train précité, aucun mouvement perceptible, et que le pont fut EXEMPT DE TOUTE viiîRATioN. Une augmentation de vitesse ne produisit

aucune différence sous ce rapport. Le jour de l’inauguration oflicielle, nous avons lancé sur le pont un train à la plus grande vitesse possible, eu égard aux deux rampes qui abordent le pont.

Plusieurs voitures de roulage pesantes , passant sur le tablier inférieur et se mouvant hors de l’axe du pont, ont produit des vibrations plus fortes , quoique aucune oscillation {no motion) du tablier, — que le passage d’un train complet sur le plancher supérieur.

Aujourd’hui la circulation est régulièrement établie.

P. S. Je suis occupé en ce moment de la construction d’un nouveau pont suspendu, qui aura 1,22A pieds (373 mètres) d’ouverture et 300 pieds (90 mètres) d’élévation au-dessus de la rivière. Il donnera passage au chemin de fer de Lixington A Danville. Les tours et les amarres sont terminées. Ce sera le plus grand pont suspendu du monde.

Roebling, civ. engineer.

Nota. Le pont du Niagara est d’ailleurs sorti victorieusement, il y a peu de jours, dune épreuve après laquelle il n’est plus permis de douter de sa solidité. Une tempête d’une violence telle, qu’un wagon, soulevé par le vent, a été jeté à plusieurs mètres de la voie ferrée, n a fait subir aucun dommage a ce magnifique ouvrage, qui n’a éprouvé que de très-faibles oscillations.

Clieiniit «le fer de l’istlime «le Panama.

D’après les dernières nouvelles d’Amérique, l’exploitation du chemin de fer de Panama prend une grande activité. Le parcours entre 1 Atlantique et le Pacifique s’effectue en moins de trois heures. Le transport des marchandises augmente rapidement.

s. IiijectioiiM de vapeur dans le foyer des macliines.

On fait depuis quelque temps, à New- York, des expériences sur 1 injection de la vapeur dans les foyers des machines. Il paraît , d après les résultats obtenus, qu’un jet de vapeur projeté sur du combustible incandescent , augmente beaucoup le tirage au lieu de le diminuer.

Des expériences analogues ont été faites récemment à la machine atmosphérique du chemin de fer de Saint-Germain, sous la direction de M. E. Flachat.

4. Jllaeliines à vapeur «le serviee «les n;ran«ls navires ainéu'ieains.

Le plus grand bâtiment A voiles du monde, le Gréai Republic, jaugeant 3,500 tonneaux, vient d’effectuer la traversée de New-York A Lundi es en quinze jours, en faisant ses principales manœuvres au moyen d’une machine A vapeur de service de 10 chevaux.

Getle machine a rendu, pondant toute la traversée, de très-grands services, et fonctionne journellement depuis l’arrivée du navire A Londres.

En Angleterre, où des machines semblables ont également été appliquées, on les appelle servants of ail Works (domestiques pour tout faire).

M. Brunei construit en ce moment à Londres un b:ilimcnt en fer qui aura 200 mètres de long et 25 mètres de large. Il jaugera 10,000 tonnes.

NOUVKUJiS A;\NAU;S DK KA KONSTIU CTION.

cl s(M vira A aiiM'nor A l>as prix en AiiKlcterre les minorais de l’Australie. Il sera indis|)onsal)le d’y appliquer les inacliines de service dont il s’agit.

ft. <‘1LPIII||I<‘ <l<‘ lu HII|M'‘riui’ll<'>

<'‘<*oiiomi<|ii4‘ «l<‘H ■iiu<‘liiiic‘H ù Ya|M‘iii*M ««onihliiécM Miir l4‘H ■■IUf‘llill<‘H Or<lillullM‘H.

La France, KAtimenl français A vapeurs coin binées , vient de faire le voyage de (Iriinée en brfdant dans son trajet 300 tonnes de cbarbon.

\.'//ll({aspes , navire anglais A liélice, et A vapeur d’eau pure, a brfité 700 tonnes pour faire le même trajet dans le inCme temps, et n’est que d’un (|uarl plus grand. — Keonomie du système combiné, .A? p. 100.

MÉLANGES

f. lie» lavoir» «‘t bain» |iublle» «le liomlre».

Lavoiu et Bains de Saint-Pancrace. — C’est le premier bâtiment de ce genre établi A Londres. Il date de 18A7, et dessert le nord-ouest de la ville. On y trouve 35 cabinets de bain pour hommes, 15 pour femmes; 60 bassins à laver; 4 appareils pour tordre, sécher et suspendre le linge.

Lavoir. ET Bains de Custon-Square (White-Chapel).— 30,000 bains par semaine; lessive pour 20,000 personnes; 9A cabinets de bain ouverts par le haut sous un comble général , et fermés par une porte à vasistas : ce vasistas est mû par 1e verrou. Les baignoires de 1'® classe sont en pierre; celles de 2® classe sont en fonte émaillée intérieurement (fabr. A Birmingham, près AVolverhampton ). — Les cloisons séparatives sont en lames d’ardoise, assemblées dans des châssis en fonte.

— Chaque cabinet renferme, outre sa baignoire, un banc, un miroir, des crochets A habits, une natte et une brosse A manche.

Les lavoirs sont au nombre de 96. Ils sont ouverts par en haut et par devant.

Le comble général est en fer, avec châssis vitré. — Chauffage de l’eau, à la vapeur, dans un cylindre de 2“’. A3 de diamètre et de S"*. 05 de haut.

— 2 chaudières génératrices de 10®. 66 de long et de 1®.67 de diamètre. — Machine A vapeur de A chevaux pour élever l’eau froide.— -Conduites en fonte. — 2 grandes conduites générales, l’une pour amener l’eau froide , l’autre pour écouler l’eau chaude savonneuse.

Le prix des bains est fixé par l’acte de S. Henry Dukinfields, fondateur, avec la ville de Londres, ainsi qu’il suit:

Bains pour la classe ouvrière. — 1 bain froid, au maximum, 1 penny (OMO). — 1 bain chaud, au maximum, 2 pence (0'.20). — 1 bain froid pour A enfants réunis , au-dessous de 8 ans , au maximum , 2 pence (0'.20). — 1 bain chaud, ou bain de vapeur, pour A enfants au-dessus de 8 ans, au maximum, A pence (O'.AO).

Bains pour les classes plus aisées. — Au maximum, trois fois les prix correspondants pour la classe ouvrière. Chaque bain est alors exclusivement alimenté d’eau pure, et doit être accompagné d’une serviette blanche .

Lavoirs pour la classe ouvrière. — Pour usage d’une cuve A laver, d’une chaudière, d’un bassin à rincer, de la vapeur, et du séchoir, pour une heure, au maximum, 1 penny (OMO). Pour 2 heures consécutives, au maximum, 3 pence (0'.30).

Lavoirs pour les classes plus aisées. — Les tarifs sont variables et déterminés par le conseil municipal.

Lavoirs publics. — Au maximum, 1/2 penny (0'.05) par heure.

Progrès des quatre établissements de Londres.

Malgré les bas prix des bains et des lavages des établissements dont il s’agit, l’entreprise n’en a pas moins été des plus lucratives, comme le prouvent les chiffres suivants :

Ln 18A7. . . Bains: 1A3,79A Lavages: 39,A18

1850. . . — 595,797 (sextuple). — 133,177 (triple).

Ainsi, en quatre ans, le nombre des bains et des lavages réunis s’est

quadruplé. L’afiluence est telle, que les femmes sont constamment obligées d’attendre que le.s lavoirs soient libres. I.e nombre des baigneurs est si considérable, qu’oii s’est Ingénié à trouver le système de robinets (pii débite l’eau avec la plus grande rapidité (tubes courbés et évasés), pour économiser tout le temps possible dont le baigneur ne disposerait pas. — Salles d'attente. Appels par ordre de priorité. Longs bancs en bois (2® cla.sse) ou rembourrés (1" classe) sur lesquels on prend place pour attendre son tour.

Bénéfices.

Le produit net des établtssements de ce genre établis à Londres varie, pendant les premières années, entre A et 5 p. 100. Ainsi, les frais pour travaux, y compris la redevance A la Compagnie des eaux, seront, par exemple, de 1,586 liv. (39,650 fr. ), et les recettes de 1,980 liv. (A9,500 fr.); différence, A03 liv. (10,075 fr.), ce qui représente un capital d’environ 20,000 liv. (500,000 fr.).

Les bénéfices augmentent ensuite les années suivantes, jusqu’A atteindre un chiffre de 6, 7, 8 p. 100 et davantage, quand les circonstances locales sont favorables.

Foerster. [Allgemeine Bauzeitung , de Vienne.)

Nous donnerons incessamment de plus amples détails et des planches, que nous devons A l’obligeance de MM. les ingénieurs du service municipal de Paris, sur ces utiles et productifs établissements, tant en Angleterre qu’en France, Allemagne et Italie.

9. Ba»c» (lu calcul «le la «luantité «l’eau iiéc«^»aire à l'alimentation d’une ville.

D'après les médecins, un homme, dans des conditions moyennes, absorbe par jour environ 2 litres d’eau. VoilA la quantité moyenne rigoureusement indispensable, au-dessous de laquelle commencerait la souffrance physique. Quant A la consommation pour l’usage extérieur ou de propreté, on l’évalue, A Paris, A 18 litres. Ainsi chaque habitant d’une maison est censé consommer 20 litres d’eau, lorsque cette eau lui est fournie A discrétion. Mais nous ne parlons ici que de l’habitant ordinaire et qui n’exerce aucune des professions qui consomment beaucoup d’eau, telles que celles des teinturiers, brasseurs, bains et lavoirs publics, etc. Nous ne parlons pas non plus des animaux domestiques, des chevaux surtout, si nombreux dans les villes, de l’alimentation des machines A vapeur, de l’arrosement des jardins ; en tenant compte de toutes ces consommations, qui peuvent être considérées comme proportionnelles au nombre des habitants, on arrive au chiffre moyen de 50 litres par habitant. Voici du reste quelles sont , A Paris, les bases des évaluations pour les abonnements :

Par personne 20 litres.

Par cheval 75

Par voiture de luxe à deux roues ûO

à quatre roues 75

Par mètre carré de jardin, 500 litres par an. Par jour 1.50

Par force de cheval d’une machine à haute pression 1.50

à détente et condensation ... 10

à basse pression 20

Par bain 309

Par litre de bière faite . A

Les autres industries sont évaluées au moyen de renseignements particuliers pris dans les établissements.

En dehors des usages domestiques ou industriels, l’eau est employée A des usages publics, pour arrosement de la voie publique , pour laver les ruisseaux des rues, les égouts, enfin A des écoulements de luxe, tels que les fontaines monumentales , jets d’eau , entretien de pièces d’eau ou rivières artificielles. Ces divers besoins sont fort difficiles à évaluer; nous ne pouvons fournir à leur égard que des renseignements isolés.

A Paris, chaque arrosement de la voie publique consomme environ 1 litre par mètre carré. Dans les grandes chaleurs, on en fait souvent trois par jour. Pour laver les ruisseaux, il faut une borne-fontaine sur chaque sommet de pente ; à Paris, on devait lui faire répandre 10 mètres cubes d’eau par jour. L'insuffisance actuelle du diamètre des conduites fait réduire celte quantité à 5 ou G mètres cubes. Quant A la dépense des fontaines monumentales, elle est excessivement variable; nous ne pouvons donner que (pielques exemples des fontaines les plus

connues de Paris, qui pourront servir de terme de comparaison pour

celles qu’on voudrait établir.

Gerbe du Palais-Royal 23 litres par seconde.

Place Saint-Georges 1 — —

Place Richelieu 0 — —

Fontaine de la place de la Concorde (chaque). .55 — —

Gerbe du rond-point des Chanaps-Élysées. ... 25 — —

On trouvera dans le tableau suivant la quantité d’eau distribuée dans diverses villes.

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