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Neue Annalen
der
IIAUKUNST.
CHRONIQUE
I^e iioiiveau Plongeur à s3|ilioii sous>mariu ,
de M. Danduran, ingénieur civil.
(expériences récentes faites a .ALGER, A TOULON ET A PARIS.)
Les nombreux et importants travaux exécutés dans ces derniers temps sous les eaux de la mer ou des fleuves à de grandes profondeurs, donnent un intérêt de premier ordre à toutes les améliorations qui tendent à faciliter ce genre d’ouvrages.
Le nouveau système de plongeur à siphon sous-mnrin, de M. DanmiRAN, ingénieur civil à Paris, est l’appareil qui paraît satisfaire le mieux possible, jusqu’à présent, aux dilférentes conditions du problème.
1” L’homme y respire de l’air qui est à la pression atmosphérique extérieure ;
2“ Il est entièrement libre de ses mouvements, et peut quitter à un moment quelconque l’appareil plongeur pour remonter à la nage à la surface de l’eau ;
3° On peut lui communiquer des ordres à travers le tuyau d’aspiration, et recevoir très-distinctement ses réponses depuis le fond de l’eau;
Il peut s’habiller et se mettre à l’œuvre en moins de cinq minutes ;
5° Enfin , tout l’appareil est très-léger, et présente très-peu de surface à la résistance de l’eau.
M. Danduran réalise ces divers avantages en combinant le principe du refoulement de l’eau , obtenu par le moyen d’une coilfure en forme de cloche, avec le principe de la respiration à l’air libre, dans un tube de gutta-percha recourbé en siphon. La courbure de ce tube est introduite dans la cloche même, et porte, à sa partie la plus coudée, une tubulure à rebords ovoïdes que le plongeur prend en bouche pour respirer.
La cloche, faite en cuivre ou en tout autre métal (elle pourrait être aussi en gutta-percha) , est largement évasée par en bas, afin de faciliter le jeu des bras. Elle a 60 centimètres de hauteur. Une vitre, placée devant le visage de l'homme, lui permet de voir clairement ce qu’il fait et où il va. La cloche est d’ailleurs lestée par un poids eu plomb, formant siège , qui ne gêne aucunement les mouvements de celui nui s’y trouve assis. ‘
L’homme est revêtu d’un habit complet et imperméable en caoutchouc, sous lequel il porte un maillot de laine assez épais pour ne ressentir aucune fraîcheur de l’eau.
Enfin, l’air qu’il respire est mis en mouvement, dans le siphon en gutta-percha, par le moyen d’en petit ventilateur à force centrifuge établi à l’orifice de sortie.
Nous avons vu fonctionner cet appareil sous nos yeux , à plusieurs reprises, et chaque fois avec un plein succès. Dans la rade d’Al<)-er (ingénieur, M. Ravier), il a travaillé à une profondeur de 30 mètres sous le niveau de la mer, aux environs du musoir Nord de la jetée du large.
A Toulon (ingénieurs, MM. Noël et Picard) , il a fonctionné, à une profondeur de 15 mètres, devant une commission spéciale nommée par le ministère de la marine.
Enfin, à Paris, il est employé, en ce moment, sous une charge de 3 à A mètres, à retirer de l’eau les outils, rivets, boulons, et pièces de fer diverses, que les ouvriers du pont d’Arcole ont laissés tomber dans la Seine à travers les intervalles des échafaudages.
Les agents les plus étrangers à la manœuvre de l’appareil se familiarisent d’ailleurs avec lui au bout de très-peu d’instants, et descendent de confiance dans les endroits les plus difliciles, certains qu’ils sont, à la première menace de danger, à la moindre inquiétude sur la régularilé du service, de pouvoir s’élancer à la nage, en pleine eau, pour remonter à l’air libre.
Le plongeur à siphon s’applique à la fondation des phares , murs de
quai et musoirs, à la fondation des piles de ponts en bras de mer ou en lit de rivière , à l’aveuglement des voies d’eau dans le flanc des navires, à la pêche du corail, des perles et des coquillages, aux sauvetages et aux reconnaissances de toute espèce.
Trois hommes suflisent pour le manœuvrer.
Son prix total, avec les tubes et le ventilateur, est de 1,500 à 1,600 fr.
NOTES ET DOCUMENTS
lie Pont de F.Alma, sur la §eiiie, à Paris.
Par MM. Michal, ingénieur en chef, directeur des travaux de la Seine (2' et 3' section) De La Gallisserie, ingénieur en chef de la 2' section des travaux de la Seine; Darcel , ingénieur des ponts et chaussées.
PLAJVCBES 47 ET 48.
Le pont remarquable dont notre planche représente l’ensemble et les détails , olTre le premier exemple de voûtes en ciment de Vassy établies avec des ouvertures aussi grandes et avec des formes aussi parfaites.
Grâce à l’excellente qualité des matériaux, et à l’activité extraordinaire avec laquelle les travaux ont été conduits, il a pu être achevé et livré à la circulation dans le court espace de huit mois. La construction proprement dite du pont n’a même duré que trois mois et huit jours (du 4 mai au 12 août 1855). Toutes les maçonneries des voûtes ont été faites en 23 jours (du 20 juillet au 12 août 1855).
600 ouvriers maçons, c’est-à-dire un ouvrier par 3 mètres carrés 1/2 en plan , étaient occupés à la fois sur les chantiers pendant cet espace de temps.
Un semblable résultat, obtenu avec un pont en maçonnerie monumental, est une preuve de ce qu’on pourra faire, à l'avenir, en employant les mêmes procédés d’exécution.
Description et dimensions générales. — Le pont, considéré dans son ensemble , est composé de trois arches elliptiques surbaissées à avec naissances évasées (appareil dit en corne de vache), comme celles des voûtes du pont de Neuilly. L’arche du milieu a 43 mètres d’ouverture sur 8'". 60 de flèche. Les deux arches de rive ont 38"’. 50 d’ouverture sur 7"’. 70 de flèche. (Les arches du pont de Neuilly, qu’on a prises pour modèle, n’ont que 38"‘.98 d’ouverture et 9"'. 74 de flèche ((). — L’épaisseur des voûtes à la clef est de 1"‘.50; elle va en s’élargissant jusqu’à 2 mètres à la base. ( Le pont de Neuilly a 1"’.62 à la clef.)
Les ellipses qui forment les arcs reposent, à 0"’.65 au-dessus de l’étiage, sur des piles de 5 mètres de largeur. Les arches forment ainsi, à partir du milieu du pont, deux pentes de 0"’.02 par mètre.
L’arc de cercle qui limite les voussures d’évasement des têtes a 43"’, 38 de corde, et 4"’. 80 de flèche pour l’arche du milieu. Il a 38"’. 88 de corde, et 3"'. 888 de flèclie pour les arcs de rive.
L’autre limite de la voussure sur chaque demi-voûte est la ligne formant l’intersection du cylindre elliptique de douelle, et du plan vertical passant à zéro au sommet, et à 2”. 50 aux naissances, en arrière des têtes.
L’appareil visible de la tête a 1"‘.30 de hauteur au-dessus du sommet de la voussure, et 2 mèties aux naissances.
La largeur du pont est de 20 mètres entre parapets, de 20"’, 60 entre tympans, et de 20"'. 66 entre têtes.
La chaussée est en empierrement; elle a 12 mètres de largeur, et les trottoirs, bituminés sur ballast, ont 4 mètres de largeur chacun.
Enfin, les parapets sont des balustrades en pierre, analogues à celles du pont de la Concorde, et les tympans sont décorés, d’une manière très-heureuse, par des trophées représentant un écusson au nom de l’A Ima, supporté par un aigle et par un léopard réunis, avec des drapeaux fran-
\()l;\ KIJ,I-;S ANNAU'iS DK 1. A CONSTI’.l CTION.
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çais, anglais (!l liircs, reposant sur une base de canons et d’arinures.
/•'oniliilioii (lot pilrn, vu rais^nris êchounhli-s. — l.(!S piles sonl lon- (lé('s sur liuil raii{;d(!s d(! pieux IjaUus A ()"‘ 90 (l’éf;arlem(Mil , et (listants (i(! 1 ni(!tni dans ( liaciue pile, (àïs pieux sont rec(;pés îi l'“.9.'> au-di;ssous d(; r('diat{e. l’onr l'aire la ina(;onn(“rie des jn-einièn^s assis(!s, on a ('clioue , sur U*s l('‘t(!s des pieux, un (caisson ,’i tond ti('!s-(';pais , uni en (Icdaris et en dehors, pour (pi’il |)orte l)ien sur tous les |)ieux, (pielle (pie soit leur déviation de la verti(;ale. (’.e fond , (|ui r(!sle imiiKirtîé sous bîs pil(*s et enl'oid sous renroclieinent , avait été composé de racinaux de 0"‘ 25 d'épaisseur, s’assemblant languette dans des cbapeanx de ()“..‘>5 sur U'"./i5 d’éciuarrissage. I.es bords du caisson sont en planclies de d’épaisseur, renforcées par des moises et des écharpes, et glissant dans (Uîs poteaux montants. Le fond du caisson avait (railleurs ()"'.75 de largeur sur 27"*. A5 de longueur. Les bordages latéraux , de 5 métras de hauteur, étaient légèrement inclinés en dehors, de manière h ce (pie la vofite puisse en sortir sans les toucher.
La maçonnerie des piles s’appuie, à l‘".00 au-dessous de l’étiage, sur le fond du caisson; elle a G"’. 05 d’épaisseur sur 26'" 85 de longueur, et .se rétrécit par trois retraites correspondant à (piatre assises, justpi’à
15 au-dessus de l’étiage, où elle a 5"’. 15. Au-d(;ssus de ce massif de retraites commence le corps de la pile, ayant 5'". 05 à la base, et s’élevant avec un fruit de La partie droite entre les avant-becs circulaires a 21'". AO. Les avant-becs, à S"*. 65 au-dessus de l’étiage, sont couroniKîs par une corniche, surmontée du trophée qui décore le tympan.
Fondation des culées. — Les culées sont foud(5es, au niveau de l’étiage, sur des pieux distants de 1"'.3Ü d’axe en axe, recépés à O"". AO au-dessous de l’étiagc, et recouverts de chapeaux et de longrines. Du béton a été coulé dans les interstices des pieux. La culée de rive droite est en outre défendue, du côté de la rivière, par une ligne de palplanches. Au-dessus s’élèvent des maçonneries formant deux demi-piles, accompagnées de corps carrés et de rampes d’accès aux bas-ports. La culée droite a 10 mètres d’épaisseur moyenne, y compris le mur de quai avec lequel elle se relie. Celle de la rive gauche a 9 mètres d’épaisseur moyenne, avec cinq contre-forts de 5"’. 50, qui portent ainsi son épaisseur totale à 1A"’.50.
ydppareil des têtes. — Les têtes des arcs, en pierre de Bourgogne cimentée, sontdessinées par des refends distants de 0"\50, sur la douelle, et ayant O"". 05 de largeursur 0'".03 de profondeur. Le reste de la voûte est engrosse maçonnerie de meulière piquée, avec ciment, disposée de telle sorte que deux assises correspondent exactement à une pierre de taille.
Tympans. — Les tympans compris entre ces voûtes, et surmontant leurs reins, ont été arasés suivant deux lignes droites tangentes au sommet de l’extrados de la tête de l’arche du milieu, et inclinées ù 0"’.02 par mètre, comme il a été dit plus haut. Les trophées placés audessus des piles forment saillie de 0"“.50 environ sur les tympans.
Galeries sous tes trottoirs. — Le massif des tympans est évide , sous les trottoirs , par deux galeries de 1 mètre de largeur sur 1 mètre de hauteur, avec voûtes en moellons bruts et ciment, ayant ü“‘.30 d’épaisseur à la clef, ou briques et ciment ayant 0"’.15 d’épaisseur à la clef.
Corniche. — La corniche, faite en pierre de taille, a 0'".86 de hauteur.
Parapet. — Le parapet est formé par douze travées de balustres audessus des arches de rive , et par treize travées au-dessus de l’arche du milieu. Il y a, par travées, neuf balustres de ü“’.65 de hauteur et 0'".20 d’épaisseur. Les panses seront distantes les unes des autres et des pilastres, de 0'”.üA, ce qui porte la distance totale entre chaque pilastre à 2'". 20.
Les pilastres, de 0'".65 de hauteur, ont chacun , sur les arcs de rive, 1"‘.17 de longueur, et sur l’arête du milieu l'”.26. Ils sont formés d’un corps principal de 0‘".A0 d'épaisseur et de deux petits corps de 0"*.30 d’épaisseur et 0‘“.125 de longueur.
Chaque corps carré couronnant les piles et demi-piles , est accompagné d'un demi-pilastre. Le dessin de détail, joint au plan d’ensemble, donne le reste des détails relatifs à cette partie. On trouvera les devis et les noms d’entrepreneurs plus bas.
Calculs de résistance et de stabilité. — On a, pour chaque mètre de largeur du pont, les chüfres suivants : Poids porté par 5 mètres de pile — 4()i,ono kilogr. — Poussée à la clef de l’arche du milieu =200,000 kilogr. — Surface de la section à ia clef de cette arche = 1"*.50. — Poids porté par l centim(Hre carré de pieu = 4(î kilogr. — ÎSomhre total des pieux = 240 pour une pile. — Chilfres correspondants pour le pont de Neuilly. — 4"*. 20 de pile y portent 480,000 kilogr. — La poussée à la clef y est de 240,000 kilogr., portant sur i’’'.02 de voûte. — Chaque centimètre carré de pieu y porte 10 kilogr. — On sait d’ailleurs que le ciment de Vassy résiste jusiiu’à 120 kilogr. parc. q. (il n’en porte que 14 en moyenne au pont de l’Alma). — La pierre de Jlourgoyne résiste à ICO kilogr. par c. q. (elle n’en porte que 9 en moyenne, au même pont).
Montaye et travaux de chantier. — La construction du pont de l’Alma, autorisée par une décision impériale du 6 décembre 185A, a été immédiatement commencée ; mais bientôt les hautes eaux et les froids exceptionnels de l’hiver en ont arrêté la construction, et n’ont permis d’exécuter, jusqu’au mois de mai dernier, que des travaux préparatoires, tels que les terrassements, les dragttages, le battage des pieux et la taille (les pierres. Ce n’est qu’à partir du A mai qu’on a pu enireprendre successivement le recépage des pieux de fondation des piles, la construction (les ma(;onneries des culées et l’établissement des cintres. Ces
travaux ont élé terminés h; 20 juillet dernier, et l’on a commencé, le meme jour, la construction des voûl(!S sur une largeur de IA métrés.
Les cintres d(!s arches de rive consistaient en sup[)orts directs, disposés en éventails (d mois(';s horizontalement.
I.e cintre de l’arche du milieu, devant laisser le passage libre aux bateaux à vapcmrdc la Seine, était formé par des étais disp(jsés en éventails aux naissances, lescjucls sn|)portaienl une poutre américaine destinée à soutenir le sommet de la voûte sur un tiers environ de sa largeur.
Le pont a été livré à la circidation le 15 août 1855.
Dépenses. — L’ensemble du pont coûtera 1,100,000 francs, non compris 1(!S abords, (pd sont évalués à une somme de 700,000 fr. environ.
Voici les principaux éléments de la série des prix qui a seivi de base à l’adjudication. ( Lntrepreneurs de l’ensemble du pont, 5LM. Gakiel et Caknulmot, 61,(iuai Valmy; entrepreneur des balustrades, M. Gokge, barrière IMonlparnasse , à Paris.)
fr.
ouviia<;ks pnovtsoiiiF.s.
Déparayes. — L(i mètre carré, comprenant arrachement et rangement à 20 mètres (le distance » lO
Déblais. — 1 m. c. , comprenant fouille , charge, et transport aux décharges
puliliques a »
Démolitions de maçonnerie. — 1 m. c. . . . 0 fr. — 11 fr. .35 c. — 4 fr. 35 c. — 1 90
Démolitions de charpentes 5 70
Bois pour pieux provisoires, y compris déchet et dépréciation, hardage, battage et arrachement. — l m. c 98 .50
Bois de chêne pour moises provisoires de fondation, etc., sans assemblage à
tenons et mortaise. — 1 m. c
Bois de chêne ou sapin pour cintres, échafaudages, ponts de service, avec
assemblages à tenons et mortaises, et pose des ferrures. — 1 m. c 85
Bois de chêne pour couchis, cales et étais. — 1 m. c
Planches en bois de bateau, de 0”*.027 d’épaisseur, pour échafaudages, couchis supérieurs et cintres
Barrières d’enceinte , en location. — 1 mètre linéaire
Fers forgés, en location, pour boulons, sabots, plates-bandes, chevillettes, etc. — i kilo