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MÈTRITE DE LA LUNE DE MIEL

NE jeune fille a dix-huit ans, elle est saine, sa constitution est robuste, elles est mûre pour le mariage, tout indique qu'elle va faire une admirable mère de famille ; en un mot elle remplit toutes les conditions idéales qui sont rêvées pour la reproduction.

Le grand jour du mariage arrive avec ses fatigues et ses surexcitations ; la jeune femme sort le lendemain du gynécée avec les yeux cernés, les traits tirés, la marche incertaine alors que la veille, jeune fille, elle était si florissante de santé, de fraîcheur et de beauté calme. Que s'est-il passé ?

Jetons un voile discret sur cette nuit de noce où la fougue, l'emportement de la

STÉRILITÉ MÉCAKICIUE

jeunesse et l'amour ont fait les frais ; cette première journée de ménage se solde par une écrasante flitigue : les jours de tempête vont se suivre jusqu'à parfait épuisement de part et d'autre ; c'est ce qu'on a coutume d'appeler la lune de miel.

Que peut-il bien résulter d'un semblable régime au point de vue delà reproduction? Hélas ! rien de bon ; toutes les statistiques s'accordent à démontrer que les trois premiers mois du ménage sont stériles, car, à part quelques exceptions qui confirment la règle, exceptions qui naissent quelquefois de la raison, d'un tempérament froid ou d'une déception, les enfants ne naissent que dans la période de repos, alors que la fougue est passée.

Mais cette période de tempête ne se passe pas toujours impunément pour la femme, ses organes n'étaient pas préparés comme ceux de l'homme, par l'entraînement, à subir un semblable régime ; des déchirures se sont faites, un canal étroit a été forcé, violenté, contusionné ; le col utérin a été

martelé, écrasé, déformé; le tout s'est fait sans répit, sans retenue, sans prudence. Bientôt la jeune femme s'alite, prise d'une petite fièvre lente avec frisson ; le médecin n'est pas appelé, car ne croit-on pas à un malaise naturel et légitime, à une grossesse probable ? Puis la pudeur aidant, on ne s'inquiète pas, mais la métrite s'établit avec son inséparable cortège : inflammation, congestions, exfoliation et sécrétions morbides ; on s'alarme enfin, c'est alors que le médecin est appelé, quand il l'est, et alors il ne peut constater qu'une métrite avec toutes ses conséquences funestes pour l'avenir de la maternité; le moule est déformé, le col tuméfié, son canal oblitéré et le mucus utérin modifié par le catarrhe.

Bienheureuses encore sont celles qui n'ont qu'une métrite légère, car cette maladie n'est pas au-dessus des ressources de l'art, on peut encore en triompher par des soins sans trop compromettre l'avenir, mais ce n'est plus l'organe vierge qui est si apte à la reproduction, qu'on s'étonne tou-

STÉRILITÉ MÉCANIQUE

jours de voir une temme sortir d'un lit sans être fécondée, tellement la nature a pris de précautions pour assurer son but.

Or, il ne faut pas se le dissimuler, toute matrice soignée, même avec la plus grande prudence, perd une grande partie de ses aptitudes à la procréation.

■ Celles qui, moins heureuses, ont eu des troubles plus graves qu'une simple métrite ont beaucoup de probabilités pour rester stériles alors qu'elles ne perdent pas la vie au milieu des accidents aigus qui sont la suite, trop souvent funeste, des abus qui se passent pendant cette fameuse lune de miel qui trop souvent devient une lune rousse.

Nous pourrions dire, sous forme d'aphorisme, que la stérilité d'une femme est en raison directe du surmenage qu'elle éprouve dans ses quinze premiers jours de ménage.

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