LES MANDÉS
Si j'étais chef de l'Empire, Je manderais près de moi Tout inventeur d'une loi, Et je daignerais lui dire :
« Je veux de tous points Adopter votre système ;
Mais c'est bien le moins Que vous l'appliquiez vous-même. »
Qui serait incommodé ?
Celui qui serait mandé !
« Vous, monsieur de l'Ecritoire, Qui savez la question, Vous voulez l'instruction Gratuite, obligatoire ?
Des enfants sevrés Vous serez l'arbitre unique :
Vous présiderez A l'Instruction publique. »
DEUXIEME PARTIK 297
— « Mais, dirait Jules Simon, Je ne suis pas Salomon ! »
— « Toi, le Sape qu'on respecte.
Tu veux la suppression
De la contribution
Que tu nommes indirecte ?
Des octrois aussi ?
C'est bien, règle les dépenses,
Tu seras (merci !) Mon ministre des Finances. »
— n Mais, répondrait Pelletan, Je n'en demandais pas tant ! »
— « Vous, l'apôtre populaire, (^ui voulez d'un coup fatal Atteindre le capital
En augmentant le salaire,
D'accord, étouffons Ce monstre de chrysocale :
Versez donc vos fonds A la Caisse sociale. »
— a Permettez, dirait Raspail, Moi, je n'ai que mon travail ! »
— « Vous qui jugez notre Edile Et qui me scmblez penser Qu'on. eût pu moins dépenser Pour démolir une ville,
Je conviens, seigneur, Que votre critique est saine ;
Faites-moi l'honneur D'être Préfet de la Seine. »
— « Pardon, répondrait Picard, Maintenant.... il est trop tard ! »
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