LES VIEILLES CHANSONS
La terre tourne, le temps passe :
Rien de nouveau sous le soleil :
Rien de nouveau qu'à la surface :
Le fond reste toujours pareil.
En vain changeons-nous les formules.
Chez nos fils nous reconnaissons Nos vices et nos ridicules :
Chantez-nous les vieilles chansons.
Chantons les choses éternelles, Le vin, les champs et les beaux jours ; Avec ses grâces naturelles La vérité plaira toujours.
Toujours les naïves fillettes Aimeront les jeunes garçons, Tant que chanteront les fauvettes :
Chantez-nous les vieilles chansons.
En vain notre esprit se déplace ; Il meurt et renaît sans changer :
Anacréon vit dans Horace ; Horace vit dans Béranger.
Leur gaîté nous trouve sensibles ; Nous sommes sourds à leurs leçons ; Les hommes sont incorrigibles ; Chantez-nous les vieilles chansons.
Lisons et relisons le livre Ecrit avec nos sentiments; Toute chose faite pour vivre Est faite pour vivre mille ans.
En tout temps Tamour et la gloire Nous prendront à leurs hameçons ; Et nous chanterons après boire :
Chantez-nous les vieilles chansons.
Il est un langage sonore Qui trouve la fibre du cœur :
Nos neveux bondiront encore Aux mots de patrie et d'honneur !
Et la terre sera bénie Qui souffle à tous ses nourrissons La haine de la tyrannie 1...
Chantez-nous les vieilles chansons.
PRFMIÈRE PARTIE 17
Sachons rester dans notre sphère,
Fuyons les tristesses du temps ;
Les chansons qui berçaient le père
Berceront aussi les enfants.
\'oici refleurir les pervenches,
Va, tandis que nous vieillissons,
I,es oiseaux nichent dans les branches :
Chantez-nous les vieilles chansons.
ALMAH
Almah, ta paupière est armée ; Mille traits y sont suspendus, Tes sourcils sont deux arcs tendus ; Je suis blessé, ma bien-aimée.
Tu semblés de grâces formée, Comme un cyprès flexible et rond Portant un rosier sur son front :
Regarde-moi, ma bien-aimée.
Comme à Tabeille envenimée Le miel te prête sa douceur; L'aiguillon a percé mon cœur :
Epargne-moi, ma bien-aimée.
.le suis la résine allumée ; Mon âme se brûle à ses feux, Et la sève a rempli mes yeux :
Sèche mes pleurs, ma bien-aimée.
premi?:re partie i<j
Ta bouche est de sucre embaumée, O fruit de mon jardin d'amour.
Tu seras ma nuit et mon jour.
Voici la nuit, ma bien-aimJc