MON CLOCHER
Salut ! je te revois encore Aussi pauvre, mais plus touchant, Mon clocher d'ardoise que dore La pourpre du soleil couchant.
Parmi les arbres et les tuiles.
Je vois encore se percher Ton coq aux ailes immobiles, Mon vieux clocher.
Tu rappelles ce temps prospère.
Où, petits, nous trouvions si grand Le jardin de notre bon père, Qui n'avait pas plus d'un arpent.
Je croyais que rien sur la terre De toi ne pouvait approcher, Fût-ce Notre-Dame ou Saint-Pierre, Mon vieux clocher,
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Tu rends la mémoire présente De l'âge où ton cadran poudreux Marquait l'heure rapide ou lente De nos leçons ou de nos jeux.
Puis les échos, de proche en proche, Sous les toits allaient épancher L'angelus que tintait ta cloche, Mon vieux clocher.
C'est que tu tiens à l'àme émue Le livre ouvert du souvenir ; Toujours ton aspect y remue Quelque rêve près de tinir.
C'est qu'après une longue absence, Je retrouve, sans les chercher, Quinze ans de paix et d'innocence, Mon vieux clocher.
J'ai vu suspendus à ton faîte Des drapeaux qui flottaient au vent ; On les hissait en grande fcte, Et puis on les changeait souvent.
L'homme détruit tout sur sa route ; Nul lien ne peut l'attacher; Un jour on t'abattra sans doute.
Mon vieux clocher.
2z) NOUVELLES CHANSONS A DIRE
Bientôt un pompeux péristyle Va s'élever sur tes débris ; Tout village veut être ville, Toute ville singe Paris.
Avec tes ardoises que dore Le soleil qui va se coucher, Salut, je te renvois encore, Mon vieux clocher 1