MA COUSINE MARGUERITE
Je me mis, au bord du soir, En chemin, pour aller voir L.a cousine Marguerite.
On disait : « Restez, restez ! »
Je compris : « Partez, partez 1 »
Et je partis vite, vite.
Je passai près d'un moulin
Dont le soleil au déclin
Allongeait l'ombre petite.
Il disait : « Tic, tac, tic, tac 1 »
Je compris : « Clic, clac, clic, clac ! »
Et je marchai vite, vite.
Je passai près d'un ruisseau ;
Je regardais à fleur d'eau
Sauter la perche et la truite.
L'eau disait : « Glou, glou, glou, glou ! »
Je compris : « Au loup ! au loup ! »
Et je m'enfuis vite, vite.
PREMIKRE PARTIE Sq
l.a nuit me prit dans le bois.
Le rossignol, de sa voix, Vint encor hâter ma fuite.
11 disait : « Fa, do, ré, la ! »
Je compris : « Adorez-la! »
Et je trottai vite, vite.
Puis je n'entendis plus rien Que l'aboi tardif d'un chien Egaré loin de son gîte.
Il disait : « Wa, wa, wa, wa ! »
Je compris : « Va, va, va, va ! »
Et je courus vite, vite.
Puis un coq, dans le lointain, Donna l'éveil au matin :
Le jour put paraître ensuite.
11 disait : a Cot, cot, cot, cot ! » Je compris : « Margot, Margot ! »
Et je volai vite, vite.
Margot était dans la cour.
J'arrive et lui dis : Bonjour !
Elle était tout interdite.
Elle ne répondit rien.
Cette fois je compris bien...
Et je l'embrassai bien vite.