PRUD'HOMME ET CALIXEAU
Hé ! bonjour, mon oncle Prud'homme.
— Bonjour, mon neveu Calineau.
— Vous passez pour un bien brave homme.
— Tu passes pour un étourneau.
— Mon oncle, on dit que la malice Chez nous ne se fait pas sentir.
— Notre aïeul était La Palisse Lequel n'a jamais su mentir.
— Mon cher oncle, que faut-il croire Des sottises qu'on dit de vous ?
— Mon neveu, j'ai connu la gloire, Et la gloire fait les jaloux.
— Mon oncle, est-il vrai que la lune Soit faite en pains à cacheter ?
j. On ccrit ordinairement Calino. C'est une de'sincncc italienne, et je crois que Calineau doit être la vraie orthographe le ce nom français.
78 NOUVELLES CHANi'ONS A DIRE
— C'est une croyance commune Qu'un savant ne peut adopter.
— Mon oncle, est-il vrai que ma tante Vous ait joué de bien bons tours?
— Mon épouse me fut constante, Et je n'eus pas d'autres amours.
— Mon bon oncle, comptez-vou^ vivre Bien vieux ? — Mais jusqu'à mon trépas. Enfant, le destin est un livre
Qui se ferme et ne s'ouvre pas.
— Mon oncle, j'aurais bien envie De ce fameux sabre. — Tout beau !
Non. Le plus beau jour de ma vie Doit me suivre dans le tombeau.
— Mon cher oncle, quelle épitaphe Mettrai-je sur le monument?
— Joseph Prud'homme et mon parafe, Tout simplement, tout simplement.