‹ Nouvelles chansons à dire ou à chanterChapitre 48 sur 166 · VINGT-CINQ ANS · texte numérisé non relu

VINGT-CINQ ANS

Je disais sans cesse :

Tant que nous aimons, chantons nos amours.

L'âge qui nous presse Assez tôt viendra changer nos discours.

L'heure dérisoire A sonné pour moi depuis bien longtemps.

Qu'on me verse à boire !

Je suis amoureux comme à vingt-cinq ans.

Dans notre vieillesse, Ne pourrons-nous pas chanter les vins vieux ?

Vive la sagesse !

Nous la pratiquons ne pouvant pas mieux.

Sur un cou d'ivoire J'ai vu retomber des cheveux flottants.

Qu'on me verse à boire !

Je suis amoureux comme à vingt-cinq ans.

Nous pourrons encore, Aux cultes anciens consacrant nos chants,

Malmener l'aurore ; C'est toujours le droit des soleils couchants.

Sa prunelle noire Remplit de rayons mes cieux éclatants :

Qu'on me verse à boire !

Je suis amoureux comme à vingt-cinq ans.

Dans nos jours de fêtes, Nous évoquerons un passé charmant;

Vendanges sont faites :

Pour nous réchauffer coupons le sarment.

Elle me fait croire Que mon jaune été vaut son vert printemps.

Qu'on me serve à boire !

Je suis amoureux comme à vingt-cinq ans.

Qui donc ose dire Que mon front se ride et que je suis vieux ?

Voyez son sourire, Sa bouche enfantine et ses jolis yeux.

Je perds la mémoire :

Belle je la vois, douce je l'entends...

Qu'on me verse à boire !

Je suis amoureux comme à vingt-cinq ans.

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