SAINT-MARTIN D'EN BAS
Nous voyagions dans la montagne,
Nous nous perdions sans y penser,
Dans de vrais chemins de Bretagne.
Un jeune gars vint à passer :
« Holà ! petit bonhomme, écoute :
Où nous mènera cette route ? »
Il repondit : « Je ne sais pas;
Je suis de Saint-Martin d'en Bas. »
En traversant une rivière, Nous entendîmes une voix :
C'était la jeune lavandière Qui chantait un Noèl patois.
« Belle fille à la voix sonore, La ville est-elle loin encore ? »
KUc nous dit : o Je ne sais pas ; Je suis de Saint- Martin d\-n lias. »
Nous fûmes trois heures peut-être Sans rencontrer visage humain ; Knfm nous vîmes apparaître In mendiant, bâton en main.
« Brave homme, le ciel vous envoie :
Sommes-nous dans la bonne voie? »
Il répondit : « Je ne sais pas; Je suis de Saint-Martin d'en Bas. »
Notre frayeur devenait grande ;
L'ombre descendait du coteau ;
Nous aperçûmes dans la lande
Un vieux berger et son troupeau.
« Au nom du Rédempteur des hommes,
Berger, dites-nous où nous sommes ? »
Il répondit : « Je ne sais pas ;
Je suis de Saint-Martin d'en Bas. »
Eniin nous vîmes une ferme ; Nous y frappâmes en tremblant :
Un vieillard au pas sûr et ferme Parut sous le porche branlant.
Nous lui demandâmes bien vite Où nous pourrions trouver un gite.
« Entrez, nous dit-il aussitôt, Je suis de Saint-Martin d'en Haut. »
PREMIK RE PARTIE l55