MON CLAQUEUR
Il est là, trônant dans sa stalle,
Comme l'empereur du Milieu ;
Il gouverne toute la salle ;
C'est un oracle, c'est un dieu.
11 m'appre'cie, il m'idolâtre.
Il sait par cœur tout mon théâtre.
Viens, mon claqueur, mon cher claqueur,
Que je te presse sur mon cœur !
Ce n'est pas un homme vulgaire, Que ce général inconnu Qui tous les soirs se met en guerre Contre un public mal prévenu.
Comme il comprend, comme il admire !
Comme il sait bien pleurer ou rire !
Viens, mon claqueur, mon cher claqueur, Que je te presse sur mon cœur !
11 dirige la grande armée, La phalange des vieux Romains, Qui, par son exemple enflammée, Trépigne des pieds et des mains.