HYMNE A M. GRÉVY
Nous avons vu sur le trône de France Des maréchaux, des rois, des empereurs.
Tous ces gens-là barbotaient nos finances. Il n'en faut plus : Français, y a pas d'erreurs. Grévy fait r'naîtr' not' cœur à l'espérance, Il est intègre et joue bien au billard. C'est tout c' qu'il faut pour gouverner la France. A ce jeu-là l'on n' perd pas cinq milliards.
II a sauvé not' sainte République; Allons, Français, n'ayons tous qu'un seul cri Pour acclamer Grévy le Jurassique, Français, crions : Vive Jules Grévy 1
Plus d' Mexique, plus de folles conquêtes. Plus de galas, plus de ruineuses cours; Tout pour le peuple, à lui toutes les fêtes, Plein's de drapeaux, de lampions, de discours! Not' président sait fair' de beaux messages; Son diadème est un chapeau gibus, Et méprisant les brillants équipages, Pour ses six sous monte dans l'omnibus.
Il a sauvé...
Quand on nous prit l'Alsace et la Lorraine, Des généraux commandaient nos soldats.
A bas les sabr's ! La Chambre souveraine Comm' chefs d'armé's veut rien qu' des avocats. Dans les congrès, r'troussant sa large manche, Grévy jouera not' sort aux dominos.
Le double-six nous donn'ra la revanche, Nous pouvons bien nous passer de héros.
Il a sauvé...
Du président le modeste ménage Donne l'exemple de tout's les vertus.
A rÉlysé', le bœuf et le potage, Rôti, salad', composent le menu; Et tous les soirs, l'usage le comporte. Tout' la famiir trôn' dan? le grand salon : C'est Duhamel qui reçoit à la porte, Ec celui-là sait t'nir une maison.
Il a sauvé...
Je voudrais faire revivre au lecteur toutes les jouissances intellectuelles d'une séance des Hydropathes; je voudrais, à dix ans de distance, évoquer devant lui toutes les fleurs de ce jardin et lui en faire goûter les parfums ; mais, comme disait Goudeau dans Songe et Mensonge :
Et songer qu'il y a des valses de planètes. Et qu'on n'a pas le temps de toutes les valser !
La note comique faisait un peu défaut aux Hirsutes; elle n'était guère représentée que de loin en loin par Ch. Leroy, Galipaux et Jules Lévy, l'inventeur du Salon des Incohérents : Maurice Mac-Nab se chargea de la faire retentir. En arrivant du régiment, où il avait chanté tous les incidents de la vie de caserne, à la grande joie de ses compagnons de chaîne, son premier soin fut de s'enquérir d'un milieu propice au déploiement de ses instincts poétiques.
Un beau soir, on vit s'avancer sur la scène un grand garçon au nez proéminent, la figure longue et anguleuse noyée dans une barbe d'où émergeait un inamovible lorgnon : c'était Mac-Nab. L'air impassible, il entonna d'une voix de fausset les premiers vers des Poêles mobiles :
Le poêle, c'est l'ami qui, dans la froide chambre. Triomphant des frimas, nous fait croire aux beaux jours; Son ardente chaleur nous ranime en décembre. Et, sous le ciel glacé, réchauffe nos amours.
Puis, interrompant le couplet et laissant dormir le piano, il s'écria avec l'accent de la plus profonde conviction :
Le poêle mobile se distingue de tous les autres en ce que, muni de roues, il peut se déplacer comme un meuble. On le roule au salon, à la salle à manger, à la chambre à coucher. La prudence exigeant qu'on ne conserve pas de feu dans la chambre oit l'on couche, vn le ramène au salon pour la nuit. Le prix du modèle unique est de cent francs.
L'effet fut indescriptible ; ce fut une explosion de rires
dans toute la salle. Ce contraste entre ces strophes d'une sentimentalité niaise à dessein et la fumisterie d'une annonce commerciale, le tout débité avec un flegme imperturbable et souligné d'un geste hélicoïdal toujours le même, était bien la chose la plus drôle qu'on puisse imaginer.
Puis ce furent les Fœtus, le Clysopompe, la Chanson du capucin. Dès ce jour, il fut célèbre dans les fastes du quartier latin et ses monologues y firent fureur.
Ce n'est pas que le bagage littéraire de Mac-Nab soit très étendu : les deux volumes des Poèmes mobiles et des Poèmes incongrus., une opérette, Malvina I", en collaboration avec le compositeur Hireleman, une thèse burlesque de doctorat, et c'est tout. Mais la plupart de ces morceaux portent l'empreinte d'une gaieté si franche et si originale sous des dehors parfois macabres qu'ils décidèrent une véritable popularité. L'indépendance lui manquait pour produire beaucoup. Tenu, de par son emploi de commis des postes qu'il ne voulut jamais quitter, par déférence pour sa famille, à consacrer le plus clair de son temps à une besogne prosaïque et exténuante, il n'écrivait que par raccroc, quand l'inspiration venait; et ce serait miracle que cette fille de l'Idéal pût descendre dans ces arrière-boutiques sombres, humides et malsaines, que sont les bureaux de poste parisiens.
Mais tout s'écoule, tout se transforme : c'est la loi de nature; un beau jour, on apprit que les poètes, Goudeau en tète, avaient émigré à Montmartre, où les attirait l'auréole naissante du Chat Noir. Désormais les Hydropathes n'étaient plus qu'un souvenir; mais le Phénix renaissait de ses cendres dans la petite salle de l'Institut du boulevard Rochechouart, où seuls les initiés étaient admis. A Rodolphe Salis, limonadier de génie, revient l'honneur d'avoir su grouper une véritable élite de poètes et d'artistes, en mettant à leur disposition un lieu de réunion pittoresque et les colonnes du journal le Chat noir, dont le succès allait de jour en jour en grandissant. Le nombre ne se compte plus des artistes lancés par le Chat A^o/r. 'Willette, Steinlen, Caran d'Ache y publièrent leurs premiers dessins; Mac-Nab, d'Esparbès, Rameau, Masson, Denudy, etc., leurs meilleurs vers. 11 y avait là un échange de bons procédés, une collaboration bien comprise, et tandis que ceuxlà conduisaient le patron à la fortune, celui-ci les conduisait
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à la gloire. Bientôt la salle se trouva trop petite, et le Chat Noir, déménageant avec tous ses accessoires, vint s'installer dans un charmant petit hôtel de la rue Victor-Masse. Les murs se couvrirent d'objets d'art, de dessins et de fresques dues au pinceau délicat de Willette; un suisse chamarré d'or fit retentir le vestibule du choc de sa hallebarde, et les garçons servirent les bocks revêtus de défroques d'académiciens, ce qui parut le comble de l'originalité. Une salle était réservée aux poètes, et tous les vendredis ils y tenaient leurs assises. La presse parla, les curieux affluèrent, et tout ce que Paris compte d'artistes et de littérateurs tint à venir dans ce temple de la bonne humeur
... gai comme un golfe, Voir et complimenter Salis Rodolphe.
Maurice Mac-Nab fut vite l'idole de ce public sans cesse renouvelé, friand de nouveautés, et sa célèbre chanson de l'Expulsion des princes devint l'accessoire obligé de ces soirées. Il se consacra dès lors à la chanson, et sa verve satirique s'attaqua à tous les travers contemporains. Je ne crois pas me tromper en disant qu'il fut un des gros éléments de succès du Chat Noir; on venait du fin fond de la province pour l'entendre. Il fallait le voir s'adosser au décor éblouissant de l'Épopée de Caran d'Ache, adresser un regard inquiet au piano, se frotter les mains d'un air timide, puis, se redressant soudain, clamer avec un zézayement inimitable cette injonction de l'anarchiste :
On n'en finira donc jamais
Avec tous ces N. de D. d' princes!
Ce qui le caractérise, c'est la recherche de la drôlerie
dans les sujets qui en semblent le moins susceptibles. Quoi de
plus invraisemblable que de faire rire à propos d'un pendu?
Mac-Nab résout le problème en plaisantant non le pendu,
ce qui serait de mauvais goût, mais les braves gens qui sont
autour.
Soufflez-lui de Tair dans la bouche :
C'est pas possible qu'il soit mort!
Il blague, il blague, mais toujours d'une façon si franche et si bon enfant, que personne de ceux qu'il blague ne songe à s'en formaliser. 11 blague le conseil municipal, et ces messieurs du conseil viennent applaudir à qui mieux mieux
l'innocente satire dans laquelle il les drape ; il blague le peuple
dans le Bal de l'Hôtel de Ville, et le peuple, désarmé par le
rire, fredonne :
Quand on a bon cœur,
On pense à sa sœur,
A sa femme, à ses mioches !
Il n'épargne pas même l'administration que l' Europe nous envie, comme en témoigne la charge du Sous-Préfet fin de siècle :
Y aura des dortoirs Pour ceux qui se laisseront choir Entre les pieds de la table.
L'administration,
Pleine de compassion,
Fournira des potions
Pour les indigestions.
Chez lui, la malice est toujours dépourvue de méchanceté, si bien qu'après avoir ri aux dépens de tout et de tous, la presse de tous les partis lui fut toujours sympathique. Et pourtant il n'était pas tendre pour les adeptes d'un certain patriotisme quand même, bruyant et encombrant, qui avait le don de l'agacer spécialement :
Que ferais-je de mes dix doigts Si je ne sauvais la Patrie?
Voilà son opinion en deux vers, et qui songerait à s'en scandaliser?
Toutefois, nous avons cru devoir supprimer de ces deux recueils la plus légère allusion politique.
Quelques esprits chagrins pourraient, par exemple, taxer de tant soit peu irrévérencieuse la spirituelle complainte du Bon saint Labre. Qu'ils se rassurent: j'ai rencontré dans des coins reculés de province de braves curés qui en faisaient leurs délices; c'est l'absolution avant le péché.
Tout ce qu'il faisait était personnel, original, bizarre, provoquant un rire parfois inexpliqué, toujours spontané.
Et puis, il avait une telle façon de les interpréter, ses vers, avec son impassibilité déconcertante, des éclats de voix inattendus et son geste « en bois » ! Tout son être rayonnait le comique; aussi fut-il tout de suite remarqué, quand la pléiade des « Hirsutes », transportant son quartier général du boulevard Saint-Michel à Montmartre, Mac-Nab passa les
ponts avecGoudeau, Jules Jouy, Alphonse Allais, Le Mouël, Icres, Charles Gros; et à peine eut-il fait son apparition sur le petit théâtre de la rue Victor-Masse que le Tout-Paris boulevardier monta au Chat Noir pour l'entendre.
On allait écouter Mac-Nab, Jouy, Meusy à la sortie des théâtres, comme on aurait été voir Daubray ou Christian. Il ne se donnait pas une fête dans un cercle parisien sans que Mac-Nab fût au programme. On se l'arrachait pour les soirées.
Et qu'on songe que ce n'est qu'après un labeur quotidien de douze et quelquefois de quinze heures qu'il commençait à s'appartenir ! Et pour lui, s'appartenir, c'était se prodiguer : cette vie l'épuisa rapidement.
Peut-être aussi abusa-t-on un peu de son inépuisable complaisance; il ne savait pas refuser un service.
Ce concours qu'il apportait au Chat Noir fut toujours rigoureusement désintéressé; il arriva un moment où, de purement bénévole, il devint indispensable, car les séances d'ombres chinoises sans les chansons de Mac-Nab perdaient beaucoup de leur saveur, et ce moment coïncida justement avec les débuts de la terrible maladie qui devait l'enlever.
On le prenait parles sentiments, et lui, par bonté d'âme, cédant aux sollicitations indiscrètes, quittait contre toute prudence le lit où il grelottait la fièvre, et, toiissotant, courbaturé, il venait chanter la chanson demandée.
Il cessa dès lors de produire de nouvelles chansons; mais en partant pour Cannes, il en laissait une, le Pendu, qui est un véritable petit chef-d'œuvre. Mac-Nab, absent, ne fut pas oublié, et des camarades dévoués, M. "Valbel au Chat Noir, M. Brébant. dans les salons parisiens, conservèrent à son œuvre toute sa popularité.
A Cannes, son état ne fit que s'aggraver; car, comme il l'écrivait lui-même, pour se soigner dans le Midi, il faudrait avoir des rentes, et les bureaux de poste sont mortels sous toutes les latitudes. Il remplh ses fonctions jusqu'au bout; mais si ce n'était pas encore le grand air et la liberté qu'il avait rêvés toute sa vie, c'étaient du moins le soleil, son vieux camarade, comme il l'appelait, et les fleurs inspiratrices de ses derniers vers. Les journaux de Cannes publièrent sa
charmante Bataille des fleurs, qui se termine sur cette judicieuse remarque :
Si les peuples étalent plus sages, Les jours qu'ils ne sont pas d'accord, Le canon tairait ses orages. Les vaisseaux resteraient au port.
Le moment venu d'en découdre.
Ce serait sans deuils et sans pleurs : Au lieu de brûler de la poudre.
On se battrait avec des fleurs.
En dépit de l'état de prostration dû à la maladie, il n'abandonnait pas son passe-temps de prédilection, et environné de fioles,.de médicaments, de médecins et d'ordonnances, il trouva là matière à la plus cocasse des plaisanteries. Cela prit la forme d'une thèse médicale sur le Mal aux cheveux et la Gueule de èo/5 présentée à la Faculté de Montmartre. La chanson du Alastroquet de Suresnes est tirée de cette thèse, au chapitre Étiologie. Ce fut là sa dernière œuvre.
Ceux qui savent susciter le rire possèdent, seuls peutêtre, l'heureux privilège d'être aimés pour eux-mêmes. On les recherche, on les choie, parce qu'ils créent de la joie et endorment pendant quelques instants le souci de vivre. Quand ils disparaissent, l'arôme de leur personnalité leur survit, et on les aime encore après leur mort pour la bonne humeur qui règne dans leurs œuvres. Mac-Nab fut de ceux-là. Artiste peu soucieux des nécessités de l'existence, mais très fier, il vécut toujours très dignement. Il fut toujours le plus serviable des amis, et laissa, j'en suis sûr, moins d'obligations que d'obligés. Sa dernière préoccupation, quand il s'éteignit à l'hôpital de Lariboisière, fut la publication de ses chansons. Aujourd'hui, son vœu est réalisé : l'artiste Kam- Hill les a popularisées dans les grands concerts de Paris, et les éditeurs du Ménestrel n'ont rien épargné pour qu'elles fussent présentées au public avec luxe et coquetterie. Nous saisissons avec joie l'occasion qui nous est offerte de les en remercier au nom du poète disparu et au nom de la vieille gaieté française.
Donald MAC-NAB.
PIANO
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Moi, j'vovage en
la.irer iiia ibaus . sn .
Pour trimbaler son postérieur, Y en a qui grimp' sur l'impériale ; Les gens rupins, dans Tintérieur, S'empir comm' des ch'mis' dans un' malle. Moi, j'voyage en voiture aussi.
Quand j'veux ménager ma chaussure.
Pour me ballader, j'ai choisi L'omnibus de la Préfecture!
Dans les omnibus, voyez-vous, On y voit toute espèc' de monde :
Des Zigoyos qu'a Tceil en d'sous Et qui barbot' dans vot" profonde.
C'est rien qu'du gibier d"échafaud.
Des curés, d'ia magistrature...
Il est beaucoup plus comme il faut L'omnibus de la Préfecture!
Le bourgeois qu'abouT ses six ronds, Il connaît pas Téconomie.
Plus souvent que j'f.., donnVais mes fonds Aux conducteurs d"la Compagnie!
Moi, pas si bêt' que j'en ai l'air, C'est à l'œil que j'roule en voiture : Il est magnifique et pas cher, L'omnibus de la Préfecture !
Bien des fois on s'dit : C'est parfait, J'vas prend" l'omnibus dans la rue.
La v'ià qui pass'... v'ian, c'est complet! Pendant une heure on fait l'pied d'grue. Il pleut, il neige, pendant c'temps-là On pinc' un' mauvais' courbature...
Est-c'qu'il vous fait poser comm' ça
Chaque client grave son nom Dans la voiture hospitalière, Et ça fait plaisir, nom de nom !
D"y voir celui de feu son père.
Mes aînés et ma grande sœur Ont mis dessous leur signature.
Et moi i"ai décoré d'un cœur L'omnibus de la Préfecture !
C'matin, j'roulais encor dedans.
Quand on m'annonce une nouvelle Rapport à mes antécédents, J'vas faire un tour à la Nouvelle.
Adieu, Dédèle... plus d'espoir!..
Pense à moi, douce créature, Quand tu verras passer, le soir.
L'omnibus de la Préfecture!
ELLE A SON BREVET SUPÉRIEUR
ELLE A SON BREVET SUPÉRIEUR
Alletri
CHANT
PIANO
.j-ais vi.vemenl Goû - 1er re.xistencMe f;. . mil . le. Je grimpe chez monvoi . siii. hom.me charmant. Et
. ment vous pouvez bien cher . cher n'inuporto où
Vous n'trouï'rez pa- d'par . li meilleur... Elle
ELLE A SON BREVET SUPÉRIEUR
Depuis longtemps, je désirais vivement
Goûter Texistence de famille; Je grimpe chez mon voisin, homme charmant,
Et je lui demande sa fille.
Il me répond : « EU' n'a pas l'sou; Seulement vous pouvez bien chercher n'importe où,
Vous n'trouverez pas d'parti meilleur...
Elle a son brevet supérieur ! »
Fallait voir la noc" qu'on a faite chez nous :
Y avait toute la ville entière.
Au dessert, v'ià tout le mond' qui s'met à g'noux,
Histoir' d'attacher la jarr'tière :
« Sacrehleu, dit ma femme, plus haut!
Et puis tâchez de m'I'attacher comme il faut! »
C'est pas un'femme, c'est un sapeur...
Elle a son brevet supérieur!
Au bout de deux mois, c'est comme au premier jour, EU' m'apprend l'nom d'tout' les planètes;
Mais c'est en vain que je lui dis : « Mon amour, Bouch' plutôt les trous d'mes chaussettes.
V'Ià trop longtemps, vois-tu, qu'tu viens Me bassiner avec tes Mérovingiens.
Tout ça, j'm'en moque! » Ah! quel malheur! Elle a son brevet supérieur !
Je n'ai pas vu toutes mes calamités :
Quand mon épous" reçoit du monde,
Elle pouss' des coll's à tous ses invités. Et puis leur fait voir sa mapp'monde.
Au lieu d'avoir l'œil au fricot,
Elle fait des vers et l'on d'vine illico, Rien qu'en voyant son intérieur, Qu'elle a son brevet supérieur!
Pendant qu'elF résout un problème épatant,
C'est moi qui m'occup' du ménage.
Chaque soir, je lav' la vaisselle en chantant,
J' fais tout ['petit raccommodage ;
L'matin, j'écum' le pot-au-feu.
Vrai, c'est éreintant, et j'y trouve un cheveu.
EU' me fait suer, paroi' d'honneur.
Avec son brevet supérieur!
Enfin ma moitié me boude à chaque instant,
Le nez plongé dans Técritoire.
Elle me fait des scènes en prétextant Que je n'suis pas fort sur l'histoire ! Y a pas besoin d'êt' bachelier Pour comprendre qu'il est temps d'ia renvoyer A son papa, y a pas d'erreur.
Elle et son brevet supérieur !
LES POÊLES MOBILES
LES POÊLES MOBILES
All""iiiodi'iato
PIANO
(1''.''Coup() Le. po&.le, test l'a . mi qui, dans la froi.de cham - bre. Tri
ompliant des fri .mas. nous fait croire auxbeaux jours. Son ar.den.te cha -leur nous
. ninie en Dé . ecm . bre Et sous le ciel gla - ce réchauf - . fe >ios a . meurs!.
Allegretto
doux.
PARLE entre le l" et le 2': Couplet.
(2! Coup?) Au printemps, lorsque la perven . che Heurit bleu, sousles arbres verts, Et que lajeu-ne
\i Tempo.
PHlr-r^-^^'lt JM^i'JM J -ri'l^p
ppr rpi^M p ^'^'JHf ç
ro-se pen.cbeSes boutons à peine entr'ou. verts, 0 poiLle, tu n'es plus le charme de nos
veil . Ies;ll léchasse bien loin, le souffle printei . nier. Et la mor.te
sai . son te
Allegretto
PARLE entre le 25 et le 35 Couplet.
(3!CoufOMais, mainle-nant.plus de ver.du . re,Plus de so.leil, et plusde fleurst.. Voi . ci que revient
a froidu . re, La froidure aux pâJes cou . leurs... Chauf.fez-vous.frêles Psri. siennes, Puis.que le gaion n'est plus
iÉ
il' w F l'f F ^ p J' (! I r K' P f I r.f J f , I r" r^' i J'^^
vert, Tan. dis qu'à travers vos per . sienjiesSiff le le tristeventd'hi . verl Du feu,pourquevoslèvres
ro.ses Trouvent des baisers plus ar-dents!.. Du feu pourqu'en vos chambrcsclo.ies L'amour de. meure plus longtemps.
LES POÊLES MOBILES
Le poêle, c'est Tami qui, dans la froide chambre, Triomphant des frimas, nous fait croire aux beaux jours. Son ardente chaleur nous ranime en décembre Et, sous le ciel glacé, réchauffe nos amours !
(Boniment. ) Le poêle mobile se distingue de tous les autres en ce que. muni de roues, il peut se déplacer comme un meuble. On le roule successivement au salon, à la salle à manger . dans la chambre à coucher.
La prudence exigeant que l'on ne conserve pas de feu dans la chambre ail l'on couche, on le ramène au salon pour la nuit.
Le pri.v du modèle unique est de cent francs.
Au printemps, lorsque la pervenche Fleurit bleu, sous les arbres verts, Et que la jeune rose penche Ses boutons à peine entr'ouverts,
O poêle, tu n'es plus le charme de nos veilles Il te chasse bien loin, le souffle printanier, Et la morte saison te relègue au grenier, Où, seul et triste, tu sommeilles!...
(Boniment.) Le poêle mobile se distingue de tous les autres en ce quCj muni de roues, il peut se déplacer comme un meuble. On le roule successivement au salouj à la salle à manger, dans la chambre à coucher.
La prudence exigeant que Von ne conserve pas de feu dans la chambre où l'on couche, on le ramène au salon pour la nuit. Le prix du modèle unique est de cent francs.
Mais maintenant, plus de verdure, Plus de soleil, et plus de fleurs!
Voici que revient la froidure, La froidure aux pâles couleurs.
Chauffez-vous, frêles Parisiennes, Puisque le gazon n'est plus vert,
Tandis qu'à travers vos persiennes Siffle le triste vent d'hiver!
Du feu, pour que vos lèvres roses Trouvent des baisers plus ardents !
Du feu, pour qu'en vos chambres closes L'amour demeure plus longtemps !
(Boniment.) Le poêle mobile se distingue de tous les autres en ce que, muni de roues, il peut se déplacer comme un meuble. On le roule successivement au salon, à la salle à manger, dans la chambre à coucher.
La prudence exigeant que Von ne conserve pas de feu dans la chambre oii Von couche, on le ramène au salon pour la nuit.
Le prix du modèle unique est de cent francs.