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LA MUSE DU FOYER

AU JURY DU CONCOURS QUINQUENNAL DE LITTERATURE FRANÇAISE. PÉRIODE DE 1863-1867.

Musique de l'auteur des paroles (C).

Tous les cinq ans, au nom de la patrie,

L'académie ou l'université

Donne à Fauteur, cher à la coterie,

Cinq mille francs et l'immortalité.

Les lyres d'or chantaient pour la cassette.

Quand le jury, las de s'émerveiller,

Dans son rapport fit passer ma musette.

Chante pour l'ouvrier,

Petite muse du foyer.

Jury trônant sur les plus hautes cimes,

Pour me meurtrir à la comparaison.

Près de chefs-d'œuvre inconnus, mais sublimes,

Épargnez- moi de citer la chanson.

C'est l'artisan qui de sa voix amie

Fait retentir la rue et l'atelier :

Voilà mon juge et mon académie.

Chante pour l'ouvrier,

Petite muse du foyer.

Le rapporteur, adroitement hostile,

En m'infligeant un éloge moqueur,

Dit qu'aux petits, sans ciseler mon style,

Je vais jetant mes refrains et mon cœur.

Qu'il sache donc mes secrets littéraires :

J'ai mis vingt fois l'œuvre sur le métier

Quand j'ai l'honneur de parler à mes frères.

Chante pour l'ouvrier.

Petite muse du foyer.

Le lauréat doit l'or qui l'illumine Aux deux jurés Van Bemmel et Stecher.

Sur la raison chez eux le cœur domine : Ils ont prôné leur ami le plus cher.

Est-on coupable où la main reste pure ? Ça vaut d'ailleurs un si maigre denier Les pots-de-vin de la littérature.

Chante pour l'ouvrier,

Petite muse du foyer.

Graves chercheurs de grands hommes pour rire, Comme autrefois couronnez désormais Poèmes lourds que vous pourriez écrire, Drames fameux qu'on ne joûra jamais.

Du peuple seul le jugement persiste, A ses instincts qu'on ose se fier :

L'âme du peuple est une âme d'artiste.

Chante pour l'ouvrier,

Petite muse du foyer.

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