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Qui ne connaît cette fameuse épigramme de Voltaire

La cour a sifflé tes talents, Paris applaudit tes merveilles :

Grétry, les oreilles des grands Sont souvent de grandes oreilles.

C'est par le cœur qu'elle comprend.

Paris avait senti que ces accents de flamme S'échappaient du foyer d'une sainte et belle àme... — La cour était stupide et le peuple était grand !

Grétry, redoublant de courage, En marchant dans ces jours d'orage, Ces jours d'orage et de succès, Confiait, dans un beau délire, Les accords touchants de sa lyre.

Au bon sens de tous les Français.

Napoléon régnait ! et tes fils, ô Belgique,

Attachés au destin de l'aigle magnifique,

Le suivaient sans trembler même devant la mort ;

Napoléon, génie aux œuvres immortelles.

Colosse qui devait laisser tomber ses ailes

L'une aux feux du midi, l'autre aux glaces du nord.

Et tandis qu'en vainqueurs des Belges intrépides. Sur les flancs de granit des hautes pyramides, A la pointe du sabre avaient gravé leur nom ; Pour que l'art eût aussi ses beaux jours de victoire, Un Belge était si grand qu'il mêlait avec gloire Le doux bruit de sa lyre au fracas du canon.

Liégeois, c'était Grétry, l'orgueil de vos murailles ; Ce Belge salué du géant des batailles

Dont vingt rois consternés mendiaient les saluts ; Frères, c'était Grétry, talent vrai, simple, immense ; Nom si retentissant que l'histoire de France Pleure quand nous l'ôtons du rang de ses élus.

Frères, honneur à vous ! par une œuvre pieuse Vous couronnez les chants de l'âme harmonieuse Qui sera pour l'artiste un éternel flambeau. Hélas ! si haut qu'il soit, il faut que l'homme tombe. Mais l'art, en traits vivants, fait sortir de la tombe Le chantre dont la gloire illustre le berceau.

Honneur, honneur à vous qui lui rendez hommage !

A l'aspect de sa noble image Les cœurs mélodieux croiront en l'avenir. Liège doit vous bénir au moment où nous sommes. Car vous avez compris que dans l'esprit des hommes Une cité grandit sous un grand souvenir.

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