‹ Nouvelles chansons et poésiesChapitre 115 sur 131 · LE PHILOSOPHE ET LA MOUCHE · texte numérisé non relu

LE PHILOSOPHE ET LA MOUCHE

FABLE

(( L'homme est un souverain ! » — disait un philosophe

A de vains mortels comme lui,

Ambitieux de mince étoffe

Comme on en voit tant aujourd'hui ; — «. Pour étendre plus loin sa puissance infinie, ff II traverse les mers sans jamais se lasser,

(( Car son esprit ne peut trop embrasser : (S Le monde est trop petit èncor pour son génie ! (( Tout reconnaît ses lois, tout indistinctement. « L'orage, l'océan, l'espace, la tempête, (( Il brave, il franchit tout ; il n'est rien qui l'arrête... « Jadis l'homme croyait, fatal abaissement ! c( De nos jours, il s'élève ; en vrai superbe, il doute I « Dieu lui-même... oh ! je souffre ; arrêtons un moment... »

— Quel colosse osait donc paralyser en route Ce géant composé de grandeur et d'orgueil, ïMonarque qui voulait des mondes pour royaume Et pour qui sur la terre il n'était pas d'écueil ?

— C'était une mouche, un atome Qui venait d'entrer dans son œil.

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